02 octobre 09

le trajet d'aujourd'hui : sommet Etna, face nord, Piano Provenzana, Linguaglossa, Sapienza, Acireale, Roccalumera, Ali Terme, Novara, Milazzo.


  • Je me lève donc à 07h00, tout est trempé, quelle nuit en enfer je viens de passe !!!!! La pire nuit sous la tente que j'ai connu. Je m'habille vite fait, même si j'ai la tête dans le coltard. Je sors dehors et qu'est ce que je vois : surprise !!!!!! Il à neigé cette nuit !!!!!!!!!!! De la neige, partout !!!!!!!!!! C'est dantesque, j'aurais jamais imaginé ça cette nuit !!!!!! C'est le clou du spectacle !!!!! Et avré dire, c'est des plus emmerdant mais aussi magnifique de voir tout ce paysage noir et maintenant maculé de blanc, faut bien l'avouer c'est très beau.

    Me voilà dehors, pas mal de neige c'est accumulée sur les bords de la tente et cette dernière est complètement disloquée, plus aucune sardine n'est accrochée, je ne sais pas combien de degrés il a fait cette nuit …

    la piste, le champs de lave, tout est recouvert de neige et d'une bonne épaisseur par endroits !!! En plus, le brouillard commence à tomber sérieusement, je n'est pas une minute à perdre pour plier bagage. Je déplie aussi vite que je peux ma tente avec les phalanges des doigts de gelés, il fait 0°C. Je roule en boule la tente toute mouillée et le sac de couchage pareil, on verra après dans quel état s'est exactement. Pour le froid, à part les doigts, ça va je suis bien habillé.
    Je décolle à 07h30 et impossible de voir à 2Om, la neige a recouvert les traces de pneus des bus 4x4, je distingue quand même la piste. Mais c'est bizarre car la piste continue de grimper vers le sommet de l'Etna … pourtant je me trouve bien sur la piste principale qui doit rejoindre « la torre del filosofo » côté sud. Suis-je sur le bon chemin ? Le doute commence à s'installer en moi … sans compter qu'il y a de plus en plus de neige puisque on monte … La boussole m'indique bien que cette piste continue vers le sud mais avec ce brouillard je n'arrive pas à voir à plus de 20m, impossible de distinguer là où elle mène, tout ce que je sais c'est qu'elle monte sévère, et avant-hier ça ne descendait pas comme ça. Je fais une pose-réflexion : quoi faire ? Les conditions météo sont plus que mauvaises, je suis en haute montagne, seul, donc interdiction de renouveler l'expérience d'Askja. Revenir à Piano Provenzana, je connais la route car il suffit de faire ½ tour et suivre le chemin. Essayer de trouver un chemin qui bifurque sur la droite et qui descend vers le sud, je n'en ai pas vu et je ne sais pas trop où il me mènerai. Je me commence à me poser bien trop de questions et il n'y a pas mieux pour perdre ses moyens, je reprend les choses en main !!!!

    Le brouillard s'épaissit, je n'ai plus rien à faire ici, maintenant c'est direction Piano Provenzana. Et maintenant que j'y pense : si je téléphonai à un taxi ????? Ben oui que je suis bête !!!!! Puisqu'il y a une route goudronnée jusqu'à Piano, ça doit être possible ? Comment je n'y ai pas pensé hier ? La fatigue et le dégoût sûrement. C'est parti pour la descente à 08h00, Je speede comme je peux et je manque plusieurs fois de glisser sur les graviers de lave qui roulent sous les chaussures. Je croise déjà un bus 4x4 qui emmène de trop rares touristes en haut, quelle escroquerie !!!! Avec ces conditions de brouillard aussi épais ils ne devraient pas faire d'excurtions, c'est quasiment du vol d'argent, puisque ça m'ettonerai qu'ils sortent du bus avec ce temps ... Ils ne vont absolument rien voir ... à par une grosse purée de brouillard, ... super souvenir de l'Etna ... Après l'observatoire Pizzi Dineri, la neige ce fait de plus en plus rare et laisse la place à de la pluie fine et le froid, mais le brouillard est toujours présent, lui !! Et me voilà à Piano vers 10h00, un peu crevé mais bon ça va, je ne perts pas de temps et direction le petit bar. Hyper sympa les proprios, elle téléphone à un taxi et c'est ok pour Sapienza !!! Je suis sauvé, je n'ai plus qu'à l'attendre, je feuillette les journaux du jour et je comprends qu'il a eu de j'ai vu qu'il y avait eu de graves inondations à Palerme et Agrigente. Il pleut toujours autant dehors et encore le brouillard, quel temps de merde. Je reste là, à l'intérieur du bar, un peu hagard, je me remets des émotions de ces 3 jours de trekking. Les organisateurs qui proposent les excursions sur l'Etna en bus 4x4 arrivent pour boire un café et je reconnais la fille qui m'a remballé hier à midi … je préfère rien dire … je pourrai être désobligeant … L'un d'eux me demande en voyant mon sac à dos de trempe si j'ai passé la nuit en haut de la montagne ? « ben oui et je préfère pas vous dire dans quelles conditions (de toute manières il le sait) », il est littéralement sur le cul !!! Et choqué !!! (y'a pas que lui, je m'en serai passé …). Je ne peux même pas prendre le moindre café pour me réchauffer, j'ai pas de tunes sur moi et il n'y a pas de distributeurs automatique ici …

