06 juillet


le trajet d'aujourd'hui : Asbyrgi, péninsule de Tjörnes, Húsavík, Reykjahlíd, lac Mývatn .


  • Je me lève il est 08h30, je viens de passer une excellente nuit, en fait la meilleure nuit depuis que je suis en Islande. Le brouillard est tombé sur la vallée d’Asbyrgi mais il fait bon il me semble avec 11°C, les brebis broutent à 3m de la tente trempée de rosée, y’a pas plus campagnard !!! J’ai encore pas mal de stigmates du calvaire d’Askja (voir 04 juillet) avec des ampoules au pied droit, la cuisse droite complètement irritée, une grosse cloque au bras droit et toujours les extrémités des doigts engourdis, évidemment comme je m’étais couché côté droit sur les solfatares, et bien je vais en garder des bons souvenirs sur le corps …A mon avis le temps ne va pas se lever. Je regarde le 4x4, ça fait 2-3 jours que je l’ai est il est déjà recouvert de poussière, à l’extérieur mais aussi à l’intérieur même avec les fenêtres fermées, le coffre aussi est recouvert de poussière. Avec ce brouillard je vais devoir sacrifier la rando de 5 heures que j’ai prévu dans le canyon de la Jökulsá á Fjöllum au profil de la péninsule de Tjörnes même si le soleil tente des percées peu convaincantes dans le brouillard, après le petit dèj je secoue la toile de tente au maximum pour faire tomber la rosée.

    Je prends la direction du site d’Asbyrgi dit « le fer à cheval », mais en persistant bien il réussit, tout se dissipe et un franc soleil est là. Je vais jusqu’au fond du « fer à cheval » d’Asbyrgi dans une forêt de bouleaux digne de ce nom, c’est l’écrin de verdure de l’Islande !!!! Pourquoi le « fer à cheval » d’Asbyrgi : elle fut formée par le fleuve Jökulsá á Fjöllum qui creusa une gorge en forme de fer à cheval. Maintenant le fleuve ne passe plus par ce site. Devant l’entrée à la gorge, on trouve un rocher d’une hauteur d’à peu près 25 m et d’une longueur d’environ 500 m qui s’appelle Eyjan (« l’île »). La gorge a aussi le surnom trace de pied d’Odin parce qu’une saga raconte qu’un des huit pieds du cheval de ce dieu germanique serait à l’origine de la forme caractéristique du site.


    ces 2 photos sont tirées du site www.ismennt.is je les ai utilisées pour montrer la vue générale d'Asbyrgi :

    Après m’être garé au camping, je monte sur l’île rocheuse d’Eyjan pour avoir une vue d’ensemble du ravin d’Asbyrgi. Tout au bout, c’est géant, qu’elle vue !!! Y’a pas intérêt à tomber dans le vide car il n’y a pas de sécurités au bord, faut être prudent.

    Le point I à l’entrée du site est super bien fait sur l’activité du Volcan Krafla et l’histoire de la région, un petit détour à cette exposition permanente est obligatoire. Au même moment St Martial m’appelle, je leur donne de mes nouvelles rapidement. Je prends la 85 qui longe la côte de la péninsule de Tjörnes, l’Islande est composée à 99% de roches volcaniques, c'est ici dans la péninsule de Tjörnes qu'on trouve 1% de roches sédimentaires le long de la côte. Il y a même des fossiles dans les falaises mais l'emplacement exact est tenu secret. J’entre dans un épais brouillard qui plombe toute la région, quel dommage je ne vois strictement rien du paysage qui m’entoure !!!! La température tombe à 8°C. Je passe le cap sans rien voir mais c’est l’océan arctique qui est devant moi, j’arrive en haut de la baie d’Húsavík, la principale ville de la région (2200 hab.), la baie est baignée par un soleil radieux mais un fort vent souffle (comme d’habitude …),

    je vais manger ici dans un petit pré où sont installés des outils agricoles. Húsavík est une ville dès plus banale mais très animée autour du port de pêche, son activité touristique est les excursions en mer pour observer les baleines, mais vu le prix je pense que c’est aussi une pompe à fric terrible !!!

    Il faut voir l’église du village toute en bois et très jolie autant de l’extérieur que de l’intérieur, elle n’est pas bien vieille (1906),

    à l’intérieur un truc me fait bien marrer : tous les bancs dans l’église sont chauffés !!! Et oui un radiateur est placé sous chaque banc pour le confort des paroissiens pendant le long hiver, faut dire aussi que l’eau chaude naturelle est inépuisable sur l’île.

    Je finis le tour de la péninsule toujours dans le brouillard, la route est une longue ligne droite jusqu’à Mývatn.

    En préparant ce voyage j’ai repéré sur le net une source d’eau chaude où on peut se baigner, mais elle n’est pas indiquée, elle est plutôt tenue secrète, mais sur un site il est indiqué qu’elle se trouve au bout d’une piste qui part de la 87 à 10 km environ de Mývatn. Je trouve effectivement une piste à gauche, je l’emprunte jusqu’au bout mais j’arrive à un petit lac d’eau … froide, pas de source chaude en vue, dommage. Heureusement que le paysage est très beau.

