07 juillet


le trajet d'aujourd'hui : Reykjahlíd, lac Mývatn, Grjótagjá, Skútustaðagígar, Námafjall, volcan Krafla.


  • Quelle heure il est ? 08h30, je suis bien au chaud dans mon duvet, je me laisserai bien tenter pour une petite heure supplémentaire dans mon cocon, surtout qu’il fait 14°C dans la tente. Et j’ai l’impression que dehors c’est pas terrible, en ouvrant la tente, la porte est déjà trempée de condensation, voilà un signe qui ne trompe pas !!!! Bingo, un brouillard bien épais et humide recouvre le lac, heureusement y ‘a pas de vent, ce qui est assez rare ici. Il fait un terrible 8°C caniculaire dehors !!!! Le levé est assez pénible avec ce temps, j’ai le temps aujourd’hui je reste dans le secteur de Mývatn, comme hier aprèm. Et puis avec ce brouillard je ne me presse pas trop ça sert à rien de se balader dans cette purée, grand temps pour le séchage des chaussettes. Je vais à l’accueil du camping m’acheter les dernières cartes postales car je crois bien les avoir vues hier soir à 60 isk. Je me prépare le petit dèj et je m'aperçois que la bouteille de gaz est en train de me lâcher, comme quoi hier soir ce n’était pas que le vent … elle s’éteint 2x sans raison. Avec ce brouillard j’ai bien froid, je vais mettre le gros pull-over pour la 1ère fois, vous connaissez la technique de l’oignon ? Plus il y a d’épaisseur et mieux c’est !!! J’en profite aussi pour une petite séance de rasage, l’allure d’un ours ne me va pas trop. Il est 10h30, il ne me reste plus que 2 cartes postales à écrire, de toute façon y’a rien à faire d’autre avec la purée de coton, qui je pense est en train de se lever. Je décolle pour le village, à Reykjahlíd à 500m d’ici pour poster mes dernières cartes postales, en un rien de temps voici un franc soleil qui apparaît dans le ciel de Mývatn, ça fait bien plaisir.

    Et je pars pour Grjótagjá, je gare le 4x4 le long de la route qui longe le lac, et je me mets à marcher vers le site. Après un bon kilomètre, je longe une grosse faille qui semble écarter la terre, cette grosse cicatrice est en fait le rift qui sépare la plaque américaine à gauche de la plaque euro/asiatique à droite, je me trouve exactement à la frontière naturelle. Cette faille est dès plus parlante, on ne peut pas mieux comprendre le système de la dérive des continents. Mais ma parole cette faille est en train de fumer en son fond ??? Oui Oui, de la fumée très chaude sort de la faille tout le long, ici la croûte terrestre ne doit pas être très épaisse et le magma à fleur de terre.

    En fait au pied de la faille plusieurs petites grottes sont disséminées tout le long à l’intérieur de la faille, ces cavités contiennent des sources d’eau chaude, dont en particulier celle de Grjótagjá, ses eaux vertes et tièdes invitent à la baignade, mais une intrusion de magma en 1977 a élevé la température de l’eau à 60°C, interdisant désormais la baignade, car auparavant elle était bien moins chaude et la baignade étai autorisée. J’y descends prudemment, mais il y fait une chaleur insupportable, car dans ces grottes ça fait « effet sauna » une chaleur étouffante avec 100% de taux d’humidité !!!

    Une vapeur et une buée à pas tenir, j’étouffe de chaleur, vite vite je sors au frais dehors. En m’en revenant je ramasse quelques roches volcaniques comme souvenir, des rouges, des cramoisis, des noires. Il est 13h00 je vais manger dans le parc naturel champêtre d’Höfði juste à côté, ce parc bien sympa est planté de bouleaux, de mélèzes en bordure du lac Mývatn. Je me prépare 2 sandwichs jambon blanc/fromage comme tous les midis et me voilà dans cette réserve naturelle boisée, les petits chemins courent à travers la petite forêt et les prairies, c’est vraiment sympa. Les jardiniers font la pose casse-croûte et moi je me dégotte un petit coin paradisiaque pour pique-niquer, j’ai une vue sur les rochers de lave sortant de l’eau bleu-turquoize transparente, c’est merveilleux. Quelques petits canards et oiseaux sont là, quelle sérénité, paisible, j’y resterai bien toute l’aprèm.