    Le taxi arrive à 11h00, vises un peu la grosse Mercedes, bordel j'en demandai pas tant !!! Une vieille Lada ou Skoda aurait largement fait l'affaire, et le prix est plus que douloureux, c'est une véritable saignée dans mon budget, mais ai-je vraiment le choix ? … non pas vraiment si je veux revenir à Sapienza, donc 150€ … sniff … Nous voilà parti et le chauffeur ne pipe pas un mot d'anglais. Il a eu une sacrée tempête cette nuit, il y a des branches cassées partout sur la route, je suis tellement crevé que je m'endors dans la voiture. On passe à la banque pour retirer de la monnaie pour pouvoir le payer. Nous arrivons à Sapienza à 12h30 dans une purée de pois, quel brouillard !!! Et de la pluie comme sur la face nord, donc j'en conclue que tout l'Etna est pris dans ce temps de merde.

    La Panda est toujours là, j'y pose mon sac et je pars direct au restaurant pour me coller un gros plat de lasagnes chaudes et une assiette de saucisses/frites. Quel temps infect, même si j'avais retrouvé le chemin vers « la torre del filosofo », j'aurais trop galéré dans ce brouillard et cette pluie. Il es temps de partir vers d'autres horizons et je règle le chauffage de la Panda à fond pour commencer à tout faire sécher. Il fait 08°C dehors, j'étale le duvet sur la banquette arrière et les habits sur le siège avant, tout ça sèche assez vite et c'est au tour de la tente d'être déployée dans la voiture.

    Je prends l'autoroute pour Messine, le temps est toujours très couvert, ça roule impeccable jusqu'à Roccalumera et à partir de ce village obligation de sortir de l'autoroute, personne ne sait pourquoi mais la police interdit de continuer vers Messine. Mince, moi qui voulais éviter la route nationale pour éviter de traverser toutes les villes côtières et sa circulation de fou !!! Bien joué ça … Je m'engage alors sur la nationale n°S114 direction Messine. Je fais pas 6 km que la cette route est aussi coupée à Ali Terme par l'armée et les flics … Bordel mais qu'est ce qui se passe ? On ne nous dit rien, mais pour que l'armée soit mobilisée pour couper toutes les voies d'accès à Messine c'est que ça doit être assez grave. Je monte au village d'Ali juste au dessus de l'autoroute et cette dernière est vide !!!! Absolument personne ne circule dessus !!! J'essaie de faire ½ tour pour reprendre l'autoroute vers Palerme et l'accés est aussi coupé au guichet à cause d'un carambolage monstre … Les flics sont dans tous leurs états ça hurle de partout !!!! Mais c'est quoi ce foutoir ??? Ce n'est à rien y comprendre. Avec tout ça, ma tente est sèche depuis bien longtemps !!! Pourtant il faut bien que je passe par Messine pour rejoindre Milazzo ce soir, comment faire ? Ben, comme tout le monde : passer par l'interieur des terres, les Monts Peloritani, franchement j'ai pas tellement la force de me coltiner de la route de montagne sous la pluie après ces 3 jours de marche. Tant pis, faut bien y aller puisque c'est la seule solution, mais j'aimerai quand même bien savoir pourquoi il est impossible d'accéder à Messine. Je reprends la route côtière direction Catane en suivant le longue file de voitures qui font comme moi, me voilà en train de traverser les villages (Taormine, etc ...) où se concentre toute la bourgeoisie et la jet-set sicilienne, Les Ferrari et les voitures de luxe se touchent toutes … navrant … Par contre un truc qui me fait bien marrer c'est que les pêcheurs en mer garent leurs petites embarcations sur les places de parking au bord de la route !!!!

