le trajet d'aujourd'hui : Rush, Dublin, Clondalkin.


  • Il ne pleut plu ce matin, aujourd’hui c’est le dernier jour de Paskal avec nous, il repart demain matin à l’aéroport. Si on allait se prendre une petite douche ? Chris va chercher des jetons et au retour il fait une mauvaise tête, « qui y a-t-il Christophe ? 2€ le jeton pour la douche !!! C’est des voleurs !! », Bon y va quand même et pas de veine un monde pas possible qui fait la queue … La douche fut bonne (pour le prix !!). Nous prenons la direction de Dublin à 20km d’ici, relativement facile à entrer dans la capitale irlandaise, nous nous garons dans une rue pas loin d’ O’Connell Street, nous allons passer la journée dans Baile Atha Cliath (Dublin en gaélique), terminer par la capitale est un bon plan, surtout que ce soir on doit retrouver des amis basques à Paskal qui vivent ici depuis 6 mois. Nous passons le pont Ha’Penny sur la Liffey,

    ce nom lui vient du droit de passage de ½ penny payé par les dublinois jusqu’en 1919. Comme je suis déjà venu à Dublin il y a 10 ans, je conseille à Paskal et Christophe d’aller visiter le Trinity College, le collège le plus connu d’Irlande, fondé en 1592, c’est la plus vieille université d’Irlande. Pendant longtemps le collège n’accepta que des étudiants masculins et protestants, c’est en 1793 que les catholiques furent admis (en pratique la hiérarchie catholique n'autorisa ses fidèles à fréquenter Trinity qu'en 1970).

    D’une très belle architecture, en son centre se trouve le campanile,

    aujourd’hui c’est la plus grande université d’Irlande. Nous allons visiter la vieille bibliothèque, malheureusement aucune photo pour illustrer l’endroit, car elles sont interdites à l’intérieur, dommage car c’est vraiment magnifique. Avant d’entrer dans la bibliothèque nous passons devant les ouvrages les plus précieux de l’Irlande : le livre de Kells, manuscrit enluminé sur vélin réalisé vers 800, où sont transcrits les 4 évangiles en latin ; bien qu’il ait été conservé à Kells jusqu’au 17ème s. on ignore s’il a été réalisé dans ce monastère. Le livre de Durrow lui est de 700 est consacré aussi aux évangiles. Le livre d’Armagh de 800 reproduit en latin tout le nouveau testament tel que l’utilisait l’église celtique, il contient le récit des vies de St Martin et St Patrick. Le livre de Dimma renferme des textes liturgiques. Ces livres entreposés sous un coffre en verre sont de toute beauté richement décorés d’enluminures colorées, il faut imaginer le travail que cela a dû représenter à l’époque, c’est phénoménal !!! Puis nous passons alors à la vieille bibliothèque (1712-1732), en 1801 elle devient le lieu de dépôt obligé de tout ouvrage imprimé dans le Commonwealth. Cette bibliothèque sur 2 étages est splendide, réalisée en bois précieux, quand on entre ça sent le vieux, l’ancien, il règne ici une solanélité pesante. On n’ose pas dire un mot pour ne pas perturber ce silence !!! c’est … comment dire… de voir tous ces vieux ouvrages alignés sur 2 étages c’est magnifique et ces bustes d’hommes de culture irlandais en enfilade dans l’allée centrale, cette salle mesure 64m sur 12m, une galerie domine les 20 travées de rayonnages. Au milieu du 19ème s. le plafond plat a fait place à une voûte en berceau plus haute, permettant d’augmenter la hauteur des rayonnages. Au milieu de l’allée ce trouve la plus vieille harpe irlandaise, au moins 500 ans d’âge, faite en saule et munie de 29 cordes, elle a été retrouvée à Limerick au 18ème s. tous les 3 nous restons impressionnés par les lieux. Nous ressortons du Trinity College et empruntons Grafton street, c’est la rue commerçante de Dublin, toutes les boutiques à la mode sont ici, nous filons vite fait car faire les boutiques de fringues c’est pas notre truc. Nous aboutissons à St Stephen’s green le jardin public du centre ville où nous flânons, le copain de Paskal téléphone pour savoir où on est et pour se donner rendez vous pour ce soir, ce sera au pied de l’aiguille d’O’Connell street. Nous allons manger dans le centre commercial qui fait l’angle de la rue de Grafton street devant le parc. On se prend un truc vite fait à manger mais plus élaboré qu’un fish & chips, car Paskal va en faire des cauchemars !!!!

