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le trajet d'aujourd'hui : Delphes, Lamia, Kardista, Trikala, Kalambaka.


  • Je me lève, il est 08h00, et il pleut comme un bovin qui … urine !! Bien joué Régis !! Hier j’hésitais à visiter Delphes et je me le suis gardé pour ce matin et voilà que le temps n’est pas de la partie … bon je passe 20min dans la tente à réfléchir comment je vais organiser ma journée. Bon quoi qu’il en soit je veux absolument visiter le sanctuaire de Delphes, même sous la pluie. Allé je me lance une petite accalmie pointe son nez et j’en profite pour plier la tente trempée dans le coffre de la Focus. Je me fais un bon petit dèj et zou !! Direction à quelques kilomètres d’ici le site de Delphes, évidement il n’y a encore personne sur le site de si bon matin, l’entrée est assez chère : 6€, mais déjà le site est fantastique, le sanctuaire est situé sur le flan de la montagne sous un ravin, peuplé de cyprès et de pins, avec vue sur la grande vallée d’oliviers. Je me lance à la découverte du sanctuaire d’Apollon tel un pèlerin d’antan pour écouter les oracles de la Pythie sur son trépied !!! J’emprunte la voie sacrée qui passe devant l’agora réaménagée par les romains en thermes,

    ensuite elle me mène à différents « trésors » ce sont de petits temples dédiés à Apollon, ces petits temples étaient élevés par des peuplades ainsi on trouve le trésor de Sicyone, de Sifnos, de Thèbes, des Béotiens, des Athéniens. Ce dernier a été relevé de ses ruines et forme un petit temple de marbre blanc.

    Je passe ensuite devant le rocher où se dissimulait l’oracle primitif sous la garde du serpent Python.

    Au dessus se trouve le fameux mur polygonal sur 83m qui soutient le temple d’Apollon,

    la voie sacrée me conduit ensuite au sanctuaire d’Apollon, démoli lui aussi par un tremblement de terre, c’est ici que la Pythie rendait son oracle.

    Je monte au théâtre du sanctuaire, encore en très bon état, il contient 5000 pers,

    d’ici j’ai une vue terrible sur les ruines du sanctuaire qui se fond en parfaite harmonie avec le paysage grandiose, j’ai vraiment du bol car il n’est pas tombé une seule goutte d’eau depuis que je suis sur le site, néanmoins le ciel est très chargé. Enfin après 1/2heure sur un petit sentier à travers la végétation

    j’arrive au stade, plus reculé dans la montagne que le sanctuaire, il est plus récent (3ème s) que le reste du site, il peut recevoir 7000 pers et chaque été des représentations y sont donné.

    Comme si c’était calculé il se remet à tomber une petite pluie fine, je ne m’attarde pas et je redescends tout le site

    et comme à Olympie, un monde fou prend possession des lieux, j’ai encore une fois bénéficié de ma visite très matinale !! Les parkings sont pleins à craqué de bus et voitures, je file direct au sanctuaire d’Athéna Pronaia (la tholos) en contrebas de la route, c’est un temple circulaire élevé au 4ème s à la gloire de la Mère Gaia.

    Voilà la visite finie sur le coup de 11h00 et je vais au village de Delphes à 300m du sanctuaire, je vais aller m’acheter un rouleau de gros scotch pour pouvoir emballer tous mes souvenirs et les envoyer par la poste. 1er magasin il a bien du scotch mais il n’y a pas le prix, je demande à la caissière : 10€ !!!!! Hein ??? Mais elle me prend pour Crésus ou quoi !! Un rouleau de scotch marron 10€ ???? Alors là elle vient de perdre un client !! Je me cherche un autre magasin et là les prix sont quand même plus raisonnables : 1,5€. C’est bon j’achète. En me baladant dans les rues de Delphes je passe devant la Mairie et il y a une maquette en 3D du sanctuaire tel qu’il était à l’époque, et elle est réalisée par un français.

    Je vais m’acheter quelques souvenirs ici car c’est sûrement le dernier site antique que je visite du voyage, j’entre dans une boutique de souvenirs, tout y est poteries, reproductions, gravures, aquarelles, souvenirs en tout genre des plus jolis aux trucs qui ressemblent à rien. Le vendeur ne se fait pas attendre pour me demander ce que je veux (ce que je déteste par-dessus tout !!!) il commence à vouloir me refiler des assiettes en porcelaine vilaines comme tout, mais moi je m’attarde plus sur les amphores et assiettes en terre cuite, donc 2ème discours de sa part : « I have a good price for you !! That, this is the price for the summer, but for you and only for you this is half-price!! » Et il enchaîne: « that, it’s for the american tourist, but you, you’re a french tourist, » ouai c’est bon tu m’as pas vu arriver toi !! Je me laisse pas démonter et j’insiste pour prendre ce qui me fait plaisir et pas ce qu’il essaie de me refourguer !!

