10 avril 09

le trajet d'aujourd'hui : Los Tablones, Pampaneira, Bubion, Capileira, Juviles, Ugijar.


  • Bonne nuit à part un réveil avec fracas sur le coup de 02h00 du matin, un con de clébard à aboyé pendant 5 secondes juste derrière la tente ... Je l'aurai maudit, je dormais trop bien, en plus je rêvais que j'arrivais 3ème au marathon des JO, comme quoi les rêves ça mène à tout. Il fait 10°C dans la tente ce matin et quelques rayons percent la toile, je me lève à 08h15, la tente est sèche. Pour le ptit dèj il va falloir rationner le beurre surtout que les magasins vont être fermés car le week-end arrive. La route grimpe sec jusqu'à Pampaneira, je prend en espagnol en auto-stop 50 ans style hippie avec chapeau de paille vissé sur la tête, hyper sympa le type en plus il parle pas trop mal le français avec un accent très coulé, sublime !!! Il va rejoindre son étal dans le bourg de Pampaneira car aujourd'hui c'est jour de marché. Il me dit qu'il a beaucoup neigé cette année, c'est bon pour l'agriculture, les forêts et les rivières car ils viennent de passer 4 ans de sècheresse, il me dis aussi que si je passe par la place du village je le verrai, très sympa. Il me demande aussi d'où je suis : "France, Bordeaux", il connait il a fait les vendanges dans le Médoc, je lui dit que c'est que des grosses familles anglaises qui possèdent ces châteaux viticoles dans le Médoc car il y a de la "money", il me rétorque alors que c'est pareil ici y'a que des anglais ils sont partout, je lui répond : "oui ils sont partout, même à Gibraltar !!!" il se met à rire mais ça ne l'enchante guère de voir les anglais ici car ils achètent la moindre maison à des prix exorbitants et font donc monter le prix de l'immobilier et les locaux ne peuvent plus se loger ici. Ben on a le même problème chez nous aussi en France.

    Il est 10h15 et déjà beaucoup de monde, le parking à l'entrée du bourg est plein mais j'arrive à me trouver une petite place qui fera l'affaire. Je me rends au point I pour des infos sur le chemin de rando qui va à Capileira, c'est bon ce chemin existe et il commence dans le centre bourg mais je perds vite le fil du sentier dans toutes ces ruelles, un vieux me vois en train de chercher et m'indique le bon chemin, la structure extérieure des maisons est spéciale elles sont blanches ok, mais les murs sont granuleux comme crépis et les toitures sont plates recouvertes de gravillons fins avec de grosses cheminées blanches cylindriques. Le sentier n'est pas fatiguant et offre de jolies vues sur les toits de Pampaneira, de toute évidence cette route est très empruntée par les randonneurs.

    En arrivant à Bubion, je m'arrête quelques instants dans l'église pour sentir cette sérénité qui se dégage d'ici, un peu de repos ça fait du bien à l'esprit.

    C'est reparti pour Capileira, le 3ème et dernier village blanc du défilé de Poqueira, il fait 16°C et nuageux par endroits, limite temps lourd. J'ai une faim de loup je me ferai bien un petit resto mais le menu du jour à 12€ pour pas grand chose, ça ne me dit trop rien, je fais un replis stratégique sur les galettes bretonnes qui se trouvent dans mon sac à dos, coup de l'opération : 0,4€ ... Je redescend à Pampaneira il est 13h30 et pas mal de vent, je m'achète un de ces draps locaux "les jarapas" bien épais, ils sont vraiment pas cher. Le ciel se charge sérieux, de gros nuages noirs orageux, je crains le pire pour la suite de la journée surtout pour ceux qui sont partis à pied vers Capileira. Le vent souffle de plus en plus et fait tomber les tréteaux des marchands de jarapas, je revois aussi mon type de ce matin devant l'église en train de vendre des herbes aromatiques. 14h30 je mange au parking de la 206 il tombe quelques gouttes, pendant ce temps un espagnol est en train d'attendre depuis 10min ma place de parking sans broncher, une fois que je lui libère la place il était super heureux. Je reprends la route vers Orgiva quand je me rend compte que je me suis loupé la route pour Trevelez, je remonte à Pampaneira mais point de panneau Trevelez, avec le monde qu'il y a au village et une file de voitures sur plusieurs kilomètres, reusement que j'y étais ce matin !!! Je ne risque pas d'entrer au village je vais être pris dans un bouchon monstre, je fais 1/2 tour comme je peux et rebelotte je redescends, y'a des vendeurs d'oranges et citrons au bord de la route : 2€ le filet énorme d'au moins 3 kg !!! Tiens mon gars herboriste il a trouvé quelqu'un pour le redescendre. Toujours pas de panneaux, je vais faire le détour par la Sierra de la Contraviesa, là où les gros nuages de tout à l'heure se sont amoncelés. La région n'a pas l'air mal non plus, je m'arrête un peu et j'en profite pour ramasser quelques amandes sous un champs d'amandiers, j'adore ça !!! La route est de plus en plus sinueuse jusqu'à Juviles et assez étroite, reusement qu'il n'y a personne en face.

    Le paysage devient de plus en plus aride et un vent du tonnerre souffle emportant de gros nuages de poussière. 17h30 et 12°C, la fatigue commence à me surprendre, maintenant je roule pour rouler, enfin avancer ... les villages blancs j'en suis gavé, peux plus les voir !!! maintenant les champs d'oliviers et d'amandiers ne sont plus clôturés mais ils sont inaccéssibles: les chemins d'entrée sont trop raides et défoncés, c'est pas la 206 version 4x4 que j'ai ... sans compter que les champs sont souvent labourés, peux pas installer la tente là car pour le coup c'est mon dos qui va être labouré !!! Je trouve enfin un champs d'oliviers en terrasse à 19h00 après Ugijar mais le proprio fait de l'irrigation par canaux à travers la parcelle, pour entrer ça va mais au bout de 20m un canal traverse le chemin, je pose des grosses pierres à la largeur des roues dans le canal pour ratrapper le niveau du sol, impec !!!

    En plus l'herbe vient d'être tondue de frais sous les oliviers, c'est nickel. Je me met à casser les amandes trouvées cet aprèm, pour le plantage de la tente ça se passe pas trop mal surtout pour les sardines qui s'enfoncent comme dans du beurre, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas !!! Je m'attelle à l'apero en lisant Marianne avec un article copieux sur les amis du "petit Nicolas" ...

    Arrive 20h00 je commence le repas de ce soir : bouillon, couscous, saucisses, gâteau et orange. Ce gâteau est ouvert depuis 1 semaine et il n'est toujours pas sec !!! je trouve que la ration de couscous dans un sachet est bien trop petite pour mon gros appétit, allé hop je rajoute une grosse part de semoule !!! voilà ça c'est de la ration !!!! la gamelle au 3/4 pleine si ça me tient pas à la brioche ça. Avec ce vent je mange dans la 206, 20h45 j'ai fini de mangé et la vaisselle faite, je viens d'établir un nouveau record : 2 jours d'affilé à finir un repas avec le soleil !!! Je termine ma journée en modifiant mon plan de parcours, marre des villages blancs j'arrête là las Alpujarras et je vais descendre vers Adra puis Almeria pour visiter l'Alcazaba, ville qui au départ n'était pas prévu au programme. Je continue à lire Marianne, 22h00 j'ai les lèvres gercées comme c'est pas permis, le labello vient à ma rescousse pour calmer la douleur avant d'aller me coucher.