    Je prends la route qui monte dans les terres vers Francavilla, et une longue longue file de voitures se forme derrière 2 gros camions transportant du bétail. Le cirque commence : c'est la foire, du grand n'importe quoi, dépassements en tous genres, sans visibilité, coups de klaxons inutiles, pare-chocs contre pare-chocs, …

    La nuit va pas tarder à tomber et je regarde les très beaux paysages verdoyants de la région. C'est l'hallu la file qui s'est formée, on ne va pas bien vite, et arrivés à Novara, bingo !!! C'est l'accident … il ne manquait plus que ça pour nous ralentir encore plus. Je suis claqué, il me tarde vraiment d'arriver à Milazzo pour me poser et dormir.
    J'y arrive quand même, à 21h00 et sous des trombes d'eau, obligé de m'arrêter sur le bord de la route car on y voit plus rien. Saint Martial m'appelle, pour avoir de mes nouvelles, ma mère affolée me demande si tout va bien et si je n'ai rien ? (elle sait que je me trouve dans la région de Messine), étonné je lui dit que oui, mais pourquoi un tel affolement de sa part ? « tu n'est pas au courant des terribles inondations dans la région de Messine ? Ça fait la 'Une' des tous les journaux de télé en Europe !!!, résultat il y a 23 morts et je sais pas combien de disparus … » Et bien voilà l'explication des routes coupés vers Messine, je comprends mieux pourquoi maintenant !!! Je lui raconte alors un peu la pagaille dans laquelle j'étais tout à l'heure et qu'effectivement il pleut des cordes depuis la nuit dernière. Voilà mes parents rassurés, ils dormiront mieux cette nuit. Quant à moi, je me dis que je l'ai échappé belle, je me serai engagé sur l'autoroute quelques heures avant, j'aurai peut-être été pris dans les coulées de boue et les inondations … encore une fois j'ai eu un de ces bol … Par contre comment les autorités italiennes ont elles pu nous autoriser à entrer sur l'autoroute en sachant ce qu'il se passait ? C'est pas futé de leur part et l'argent du péage c'est rentré dans les caisses de l'État, … alors qu'il y a des dizaines de morts en ce moment … De toute façon ça ne m'étonne qu'à moitié ce qui arrive car je n'ai pas vu un seul fossé en bordure des routes, pas un seul avaloir depuis que je suis là, aucun système d'évacuation des eaux pluviales, l'eau faut bien qu'elle passe quelque part !!!! Et combien d'accotements éboulés, de routes inondées ? Moi j'ai le chic pour attirer les conditions météorologiques de folies partout au moment où je passe !!!! l'Ecosse (pluies diluviennes), la Corse (canicule de 2003), Irlande (orage terrible à Killarney), Norvège (pluie en continu et froid glacial), ici en Sicile, … je dois tirer la carte 'baise' à chaque fois que je pars en vacances … En ce moment je ne peux même pas sortir de la voiture pour aller pisser, y'a 15 cm d'eau sous la porte et la route est inondée, l'eau remonte même par les bouches des égoûts …

    Je me rends à Milazzo-centre pour manger un peu devant la rade du port, il ne me reste plus grand chose à becter, j'attaque un sachet de riz précuit, immangeable, je jette le tout à la poubelle et je m'envoie du couscous à la place. Jusqu'à 00h00 je fais du rangement dans la voiture, je jette ce qui est à jeter car la fin du voyage approche. M'en vais dormir dans le village à côté, à San Pietro, dans une rue un peu inondée, mais je me dégotte une place au sec derrière un hangar. Je me lave un peu les pieds qui sont sales pas possible, normal après 3 jours de trekking. J'ai un de ces mals au mollets et à moindre mesure aux talons, comme si je m'étais claqué les muscles, d'ailleurs je sais même pas si c'est pas un claquage … tellement j'ai mal, sans compter les ampoules et les épaules en vrac … Je me couche à 00h30, c'est quand même plus calme qu'hier soir !! J'entends les grillons dans la campagne, c'est plus agréable aux oreilles que le vent !!! Et y'a pas à dire, le siège passager de la Panda est plus confortable que l'autogonflant dégonflé …