le trajet d'aujourd'hui : Ballyvary, Sligo, Donegal, Slieve League, Rossbeg.


  • Le ciel est couvert mais pas menaçant, nous avons tous les 3 un peu mal aux mollets. Nous avons passé une bonne nuit avec le bruit délicat de la rivière dans les oreilles, par contre depuis quelques jours le matelas gonflable de Chris est percé, nous nous endormons le soir confortablement et on se réveille le matin direct sur le sol, je commence à avoir mal au dos à passer une partie de la nuit sur le matelas dégonflé, il va falloir rapidement faire quelque chose. Nous partons de Ballyvary pour monter vers Sligo, 1ère boite aux lettres (vertes en Irlande) trouvée dans un petit patelin de campagne, Paskal a même des doutes sur le relevé de courrier, tellement cette boite est vieille. Nous traversons un petit village d’apparence normale, mais nous remarquons un nombre de voitures très important garées en bordure de route, bizarre pour aussi petit village … Puis en centre bourg la police qui fait la circulation !!! Un monde pas possible se dirige vers l’église, et oui !! Aujourd’hui on est dimanche !!! Jour de la messe, tout le village est là, c’est impressionnant ce que la religion est importante pour les irlandais, même la police est réquisitionnée pour faire garer les gens !!! Et dire qu’en France quand il y a 20 personnes à la messe le dimanche dans une église de campagne c’est le bout du monde … Nous voilà au lough Glencar

    et sa cascade à proximité posée dans un petit écrin de verdure, nous prenons le petit escalier en bois pour avoir une vue plongeante sur la cascade.

    Nous continuons par la route côtière jusqu’à la ville de Donegal qui est aussi le nom du comté, nous entrons dans une région d’Irlande très très peu touristique et donc très très sauvage, elle subit un exode rural massif vers le sud depuis plusieurs décennies. Nous empruntons une route assez sinueuse qui nous mène à Glencolumbkille et la baie de Malin, c’est en fait une crique de rêve entourée de falaise et d’une presqu’île où se trouve un pré avec des moutons, c’est grandiose comme paysage. Mais quelles couleurs avec la plage de sable blanc, l’eau verte bleu azur et le vert fluo des pâturages, nous sommes conquis par les lieux,

    évidement nous sommes seuls et nous nous promenons jusque sur la presqu’île en essayant d’attraper les moutons, la spécialité de Paskal quoique les moutons basques sont peut être moins vifs !! Le vent d’ouest est toujours là et le soleil est radieux, nous faisons donc péter le short et le tee shirt.

    Un peu plus loin au bout du petite route en corniche sur la côte nous arrivons aux falaises de Slieve League, mais nous n’allons pas au bout du cul de sac nous nous garons bien avant et on termine le chemin à pied en passant devant le petit lac d’O’Mulligan

    et au détour du dernier virage nous tombons nez à nez avec les fameuses falaises de Slieve League,

    ce sont les falaises les plus hautes d’Europe avec 606m de hauteur !!! Elles ne sont pas si verticales que celles de Moher mais le mur reste impressionnant,

    pour avoir une meilleure vue je monte par un petit chemin à travers les bruyères, malheureusement les falaises sont tellement hautes que la vue reste la même que là où se trouvent Chris et Paskal, par contre je domine bien maintenant le lac de O’Mulligan.

    Le vent est maintenant assez frais et des nuages ont caché le soleil, il est temps de revenir à la voiture si on ne veut pas s’enrhumer pour le reste du voyage. Il est 18h00 quand nous repartons par l’intérieur des terres de la péninsule en passant par le col de Glengesh et sa vallée glaciaire,

    je ne sais pas si c’est à cause du vent en continu, ou à cause de l’air marin, ou à cause des températures plus froides par rapport au sud mais l’herbe est beaucoup moins verte, nous traversons de larges plaines où l’herbe a des couleurs automnales comme si nous étions en fin de saison. Un petit camping est indiqué à 4 km, c’es ici que nous allons trouver refuge pour ce soir, après 36 virages à travers les dunes de sable nous arrivons au fameux camping, là on se rend bien compte que la région n’est pas très touristique quand elle nous annonce le prix pour la nuit : 20€ pour nous 3, ça change des 27€ d’avant-hier dans le Connemara ou les 32€ d’hier … La dame de l’accueil très sympa nous indique l’endroit spécifique pour les tentes, c’est une cuvette ou un trou au milieu des dunes de sable qui font bien 10m de haut, la surface est grande comme ½ terrain de foot environ et le sol est recouvert de gazon en plaques, il ne va pas durer longtemps celui là !! On se croirait dans un stade de football avec d’immenses tribunes. Il n’y a pas grand monde, environ 4-5 tentes avec nous et un hangar en planches à côté qui sert de réfectoire. C’est marrant cette isolation par rapport au camping. Christophe fait la connaissance de 2 français qui campent de l’autre côté du terrain, ils font le tour de l’Irlande à vélo, et Chris leur demande des rustines pour le matelas gonflable, trop sympa on va dormir correctement ce soir !!! Christophe repaire le trou et y applique la rustine. Pendant ce temps Paskal et moi préparons le repas dans l’hangar, nous sommes les seuls à manger ici, pas d’eau chaude pour faire la vaisselle, on est obligé de faire chauffer de l’eau avec le réchaud, ça va pas nous faire économiser du gaz pour la fin du voyage, j’espère qu’il y en aura assez. Christophe est en vrac il part direct sous la tente tandis que moi et Pask allons nous promener à travers les dunes de sable pour rejoindre la plage derrière.

    Grande plage de sable fin, la mer est calme et le soleil va pas tarder à se coucher, nos ombres sont immenses, nous remarquons que par endroits le sable bouge curieusement à proximité de nos pas, ce sont de petits crabes ou mollusques qui avec les vibration de nos pas remontent à la surface du sable humide c’est trop marrant.

    A son tour Paskal décide de rentrer au camping, je reste seul à marcher tranquillement sur la plage à la limite de la marée montante, je contemple de longues minutes la mer et ce calme réparateur, je me pose sur les rochers, je suis bien là au bout de l’Irlande en ne pensant à rien c’est ce qui s’appelle décompresser et faire le vide. Devant moi un coucher de soleil magnifique s’étale sur l’océan. Grandiose …