08 juillet


le trajet d'aujourd'hui : lac Mývatn, Akureyri, Glaumbaer, Blönduós.


  • Je me réveille ce matin il est 08h00, et mon petit doigt me dit qu’il fait frisquet dehors, après m’être bien emmitouflé sous le bonnet, je vais vérifier à mon thermomètre, et le verdict tombe : 05°C !!! Diantre pas possible !!!! Et dire qu’on est en plein mois de Juillet et qu’en France on a déclenché le plan canicule si ça se trouve … Je vais vérifier la température à la voiture, c’est sensiblement la même chose : 06°C …

    J’ai encore 2 doigts de la main gauche de tout engourdis depuis Askja, quand même 4 jours après, j’ai dû les avoir de gelés. Le temps est toujours aussi couvert, c’est donc un temps idéal pour … une bonne douche à l’eau sulfurée !!! Je vais faire le téméraire et j’y cours tout droit, bon je vois que la cabine de douche est toujours aussi petite que la dernière fois (je pensais qu’elle se serait agrandie dans la nuit …) c’est excellent réglée à fond (42°C) j’y reste bien ¼ d’heure, c’est tellement bon et puis cette odeur d’œuf pourri n’est pas si désagréable que ça. Il va bien falloir que je me lance dans la partie la plus délicate de cette douche : l’essuyage avec 5°C de température ambiante … allé 1, 2, 3 et j’éteins l’eau et je commence le séchage express qui se révèle moins douloureux que prévu. Pour le coup je suis bien réveillé là, et je m’attaque au petit dèj avec le nouveau pot de confiture de rhubarbe (la rabarbarasulta en pot de 900g) acheté chez Bonus, mmm toujours aussi bon la rhubarbe. Je me fais aussi une petite lessive du bas du jean’s qui est sale, j’en profite tant que j’ai l’eau chaude du camping, démontage de la tente mais elle est pleine de rosée. Je quitte le camping de Reykjahlíd il est 09h30, je passe à la poste mettre ma dernière carte postale, je m’en vais de Mývatn heureux comme un pape, au revoir Mývatn, excellent souvenir !! Heureusement que je prends la N1 car je patauge dans le brouillard cette région du nord de l’Islande entre Mývatn et Akureyri est très agricole, beaucoup d’élevage et de prairies à fourrage, nous sommes en plein dans la période de l’ensilage. C’est marrant les paysans pour ne pas perdre de temps, laissent leurs tracteurs sur le champs d’un jour à l’autre et rentrent chez eux en 4x4. Non mais c’est moi qui suis bandé ou je ne vois pas bien ? Depuis le début du voyage la ligne blanche au milieu de la N1 et toute biscornue, l’entreprise de peinture qui fait le marquage au sol en Islande doit embaucher des alcooliques, toutes les lignes continues et discontinues sont de travers. Un truc aussi toutes les voitures sur l’île sont équipées de système qui allume les veilleuses ou les phares au démarrage du moteur, comme les phares sont obligatoires en plein jour. Au bord de la N1 de grands panneaux indiquent la température extérieure et une autre donnée avec un « V » et un chiffre, peut-être la force du vent ? L’entretien des bords de routes (ramassage des détritus, nettoyage aires de repos, …) sont fait par des adolescents (sûrement payés) pendant leurs vacances, ça me surprend beaucoup car c’est pas en France qu’on verrai des jeunes travailler pour le bien public avec application.
    J’arrive à la cascade de Goðafoss en bordure de la N1, la rivière Skálfandafljót qui l’alimente est d’un très beau bleu/vert laiteux, ça doit être la fonte des neiges (on avait vu à peu près le même phénomène à Lillehammer en Norvège il y a 2 ans), cette cascade n’est pas bien haute (12m de haut et 30m de large), elle a une histoire atypique : en l'an 1000, le parlement Islandais (l'Alþing) décide le passage au christianisme. Les idoles de l'ancienne religion nordique sont alors jetées dans cette chute, le nom Goðafoss signifie « la chute des dieux » en souvenir de ce tragique épisode.

    Elle est très belle car elle tombe en 2 bras bien distincts. Je me coltine toujours un brouillard de fou, j’arrive à Akureyri la grande ville du nord de l’Islande, cette rivale de Reykjavik est une mégalopole de 17.000 habitants qui en fait la 2nde ville de l’île !!! Akureyri est situé au fond d’un fjord, malheureusement je la vois dans le brouillard, ça daille vraiment car la région est montagneuse.

    Je me gare à l’entrée de la ville au parking derrière le point I, alors à Akureyri y’a rien à faire mais alors rien du tout, c’est vraiment la ville inintéressante par excellence !!!! Je me promène quand même le long de la rue commerçante en faisant les boutiques, j’entre dans un magasin de vêtements islandais et je vois des pulls en laine d’Islande en solde vraiment pas chers à 3500 isk, je me tâte vraiment pour en prendre mais bon non je les laisse. Je remarque que les islandais ne possèdent pas d’animaux domestiques, ça ne doit pas être dans les mœurs. Le seul truc de très intéressant dans cette ville c’est le jardin botanique (6000 fleurs, arbres et arbustes du monde entier et 400 plantes endémiques d’Islande) il est très bien entretenu par une quinzaine d’ados qui vont à leur rythme, je n’arrive pas à imaginer ça chez nous des jeunes passant leurs vacances à désherber à la main les massifs des parcs publics.