    Il fait tellement bon que j’enlève mes chaussures et je pique un petit somme sur la digestion. Bon allé c’est pas tout ça mais faut que je me lève sinon je vais rester là jusqu’à ce soir. La route entre Höfði et Skútustaðír (5km environ) est magnifique avec cette eau bleue et le vert des champs parsemés de roches volcaniques, c’est féerique.

    C’est de plus en plus fort dans la beauté des paysages : j’arrive à Skútustaðír et les pseudo-cratères de Skútustaðagígar, déjà ces derniers sont originaux on se croirait sur la surface de la Lune, mais du haut de ces cratères le panorama sur le lac est magique, ça fait des péninsules, des baies, des bras de terre dans tous les sens avec en fond les fumées de Námafjall. Ces pseudo-cratères ne sont pas dus à une éruption volcanique mais à la rencontre de l’eau du lac et de la lave : piégée sous le magma en fusion, la vapeur d’eau a crevé la croûte rocheuse en formant de petits tumulus volcaniques. En me promenant je rencontre un groupe de touristes français qui se demandent comment ce sont formés ces cratères, je leur explique en prenant comme exemple le verre d’eau retourné qu’on plonge dans l’eau, l’air est emprisonné sous l’eau et quand il remonte, ça éclate.

    Je fini le tour du lac Mývatn pour revenir à Reykjahlíd, et je prends la direction de la colline de Námafjall, je passe devant l’usine de diatomite qui fume du tonnerre

    et j’arrive en haut de la colline de Bjarnarflag, je me gare sur le petit parking et je me promène sur cette terre complètement stérilisée tirant sur le rose/orange, cette couleur me fascine, l’endroit est aussi superbe pour admirer le lac et le versant ouest de la colline de Námafjall.

    Je redescends la colline de l’autre côté et me voilà au fabuleux site de Hverarönd, un immense champ de solfatares, de fumerolles et de marmites de boue, la totale au niveau phénomènes géothermiques sans compter toute la colline de Námafjall qui en est recouverte aussi à proximité de Hverarönd. Donc Hverarönd, quel site !!!!

    Très touristique (bon on est en Islande faut pas oublier, avec 10 voitures et 2 cars ça fait une foule immense) mais à voir absolument (faut venir à partir de 18h00, après les cars des auto-tour) c’est un véritable labyrinthe de solfatares et de marmites de boue, ça bouillonne ça siffle, ça fume ça sent de partout, c’est un régal pour développer nos 5 sens : l’ouie avec les marmites qui bouillonnent, l’odorat avec le sulfure d’hydrogène (œuf pourri, pour ceux qui auraient oublié), le toucher avec ce sol toujours aussi chaud, la vue avec toutes ces couleurs ocre, jaune, orange, blanc, gris, … je n’ai pas osé développer mon sens du goût, je pourrais avoir de désagréables surprises … c’est fantastique, j’ai en face de moi notre planète Terre qui respire en direct, ça me fait penser à un piston de cocotte minute qui se met à tourner quand la pression est trop forte à l’intérieur, et bien là c’est pareil la pression magmatique à l’intérieur de la Terre est tellement forte que tous ces phénomènes jouent le rôle du piston de sécurité. Je sais pas si ma comparaison est bonne mais bon je pense que je ne suis pas trop loin de la vérité. 3 énormes marmites de boue bien profondes m’accueillent dans un vacarme de branque, puis 2 monticules de cailloux sont recouverts de dépôt de souffre fument à tout va, c’est bizarre ces cailloux je me demande si ils n’ont pas été mis là exprès. Le champ de solfatares est immense, on dirait que le sol est jonché de boursouflures, de verrues et de plaies mal cicatrisées sur un bras, c’est dantesque, les portes de l’enfer ne doivent pas être loin, je m’en donne à cœur joie. Faut faire vachement gaffe car le sol est très fragile, d’ailleurs des caillebotis sont installés pour pas risquer de tomber la dedans, dans ces marmites géantes la boue doit être bien à 100°C au moins, c’est de la folie furieuse ce pays, c’est sûr que c’est pas à St Martial dans ma Gironde natale que je verrai ça !!!!!!!