    Allé c’est parti je quitte Delphes sous la pluie et direction la Grèce centrale, Lamia puis Trikala. De Delphes jusqu’à Lamia c’est vraiment galère, il tombe des trombes d’eau, il faut être vraiment vigilant entre la route sinueuse de montagne, les grecs qui pilotent comme des branques, la pluie. Il pleut comme ça jusqu’à mi chemin entre Lamia et Trikala, un gros coup de pompe me prend et je suis obligé de m’arrêter un bord de route pour piquer un petit somme réparateur, j’enfile ensuite mon repas habituel du midi : sandwich jambon/fromage. Et j’entre dans la région de la Thessalie, une des régions les plus riches de Grèce, le sol est brun foncé, tellement la terre est riche d’ailleurs l’agriculture y est fortement développée, céréales et surtout le coton, des champs immenses à perte de vue de coton. Quelle richesse, je traverse le grenier de la Grèce.

    Mais à côté de ça la pauvreté des gens ce fait beaucoup plus voyante, au bord de la route je vois plusieurs bidonvilles, jamais très grands mais toujours éparpillés, pas mal de familles vivent au bord de la route. Peut-être aussi que la Grèce centrale étant beaucoup moins touristique que le Péloponnèse, on a « gentiment » proposé à toute cette population de venir s’installer par ici pour ne pas importuner les touristes l’été sur les plages et bourges dans leurs résidences secondaires sur la côte … désolant. Donc ici on côtoie la richesse agricole et la pauvreté humaine, j’ai dû louper un épisode dans le téléfilm « la répartition équitable des richesses » !! J’arrive à Trikala sous un ciel très bas et chargé au possible, il est 16h30, de toute manière je ne vais pas me lancer à visiter les Météores maintenant, il pleut, on ne voit rien et dans 2h00 il fait nuit. Je repère sur le guide vert une petite vallée : le défilé de Porta, qui à l’air bien sympa. Allé je tourne à gauche direction Pyli. Bon effectivement le temps n’est pas terrible pour admirer le paysage, une grande vallée encaissée dans le massif montagneux du Pinde. Mais il y a un pont du 16 s construit par un moine. Il enjambe la rivière d’une seule arche étroite et haute et d’une hauteur impressionnante.

    Je reviens à Trikala et je me promène du côté d’une des dernières mosquées non détruites en Grèce (quand les grecs ont chassé les ottomans, ils ont détruit toute la culture ottomane existante)

    celle de Trikala a été reconvertie en salle municipale pour des expositions. J’arrive à Kalambaka au pied des Météores mais la vue est plus que bouchée, je distingue à peine le massif rocheux devant moi, quel temps de m…

    bon ben c’est pas la peine de monter la tente, ce soir c’est dodo dans la voiture en position couchette. Comme j’ai pas mal de temps ce soir je vais en profiter pour écrire mes dernières cartes postales dans la voiture, puis un rapide tour en ville mais le temps me décourage vite, en plus il fait un froid de canard. J’ai repéré un supermarché « Casino » en ville, je vais aller m’y réchauffer un peu, j’entre dans le magasin et au bout de quelques minutes un type à l’air de me suivre et m’espionner, bon je dis rien. Je monte à l’étage et le type est toujours là derrière moi. C’en est trop je décide de quitter ce magasin, je sors tranquille et 10s après le type m’accroche !!! Visiblement c’est le patron du Casino, et il commence à me parler en grec et n’a pas l’air très content !!!!!! Qu’est ce que c’est que ce bordel ?? Je comprends !! Et oui un jeune habillé avec un sweet à capuche, en jeans et avec un petit sac à dos dans les rayons de supermarché, ça fait louche !!! Il croyait que je lui avais volé des affaires, j’en suis sûr. Vive les préjugés sur les jeunes !!! Je me démonte pas et je lui répond (en anglais évidement) : que je suis français et qu’il n’a pas intérêt à me toucher, et que je vais lui vider mon sac sur ses chaussures pour vérifier si j’ai rien voler !!! Je l’ai ensuite traité de pauvre type. Il a vite comprit et il s’est barré en ronchonant dans sa barbe. Non mais je rêve y’a vraiment des cons sur Terre !!!!! Tout ça m’a ouvert l’appétit et je décide de me faire un petit kebab ou un truc comme ça. Je me trouve un petit boui-boui sympa et je me commande l’apero en Grèce : l’ouzo, sorte de pastis local, ensuite un kebab en brochette et un morceau de feta avec une carafe de rosé, le tout pour 6€. A la télé ils montrent des inondations terribles dans le nord du pays vers Salonique. Je retourne à la voiture me trouver un petit coin pas trop éclairé à la sortie du village. Je me fourre dans le duvet allongé sur le siège. Et la nuit ne vas pas se dérouler si mal que ça, un peu froid mais bon nickel.