08 avril 09

le trajet d'aujourd'hui : Grazalema, Ronda, El Burgo, Ardales, barrage de Guadalhorce, Alora, défilé de los Gaitanes, Antequera, lagune de la Fuente de Piedra.


  • La nuit se révèle plutôt fraiche, et ce matin j'ai quand même un peu froid, 04°C, je me roule en boule dans le duvet. Je me lève à 08h00, un effort presque insurmontable pour s'habiller : le jeans est glacé !!! bon une fois couvert ça peut passer. Dehors, un grand ciel bleu sans nuages, ça devient une habitude, je me prépare le ptit dèj sur une ruche, et dire qu'il y je sais pas combien de kilos de miel la dessous et je vais batailler avec ma confiture dans 5 min ... L'odeur de la confiture de pêche va réveiller les bzzzz-bzzzz !!! que l'eau est longue à chauffer ce matin, ça doit être le froid et puis je reconnais le bruit si caractéristique d'une cartouche de gaz en fin de vie !!! Je fais un échange standard avec la cartouche neuve mais ça ne chauffe guère plus vite, le café au lait à peine tiède et le muesli à peine gonflé ... quel régal ... La vaisselle du bol n'est pas si terrible que ça, j'ai les phalanges des doigts à température ambiante avec l'air et l'eau : 4°C ... Au moment de plier ma tente, je me rend compte que je perd ma montre, elle me tombe à presque mi-poignet, je dois pas être foutu comme les autres !!! moi je maigris pas du ventre (il faudrait que je perde un os) mais je maigris du poignet !!!! Je vais partir et je me rend compte que j'ai laissé mon sac à dos sur une pierre, ouf !!!

    je décolle il est 09h00. Me voilà à Ronda à 10h00, je me traverse toute la ville à la recherche d'une place de parking, y'en a mais il faut faire des créneaux ... donc voilà je suis à la sortie de Ronda et je suis toujours pas garé, je reprend la rocade pour re-traverser Ronda et enfin une place normale au côté nord de la cité. 25 min à pied jusqu'à la poste !!! Je demande 18 timbres normaux et évidement il n'a pas ça en réserve, ça doit être le bout du monde ce que je lui demande : 18 malheureux timbres ... Enfin au bout de 20 min, le guichetier arrive avec mes 18 timbres, merci mon dieu il a dû être touché par la grâce !!! au retour du voyage je m'arrête brûler un cierge à Lourdes !!!!!! Merde, les timbres sont trop grands, il cachent une partie de mon texte au recto des cartes postales, tant pis les destinataires devineront ce que j'ai voulu écrire. je repars pour une bonne trotte pour rejoindre la 206, je quitte la ville il est 11h00 : voilà comment on grille une 1/2 journée !!! Magnifique route qu'est le col del viento, autant d'un côté que de l'autre ce paysage karstique et l'immensité des vallées sont superbes.

    Je traverse le petit village d'El Burgo et c'est jour de marché, tiens un marchand de churros au bord de la route, je raffole de ça !!! Aujourd'hui c'est la fête aux chichis (pas aux Chirac, hein !!!) j'en prends 10 j'adore ça, on verra bien le prix : 2€ !! 20 centime le churro !!! c'est énorme !! au marché à Cadillac j'en 4 pour 2 € ... La route pour Ardales n'est pas des meilleures, elle est carrossable mais bon sans plus, on va pas y faire atterrir un avion non plus. Je m'arrête au lac de Guadalhorce pour becter, 13h00 c'est le coin idéal, vraiment paisible ... je suis au calme quand un gros bruit saute dans l'eau !!!

    Le pêcheur à côté de moi doit avoir attrapé une belle pièce, je regarde si ça se débat dans l'eau, non merde, c'est 2 gonzes en canoë qui arrivent ... bon bref, tout le monde peut se tromper ... Quelle sérénité ce lac, j'y resterai bien pour pioncer. Après 4 churros et 1 café, je suis bien calé, pour faire réchauffer les churros je les met en plein soleil car le churros froid bien gras c'est pas terrible ... Je comprend mieux pourquoi ils étaient pas cher tout à l'heure : ils doivent être vendus au poid, ils sont creux à l'intérieur !!! truffés de bulles d'air, rien à voir avec les chichis de chez nous, par contre comme il n'y a pas beaucoup de pate ils ne sont pas bien durs à digérer !!! La route traverse une région aux montagnes aux formes bizarres, ça me fait penser aux Météores en Grèce, la même forme de rochers, même structure avec ces incurvations, très inintéressant.