    Au rez de chaussé du centre commercial, nous faisons nos emplettes de cadeaux et souvenirs, Paskal veut trouver un très très bon whisky à ramener au Pays Basque pour un ami qui lui a donné son chien de chasse (un setter irlandais ?). Une fois que Chris, Paskal et moi avons fini nos achats, on retourne à la voiture poser tout nos souvenirs, nous repartons et une bonne averse nous tombe dessus, on se réfugie dans la cathédrale de Christ Church (la cathédrale de l’église du Christ)

    elle est un des symbole des la présence anglaise à Dublin dans le temps.

    Outre ce détail peu glorieux, nous admirons tout de même la très belle architecture intérieure de l’édifice

    et Christophe me fait remarquer le travail du fer sur les portes de la cathédrale, j’en prend une photo pour montrer ça à mon père (et oui il est forgeron), il va être bluffé de ce travail d’époque.

    Nous dirigeons ensuite vers la brasserie Guinness St James,

    elle fut pendant longtemps la plus grande brasserie au monde.

    Nous entrons dans le quartier, c’est en fait une ville dans la ville !!! L’empire Guinness est là entrecoupé de rues aux bâtiments immenses, des cuves hors normes, des tuyaux inox,

    c’est immense, rien d’étonnant quand on sait qu’il se vend en Irlande près de 1 million de pintes de Guinness chaque jour et 5 millions dans le monde, soit au total 2,5 mégalitres. En fait le Guinness Storehouse bâtie en 1904, a servi à la phase de fermentation jusqu’en 1988. Ce bâtiment de sept niveaux, articulé autour de poutres d’acier qui en supportent toute la structure, est reconverti depuis novembre 2000 en musée. Les architectes ont intégré un espace en forme de pinte géante au centre de l'édifice afin de souligner la thématique du lieu. Tout en haut de l’édifice se trouve un restaurant panoramique avec une vue imprenable sur Dublin. L’entrée coûte assez cher (14€) mais elle vaut vraiment le coup, la visite s’articule les 6 étages de la structure, on découvre l’histoire de la Guinness, le processus de fabrication, la commercialisation, … La Guinness est produite à partir d'eau, de malt d'orge, de houblon et de levure de bière.Une partie de l'orge est brassée et cuite à la vapeur, puis torréfiée pour donner à cette stout sa couleur et sa saveur caractéristiques. L'orge utilisée provient exclusivement d'Irlande, tout comme l'eau qui est pompée à la source Lady's Well dans les montagnes du Wicklow. Une très belle collection des fameuses publicités Guinness se trouve à l’avant dernier étage, ainsi qu’une harpe celtique d’époque (l’emblème de la marque) Nous passons plus de 2 heures ici,

    et tout en haut au restaurant panoramique nous avons droit à une pinte gratuite (vu le prix de l’entrée, c’est le minimum), la serveuse est française !!! Nous discutons alors un moment avec elle, comment ça ce fait qu’elle a atterrit là ?

    Il est 17h00, grand temps de se trouver un camping pour ce soir et pas trop loin d’ici, dans le guide il y en a un à Clondalkin dans la banlieue de Dublin. Donc on prend la M50 (la rocade de Dublin), en roulant vers le sud nous sommes pris dans des bouchons monstres à cause de gros travaux sur la voie. Et pour trouver ce fameux camping, quelle galère !!!! On tourne pendant au moins 1 heure dans la banlieue, impossible de trouver un panneau indiquant Clondalkin, … on se perd dans la banlieue, nous demandons mais rien n’y fait on n’arrive pas à trouver cette fichue ville, c’est pourtant pas une ville fantôme !!!! On s’en voit de toutes les couleurs !!! Nous reprenons la rocade dans l’autre sens, c’est pareil, pourtant nous sommes bien dans le secteur d’après la carte, ce n’est pas possible. Et 3ème tour sur la rocade vers le sud, on retourne à droite sur la M7 vers Portlaoise (bons souvenirs de cette ville Chris !!) et par miracle nous trouvons Clondalkin !!!!!! Et le camping Camac Valley qui se trouve en bordure d’autoroute (pas génial) mais bon on s’en contentera, c’est déjà inespéré d’être là !!! Chris va à l’accueil et prend une nuit pour 3 pers et 2 tentes plus 1 nuit supplémentaire pour 2 pers et 1 tente (et oui demain soir Paskal ne sera plus des notres !!) ok tout roule. On s’installe en bordure de chemin car on ne peut pas s’avancer avec les voitures sur la pelouse, et une fois les tentes debout, un type vient nous voir et nous conseille de mettre plutôt nos tentes à l’abris contre la haie plus loin, car la météo annonce de la tempête pour cette nuit. C’est bien sympa de sa part que de nous avertir, nous nous déplaçons illico vers la haie devant nous. Il est grand temps de repartir pour Dublin afin de retrouver le copain de Paskal, pourvu que le retour ne soit pas aussi difficile pour retrouver le camping tout à l’heure, surtout avec quelques pintes de Guinness en plus dans le gosier… nous arrivons au centre de Dublin sans problèmes, nous sommes même les 1ers à l’aiguille d’O’Connell street,