    Je m’installe sur un banc et je mange mon sandwich que je me suis emmené dans le sac et je termine la visite par les plates bandes de la flore arctique. 15h00 sonne à l’église Akureyrikirkja, le carillon est le même que Big-Ben à Londres (copieurs, copieurs !!!) cette église récente (1940) est très épurée à l’intérieur, toute blanche. Elle est construite toute entière de basalte et c’est le même architecte qui à réalisé la célèbre église de Reykjavik.

    Ces pulls soldés que j’ai vu tout à l’heure me taraudent l’esprit, allé je reviens à la boutique des pulls islandais, je les scrutent, je repère ceux qui me plaisent, je fais aussi mes comptes pour savoir combien je peux dépenser en souvenirs, et puis au dernier moment je ne les prends pas, j’espère que je ne vais pas le regretter, pourvu qu’il y ait les même à Reykjavik le dernier jour. Je m’arrête au Bonus faire quelques courses et prendre de l’essence en prévisions de la F35 pour demain, et là je m’aperçois que le 4x4 est un diesel !!! Pourtant le gars de chez Hertz à Egilsstaðir m’avait certifié que c’était un essence, mais ça ne m’étonne pas car j’avais remarqué qu’il ne consommait pas beaucoup pour un 4x4 (6.2l/ 100km). Bon le diesel est plus cher au litre (194 isk/l) par rapport au sans plomb mais c’est sûr je m’y retrouve au niveau conso. Je me rends ensuite au guichet de retrait de la banque Landsbankinn pour prendre un peu de monnaie et là surprise : rien à faire, la distributeur ne veut rien savoir, il me marque systématiquement qu’il y a une erreur avec la carte et « EMV problem », j’essaie dans une deuxième banque mais c’est pareil !!!! Pourtant y’a pas 10 minutes que je m’en suis servis pour prendre de l’essence … J’espère que j’en encore des sous sur mon compte, peut-être qu’Hertz c’est déjà retiré la somme pour l’accident, mais quand même. Cette affaire me chagrine au plus haut point, comment je vais terminer le voyage ? Je n’ai plus qu’à retourner direct à Reykjavik et attendre pendant 1 semaine sur place pour partir, bah non ça craint trop. Bon j’ai le plein du 4x4 c’est déjà ça, je peux me déplacer. De toute manière je ne peux que continuer ma route vers l’ouest, je vais aller jusqu’à Blönduós, le dernier village avant la piste F35 et je verrai bien là bas, y’aura sûrement un distributeur de billets, car c’est possible que ce soit les terminaux à Akureyri qui déconnent.
    Je continue alors ma route vers l’ouest, entre Akureyri et la route 76, de très belles vallées glaciaires très larges, ça me fait penser au Pyrénées, il fait 18°C. C’est très agricole, très vert, pas mal de vaches, comme quoi l’Islande c’est pas que des déserts volcaniques.

    Les paysans font les foins d’ensilage, le soleil qui est si vite apparu, disparaît d’un seul coup vers Varmahlíð, le ciel se couvre rapidement et la température chute à 09°C, je l’ai ressenti d’un seul coup. Ici ce trouve la ferme Glaumbaer, un musée de maisons de tourbe dans la plus pure tradition scandinave (il y avait le même style en Norvège), la tourbe et le toit enherbé ont un rôle d’isolant contre le froid,

    il y a un type qui passe le rotofil pour nettoyer les abords des maisons, je voudrais bien le voir passer le rotofil sur les toitures, ça doit être assez curieux.
    Je rejoins Blönduós, la dernière ville avant la piste F35, donc dernière possibilité de retirer du cash, y’a pas moyen faut que ça marche.

    Bon il y a une banque avec un distributeur automatique c’est déjà bien, j’essaye de retirer avec ma carte bancaire, et même réponse qu’à Akureyri : « EMV problem » juste après avoir choisi la langue, ça commence sérieux à m’énerver et la banque est fermée. Je nettoie bien la piste de la carte mais c’est toujours la même réponse, une islandaise vient aussi retirer mais pour elle aucun soucis ça marche, je n’y comprends plus rien, pour me changer les idées je vais voir l’église de Blönduós sur les hauteurs du village, une église ultra moderne tout en béton et de forme très bizarre, en fait elle est sensée représenter un volcan et son cratère, oui bon faut essayer d’imaginer mais c’est pas évidant au 1er abord.

    Il commence à se faire tard ce soir, je décide de partir un peu plus loins dans la pleine nature pour installer la tente dans un pré qui vient d’être fauché en contre bas de la route.

    Pour résoudre ce problème je téléphone à St Martial pour qu’ils se renseignent à La Poste dès demain matin (et oui c’est ma banque, j’ai pas honte, c’est une très bonne banque), bien sûr personne ne répond … pour ne rien arranger à l’affaire je subis une attaque d’un escadron de moustiques, vite la moustiquaire sur le visage, je suis sauvé de ce côté-là, c’est sûrement à cause du lac à côté de ma tente. 20h00 je suis déjà installé, c’est la 1ère fois si tôt dans la soirée. Enfin j’ai St Martial au téléphone, j’explique à maman mon problème de carte bancaire, elle téléphonera demain matin au centre financier de Bordeaux demain matin à la première heure. Pour ce soir je me prépare une bonne gamelle de blé à la tomate et saucisses, c’est un régal. Faut dire aussi que j’adore le blé. Je me prends le bon gros pull de laine car la fraîcheur est tombée, je m’enferme dans la tente et je feuillette un numéro de Marianne que je me suis emmené. Il est 22h00, je fais bouillir de l’eau pour une bonne tisane à la camomille (ça apaise le sommeil) et hop je me fourre dans le duvet. Le temps est couvert sans brouillard, 8°C. Je passe une bonne nuit.