    Et puis j'arrive au village d'El Chorro et son immense falaise avec sa faille : "le défilé de los gaitanes", c'est effarant cette paroi rocheuse en mille-feuille quand on la voit de profil par la tranche, et verticale et plate par devant. Comme ce canyon est immense !! On peut aller au milieu de la faille mais il faut monter à la falaise, ici c'est le pays des passionnés d'escalade. Puré qu'il fait chaud, je suis en train de bouillir dans mes tennis, en plus le chemin est bien pierreux et heureusement qu'une rampe en béton a été emménagé sur le côté. Une fois en haut je rencontre d'autres français, leur fils tout de noir vêtu doit péter de chaleur !!! Malheureusement une partie de la passerelle en béton à flan de paroi qui relie le pont ferroviaire et piétonnier au pont qui traverse la gorge c'est cassé la gueule et on ne peut plus l'emprunter, le site est inaccessible, ha ouai là je suis vraiment déçus, je comptais bien y aller !!! Des alpinistes/escaladeurs se trouvent de l'autre côté sur la passerelle, ils sont pris au piège du cul de sac, sauf que nous on est du bon côté !!! Tchao les amis c'est moi qui ai les clès de la bagnole !!!

    Allé je m'en reviens à la 206 et je me fait péter la gourde, quelle soif !!! Jusqu'à Alora je sais exactement où passe la rivière, c'est un véritable paradis de verdure qui longe le cours de l'eau, sûrement le rio Guadalhorce, toute la vallée est recouverte de champs d'agrumes, il vaut mieux une monoculture d'agrumes qu'une monoculture de céréales, au moins ça sent merveilleusement bon !!!

    Arrivé à Alora, je fais une erreur fatale : je prends la direction "centro ciudad" au lieu de prendre à gauche sans direction de marquée !!! et là c'est le drame, l'horreur !!! je me retrouve en voiture dans des ruelles pentues pas possible, à faire des démarrages en côte tout les 10m, avec des angles droits, des largeurs étroites, des voitures garées, ça se termine en cul de sac, ... Bordel je commence à paniquer, impossible de faire demi-tour, à chaque seconde j'ai peur d'accrocher la voiture à quelque chose et bien je fais la risée des habitants qui me regardent amusés, quelle honte ... c'est horrible, des enfants viennent à mon aide, mais en vain j'ai l'impression de tourner en rond à 5km/h à peine. quelle galère, Maman je veux sortir de là !!!!!!!!! Faut être fou pour avoir une voiture ici. J'essaie de prendre les premières rues qui descendent que je rencontre, au moins je sortirai de la ville par le bas et peut-être attraper la grand-route, la "salida" vite, vite !!! à force de tourner j'arrive enfin vers la sortie de la ville, ouf !!!!!!!! ... Quelle peur-panique, plus jamais je ne reprendrai de centre-ville en voiture. La route vers Antequera est très très sinueuse, 23°C, j'y arrive à 18h00 et direction le point I à pied, pour prendre quelques infos pour demain.
    Une fois récupéré de la doc, je prends la direction de Fuente de la Piedra, une lagune salée peu profonde qui abrite une multitude d'espèces d'oiseaux limicoles, échassiers, ... notamment une des plus grandes colonies de flamants roses d'Europe. Je prends mes jumelles et c'est parti pour voir les petits pioupious !!! je me régale à observer les flamants roses, foulques, canards divers, échasses blanches, avocettes, huîtriers-pie, poules d'eau, ... c'est passionnant cette vie aviaire, je vois pas le temps passer. Il est 20h00 et toujours pas mal d'amateurs sur les berges, en plus le site est super bien emménagé avec des postes d'observations, des chemins sur caillebotis.

    Je dois m'en aller car j'ai du boulot, faut poser la tente quelque part, seulement on a pas le droit de camper à proximité de la lagune, quel dommage. J'ai repéré des oliveraies non clôturées au nord du lac, j'y vais. c'est nickel le chemin est impeccable et le sl propre, je m'y cale en plein milieu, avec un bon 15°C je subit une attaque en règle d'un escadron de moustiques, c'est la Luftwaffe qui revient !!! évidement à 500m de la lagune fallait pas s'attendre à moins ... on peut pas tout avoir. Le soleil se couche, je n'ai pas bien faim : soit c'est l'énorme couscous d'hier soir que j'ai pas digéré ou les churros de midi (il en reste 2 ...), j'opterai pour la 1ère solution car la 2ème y'a que des bulles d'air dans ces churros. Bon je me fais des nouilles asiatiques et des saucisses que je rajoute après, je vais quand même les faire bouillir un peu car elles sont ouvertes depuis 10 jours à température ambiante, le genre de truc où tu choppes une intoxication alimentaire sans avoir rien demandé ...

    La frontale vissée sur la tête, voilà une nouvelle colonie de moustiques kamikazes qui s'écrase lamentablement sur ma gueule, demain matin je porte plainte contre eux !!! Ils passent sous le ourlet du jeans pour me piquer aux jambes, ils sont vicieux en plus !!! 21h45 j'ai fini de manger et la vaisselle faite, je me réfugie sous la tente pour établir la journée de demain, la pleine lune est un peu voilée en principe c'est signe de mauvais temps mais elle est assez lumineuse pour éclairer même dans la tente, ça doit pas être des ampoules à économie d'énergie qu'ils doivent utiliser là en haut ... Je m'en vais au lit à 22h30 au son de nombreux oiseaux qui chantent cette nuit.