    petit coup de téléphone à son pote, et voilà qu’ils arrivent. Ah oui le pote à Paskal a bien une tête de basque, pas de soucis, je l’aurai deviné entre 1000 !!! Ils sont 4, Xabi (le pote de Pask), sa copine (une française) et un couple d’amis à eux (aussi français). En fait Paskal ne connaît que son pote du groupe, je pensais qu’il les connaissait tous. Le temps de discuter du voyage et de tout le reste, ils nous demandent où est ce que l’on voudrait manger, « dans un resto irlandais avec de la cuisine traditionnelle d’ici ? » (Comme nous faisons à chaque fin de voyage) j’ai cru que je ne parlais pas français, ils m’ont tous regardé avec des yeux !!! Je n’ai pas dit une connerie au moins ? Xabi nous dit qu’en fait ici à Dublin il n’y a pas de restos de gastronomie irlandaise, ce ne sont que des restos, italiens, français, espagnols, tex-mex, américains, … bah fait chier, on ne va pas en Irlande pour ce retaper de la cuisine française … ça daille, on en mange à longueur d’année !!!! Ben en tout cas eux ils voient pas où à part des restos étrangers. Et oui les irlandais, comme tous les pays anglo-saxons la gastronomie c’est pas leur priorité dans la vie. Avec Chris on s’écarte un peu du groupe tout en marchant et on se dit qu’on va pas faire chier notre monde ; si ils veulent aller dans un resto étranger bon ben on va y aller, on se fera un bon resto demain soir tout les 2. Et on se retrouve dans un resto américain, pour becter un … steak frite, comme à la maison … c’est pas bien grave l’important c’est qu’on soit tous ensemble. Le pote à Pask travaille pour Helwett Packard à Dublin et sa copine travaille dans un restaurant. Apparemment ça paye bien, mais dès qu’on leur parle des cotisations retraites et de la sécurité sociale ici, ben ça reste un peu flou, il ne faut pas tomber malade en fait. Et depuis plus de 6 mois qu’ils sont ici, ils n’ont toujours pas visité l’île !!!! Ils n’ont pas de voiture. Moi à leur place je serais tous les week end à me balader !!!! On termine la soirée dans un pub bien militant à proximité d’O’Connell street, la déco est terrible, fan des Beatles (tiens y’a pas que nous !!), et de la lutte pour l’indépendance irlandaise, je pense que l’on va bien s’entendre avec le patron, surtout avec Paskal car il a vu un autocollant drapeau basque sur le mur. Xabi nous raconte que ce pub est un des plus vieux de Dublin, et que c’est un lieu de rassemblement pour beaucoup de français vivants à Dublin et qu’eux y viennent souvent pour être entre français, avec Christophe on se fait la réflexion : on ne doit pas avoir la même conception de l’intégration dans un pays étranger et qu’à leur place on irai voir et se mélanger avec la population autochtone, ça ne sert à rien d’aller dans un pays étranger si c’est pour se retrouver entre français, à ne parler que français, manger français, … Enfin bon. La soirée se passe bien, mais il est temps de rentrer pour nous, car si on met autant de temps que la 1ère fois à retrouver le camping, on n’est pas encore sous la tente !!! En fait on retrouve la route assez facilement, il c’est mis à tomber quelques gouttes de pluie, mais quand nous arrivons au camping, surprise !!! Le grand portail d’entrée est fermé !!!! Comment va-t-on faire ? Escalader la grille et laisser la voiture dehors ? … Je vais voir et en fait il n’était que poussé, nous entrons doucement sans faire trop de bruit. Effectivement la nuit est très venteuse, la haie derrière nous bouge pas mal mais nous sommes bien abrités.