    Je m’éloigne un peu du flot de touristes pour monter sur la colline de Námafjall entièrement chaude et stérilisée, le rift doit passer dessous aussi.

    la montée n’est pas si dure qu’elle paraît,

    et encore et toujours des couleurs tirant sur le rose/ocre et le paysage qui va se perdre au loin, le soleil et le ciel bleu azur ne font qu’accentuer toutes ces couleurs, c’est une journée fantastique, sûrement un des meilleurs jours du voyage je pense et la journée n’est pas fini, ni le voyage d’ailleurs, si il y a mieux d’ici la fin je veux bien me faire moine !!!! Je regarde mon thermomètre et il m’indique un phénoménal 20°C, je n’en reviens pas !!!!! Il n’y a personne sur Námafjall, tout le monde reste cantonné sur le site de Hverarönd en bas, alors que Námafjall est encore plus impressionnant car le paysage sur le lac est splendide, on devine les fumées du volcan Krafla au loin et encore des phénomènes géothermiques dans tous les sens.

    Je redescends la colline pour revenir à Hverarönd.

    Je me repose un peu en restant admiratif devant les marmites et je prend la petite route qui mène au volcan Krafla à 7km d’ici j’arrive à la centrale électrique (construite en 1973) qui utilise la géothermie du Krafla, on se croirait dans un film de science fiction avec tous ces tuyaux brillants qui dévalent la montagne ocre et ce fameux conduit qui passe au dessus de la route, non mais on est où là ? Comment les islandais ont-ils pu construire cette centrale sur les flanc d’un volcan toujours en activité, car la dernière grosse éruption a eu lieu en 1984, c’est très dangereux, en 1977 un forage de 1140m de profondeur dans l’écorce terrestre servit de cheminée à une remontée de magma !!!!

    Je vais jusqu’aux cratères du Leirhnjúkur et de l’Hófur qui font parti de la chaîne de failles éruptives du Krafla. Je pars sans sweet ni veste à la rencontre de ces 2 cratères malgré un vent terrible, je ne sais pas si je ne me suis pas enrhumé, enfin on verra bien.

    Allé encore des solfatares sur le flan du volcan Leirhnjúkur, c’est fou cette région,

    j’arrive dans un champ de lave tout récent (1984) la lave est encore bien noire comparé à la plus ancienne qui est plutôt brune/grise.

    On voit bien les cratères qui ont explosés mais le plus surprenant c’est que la lave de l’éruption de 1984 fume encore dans les crevasses et elle est bien chaude, le magma en fusion ne doit pas être bien profond, rien qu’à imaginer que de la lave en fusion coule juste sous mes pieds me met la chair de poule, y’a pas intérêt que le sol cède !!!!

    Je me faufile ensuite dans le cratère du Leirhnjúkur, allé hop quelques morceaux de lave en souvenir et je redescends en longeant la dernière coulée de lave.

    Je monte ensuite au lac Helviti dans un des cratères du Krafla mais je le trouve dès plus banal. Bon il est 21h00, je décide de rentrer au camping de Reykjahlíd, en passant je m’arrête au Blue Lagoon de Mývatn malgré l’heure, de toute manière ils ferment à 22h00 mais le prix me fait fuir (1600 isk !!!!) je me contenterai d’une bonne douche à l’eau sulfurée, je m’arrête au supermarché m’acheter du pain noir local sucré (le même style qu’en Grèce) cuit dans les fours géothermiques. Je m’avance aussi voir les prix à la poste locale pour envoyer des colis (660 isk pour 2 kg, je trouve ça vraiment pas cher), je lave aussi le 4x4 car il me fait honte couvert de poussière comme ça. Me voilà au camping et je m’attaque direct au repas après cette journée bien remplie de belles choses.

    Pour digérer je monte sur la colline qui surplombe le camping et Reykjahlíd, de là on a une vue non seulement superbe sur le lac mais aussi sur la coulée de lave Eldhraun de 1729 du Krafla qui termina sa course au pied du village à raz de l’église, elle est considérée aujourd’hui comme miraculeuse, et je termine par longer le lac et la coulée de lave.

    Avant d’aller au dodo, je range un peu la voiture et je fais la vaisselle. Il fait 7°C et le lac est de nouveau couvert de brouillard comme hier soir. Je passe une nuit excellente.