06 avril 09

le trajet d'aujourd'hui : Ronda, Ronda la Vieja, Setenil de las Bodegas, Olvera, Algodonales, Zahara de la Sierra, Villamartin, Bornos, Arcos de la Frontera, El Sentiscal.


  • Excellente nuit, 10°C dans la tente, je me réveille il est 08h00, l'impression d'un beau soleil dans mon igloo de fortune, mauvaise surprise : le double toit est trempe de l'intérieur et sec de l'extérieur, c'est une condensation terrible.

    Tant pis je vais la plier comme ça, j'ai pas le temps ce matin. Je prends la direction de Ronda la Vieja, le site antique de la ville nouvelle de Ronda et bien sûr avec ma chance si caractéristique le lundi c'est fermé ... Je traverse de beaux paysages d'oliveraies qui s'étendent jusqu'à Olvera au loin, le relief du terrain donne aux parcelles agricoles des formes étranges, accentués par les couleurs différentes de la terre.

    Je roule tranquillement vers Setenil, le type devant moi transporte un frigo neuf sur ses galeries de voiture et bien entendu la sangle se décroche et le frigo se casse la gueule sur la route !!! juste le temps de freiner sec pour éviter le truc !!! Au bruit le type s'arrête et moi aussi pour lui filer un coup de main et ramasser ses sangles.
    Voilà Setenil, encaissé sous les rochers, et oui c'est un village troglodyte, le seul de toute la région, Je me gare dans la partie haute du village car ça ne m'étonnerai pas que ce soit la galère pour trouver une place au centre dans ce style de village. Comment ça se fait, beaucoup de ces maisons sont à vendre, je suppose qu'ils doivent avoir pas mal de problèmes d'humidité à l'intérieur, par contre, rançon de la gloire : en été il doit y faire bien frais !!! les 2 rues les plus impressionnantes sont la cuevas del sol et la cuevas de la sombra, cette dernière porte bien son nom car même les fenêtres et les balcons ouvrent sur le roc !!!

    Je continue la route des villages blancs par une petite route de montagne où les oliveraies sont accrochées au rocher,

    elle m'emmène à Olvera sur le coup de 12h00 et se soleil éclatant éblouit toutes les façades de murs chaulés. Olvera, sympathique village toute de blanc vêtu bien sûr, s'étale sur le flanc de la colline et la montée jusqu'à l'église est rude, mais pour ne pas trop souffrir de la chaleur je choisis mes bouts de rues à l'ombre. l'église est dans le plus pur style baroque, du moins à l'extérieur, car dedans c'est fermé comme d'hab. Je me délecte de cette vue plongeante sur les les toitures en terrasses et enchevêtrées de ruelles formant un véritable labyrinthe, c'est magnifique, sûrement une des plus belles vues de villages blancs d'Andalousie je pense. Je passe la rambarde cadenassée sur le parvis de l'église et la vue est encore plus belle, si t'as pas de plan de la ville, tu t'y perds vite fait !!!

    Un type me voit l'autre côté de la grille, il se demande bien comment j'ai réussis à passer de l'autre côté, il voudrait venir, ça se voit dans son regard, allé je ressaute la rambarde, il est dégouté ... J'ai le temps je vais me laisser perdre dans ces ruelles blanches, un régal !! je fais 50m dans une ruelle en grimpant et c'est une placette en cul de sac, des ruelles qui grimpent sévère, d'autres je reviens au point de départ, parfois je tourne en rond sans m'en apercevoir !!! et la vie qui fourmille dans ces villages : les gamins tous à vélo, des vieux à 2 ou 3 qui blaguent, la dame qui jette son seau d'eau dans la rue (point de tout à l'égout, ici), le linge qui pend aux fenêtres, les petites épiceries aux coins des ruelles et comme toujours la grande gentillesse des gens, toujours un "holla" pour saluer. 25°C, ici personne ne doit vouloir devenir facteur, quelle corvée dans ces ruelles !!!