    Me voilà dans la région de Mývatn, accueillit par les fumées du blue lagoon je pense et une très forte odeur de sulfure d’hydrogène (si si la bonne vieille odeur d’œuf pourri …), ce lac me donne de suite bonne impression, j’ai le pressentiment que je vais passer 2 jours fabuleux ici, je sais pas ce qui me fait dire ça, mais bon. Faut pas que j’oublie que toute la zone du lac est classée en Zone Protégée donc pas de camping sauvage possible ici, ils ont tout prévu les islandais y’a 2 campings au petit village de Reykjahlíd, je vais au 1er situé un peu en retrait du lac au milieu d’une immense coulée de lave qui me sépare du village. A l’accueil la dame est hyper sympa et il n’y a pas grand monde, au maximum 10 tentes, je monte la mienne il est 16h00 avec un très bon 19°C, c’est à peine croyable !!!! En tee shirt et pantacourt !!!!

    Le lac Mývatn a une superficie de 37 km², il est le 4e lac d’Islande, avec 115 espèces d'oiseaux et 28 espèces de canards répertoriés dont 13 espèces qui y nichent régulièrement, c’est un paradis pour les ornithologues, le lac est très peu profond avec une moyenne de 2m de profondeur ce qui laisse passer la lumière et favorise le développement de la végétation. J’ai toute l’après midi devant moi, je vais me balader dans le site de Dimmuborgir, des formes étranges de concrétions de lave formées il y a 2000 ans dans un lac de magma en fusion.

    Une fois traversé le site je monte au cratère d’Hverfjall formé par une explosion phréatomagmatique, le magma en remontant a rencontré une nappe phréatique qu'il a instantanément vaporisée. L'explosion des gaz a pulvérisé les roches environnantes et a formé ce cratère de cendres, c’est exactement le même phénomène que le cratère Hrossaborg hier (05 juillet). L’ascension depuis le côté de Dimmuborgir est hyper ardue, et hyper casse-gueulle, c’est une horreur, j’ai jamais monté un truc aussi raide que ça, c’est du style dune du Pyla en plus raide et sans escalier, bordel que je me fais chier de marcher dans cette cendre !!!!! En plus l’ascension se fait direct plein fer sur la pente, y’a pas de chemin en lacets pour atténuer le degré. Heureusement que je me sers de la corde. Enfin j’arrive en haut, je sue comme pas possible, avec ce vent dans les ratiches je vais m’enrhumer c’est sûr !! Je suis en face d’un cratère béant parfaitement rond de 250m de profondeur et 1km de diamètre, c’est fou ce pays !!!! Par contre la vue est superbe à 360° sur la montagne de Námasfjall, le lac Mývatn,le site de Dimmuborgir, Reykjahlíd et les montagnes aux alentours.

    Je mange quelques gâteaux et le vent souffle de plus en plus fort, je suis obligé de redescendre car j’ai qu’un tee shirt et je commence à avoir bien froid. La descente se révèle encore plus périeuse, c’est là qu’on se dit que la corde est indispensable !!!

    2 bons gros crétins et je pèse mes mots, descendent en courant comme des branques en faisant une poussière d’enfer, ça me déplairait pas qu’ ils se viandent pour une gamelle d’anthologie, 200m de dénivelé en roulé-boulé ça doit être assez cocasse à voir !!! Malheureusement mon vœux ne s’exauce pas … Je repasse par le site de Dimmuborgir il est 19h00, je rentre au camping qui se trouve à 3-4 km, une bonne douche va me faire le plus grand bien, car la dernière date d’il y a 1 semaine à Skaftafell … Je me rends à la douche avec mon savon de Marseille et ma serviette, j’entre dans les sanitaires, relativement étroits et j’ouvre la cabine de douche : de quoi ???? Ce n’est pas ça la cabine douche ?????? Ce sont les plus petites cabines de douches au monde !!!!!!!! Je rêve ça doit bien faire 80x80 cm la cabine tout compris avec les porte manteaux !!!!!!!!! C’est la 1ère fois que je vois ça, y’a même pas la place pour se déshabiller, ça va être folklo pour s’essuyer tout à l’heure !!! Par contre elle est gratuite et bien chaude comparé à Skaftafell, mais on a aussi l’odeur !!!!!!! Et oui l’eau chaude est directement puisée d’une source d’eau chaude dans le sol donc l’eau sent le sulfure d’hydrogène à gogo !!!! De toute manière il parait que c’est très bon pour corps, le souffre. Quand je dis que ce pays c’est une autre planète. C’est vraiment énorme, j’adore ces moments là où tout sort de l’ordinaire : une cabine taille haricot vert, une eau bouillante qui pue l’œuf pourri et il fait à peine 10°C. Entre la douche de Skaftafell et celle là, j’ai vite choisi c’est vraiment énorme ici. Je me fais une petite lessive aussi à l’eau sulfurée et je prépare le repas, ce soir c’est riz cantonnier, heu, non cantonais et saucisses comme tous les soirs. En fait les saucisses de Strasbourg c’est la seule viande pas trop chère, donc c’est saucisses tous les soirs. Par contre le vent souffle bien fort ce soir et le gaz du réchaud ne chauffe pas bien. Je m’installe alors dans la tente et le réchaud dans l’avancée fermée et bien c’est nickel, faut faire quand même attention à ne pas mettre le rifle à la tente !!!! Une fois la vaisselle faite, je me mets à écrire 10 cartes, je finis il est 00h45 et il fait 8°C. Le brouillard est totalement tombé sur le lac Mývatn et les environs, pas un moustique.