    Je m'échappe ensuite par une petite route vers La Muela dans une paysage très vert, en fait c'est les versants nord des collines qui sont verdoyants car de l'autre côté de la route c'est plutôt pelé !!! et pour trouver un coin à l'ombre c'est la galère aussi, afin de casser la croute.

    J'arrive sur la grande route d'Arcos, je vois un coin à ma droite mais trop tard je l'ai passé, je fais 1/2 tour sur la route car y'a personne et je tourne au coin repéré, tant pis c'est une ligne continue je traverse car les voitures qui arrivent en face sont loin encore, elles doivent me voir à peine. Je m'engage dans le chemin et un gros bruit derrière moi !!!! regarde dans le rétro : la Guardia Civil !!!!!!! merde !!!!!! c'était eux au loin, pas de bol ... Ils sont 2 et commencent à me faire la morale en espagnol, bien sûr je pige que dalle, mais je comprends bien qu'il ne me jettent pas des fleurs !!! Son collègue parle un peu l'anglais, papiers véhicule, carte identité, inspecte vite fait la voiture, regarde ce qu'il y a dans mon coffre et sur la banquette arrière ; je reconnais j'ai mangé la ligne blanche pour tourner (faut pas jouer les héros devant eux), je me la joue fautif et c'est vrai je viens de faire une infraction, je vais pas nier. Je comprends qu'il m'annonce des chiffres en €uros, bordel ça sent l'amende et les emmerdes ... Bon ok c'est bon pour cette fois si !!!! J'ai eu chaud ... Je mange vite fait.
    26°C, 15h30, j'arrive à Zahara de la Sierra et son lac, de loin le village est magnifique dans un superbe cadre.

    Je me rends vite compte que les 3/4 du village est restauré par les fonds d'aides européens FEDER. Zahara est constitué d'une multitude de terrasses panoramiques et du haut de sa colline l'ancien château arabe offre une vue imparable sur le lac et Olvera au loin. Ce lac bleu turquoise, c'est pas le grand frère du viti d'Askja en Islande ?

    17h00 je m'en vais, je suis crevé de ma journée à monter/descendre, suis vanné. Je ne prend même pas la peine de visiter Villamartin, Bornos et Arcos, j'ai repéré un camping à côté d'Arcos (El Sentiscal) sur la carte, je m'y rend il est 18h00. Le gérant est super sympa, en fait il me suivait en voiture depuis un petit moment. 12€ , c'est bon, j'ai pas de monnaie, qu'un billet de 50€, c'est lui qui n'a pas de monnaie sur mon billet ... Alors ce soir c'est tranquille, pas la Guardia, pas à trouver un coin, je monte la tente et fais le repas en plein jour, le pied quoi !!!! Il n'y a pas grand monde, je me choisis un petit coin à l'ombre et pas trop loin des sanitaires, une fois ma maison montée, je me lit le Géo spécial "Andalousie". La nuit va vite tomber car l'ouest est derrière la falaise d'Arcos et le soleil n'y est plus très loin, alors je m'attelle vite à l'apéro et au repas : nouilles, saucisses, fromage en tranches qui a fondu (il ne fait plus qu'un bloc ...).

    Devant mon campement y'a un mimosa en fleur et il me couvre de pollen la tente et l'intérieur de la 206 !!! Je me fais un premier voyage de lessive : le "sac à viande" qui justement commence à sentir la "viande" des pieds et un tee-shirt, je m'installe entre 2 troncs d'arbres une ficelle que je trouve au fond du sac à dos pour étendre tout ça. Je pars ensuite à la douche pour me décrasser, merde y'a pas de targette aux porte !!! va pas falloir se tromper ... en plus y'a un sale courant d'air qui me glace le dos car les fenêtres des douches n'ont pas de vitres mais des stores vénitiens qui laissent passer l'air. Deuxième voyage de lessive : slip, paire de chaussettes, polo et tee-shirt, j'étends tout ça sur la ficelle car la première fournée est déjà sèche !!!

    Il est 22h00, les voisins espagnols en caravane commencent à becter. 17°C, je file au lit.