11 juillet


le trajet d'aujourd'hui : Kerlingarfjöll, Geysir, Flúðir, route 32, F225, Landmannahellir.


  • Je me lève à 08h30, la nuit c’est pas trop passée et j’ai bien moins mal au dos qu’hier matin. Le ciel est couvert mais le vent c’est calmé, il fait 10°C. Je regarde vite fait le double toit de la tente, c’est au poil il est sec. Aux sanitaires il y a un groupe de personnes faisant la traversée de l’Islande à cheval, ils sont partis d’Isafjóður et vont rejoindre Selfoss en traversant le désert intérieur par la route du Kjölur (F35), en fait le groupe de chevaux à proximité de la tente, c’est les leurs.

    Le soleil tente des percés entre les nuages. J’avale le petit dèj, je plie la tente sèche et je décolle à 10h00, tchao les Kerlingarfjöll et au plaisir de se revoir !!!!

    Le dernier gué traversé avant-hier sur la F347 était assez important et ce matin effectivement il est bien moins important à cause de la fonte des neiges (comme indiqué sur le guide).

    La piste F35 est de plus en plus bonne au fur et à mesure qu’on tire vers le sud, je m’arrête au lac glaciaire Hvítárvatn accolé au glacier Langjökull, c’est un des plus grands lacs d’Islande avec 30 km², mais je ne peux aller sur la berge car la plaine marécageuse est bien trop importante, à proximité il y a un très beau refuge de style viking. Je retourne donc vers la F35 et je refranchi le gué sur la rivière Svartá.

    La piste est quasiment plate ça sent la fin du désert intérieur qui est d’ailleurs signalé par un énorme cairn en bord de route, chaque voyageur y dépose une pierre. En dessous, il y aurait une paire de bottes trouées laissée là par un ouvrier de la route sous le tas de cailloux.

    Voilà je quitte la piste pour reprendre la route goudronnée qui mène très vite aux chutes de Gullfoss, et là quelle surprise, un monde fou, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une foule pareille, et quel contraste de tomber sur ça alors que je viens de passer quelques jours dans le désert !!! Le parking est bondé, il y a bien une bonne 15ène de bus et une 100ène de voitures, y’a pas c’est l’attraction touristique de l’Islande ces chutes, la boutique de souvenirs est bondée, il doivent faire une chiffre d’affaire astronomique les propriétaires, je n’ose pas imaginer les prix). Et à la cascade aussi il y a du monde !!! En fait c’est une succession de 2 cascades, la 1ère pas très impressionnante mais la 2ème est terrible, très large et très profonde, elle tombe dans un étroit canyon qui fait remonter les embruns d’eau. Gullfoss est originale car les 2 chutes se succèdent en angle droit (90°), la rivière qui tombe de cette cascade est la Hvítá.

    Il est 14h30, je m’arrête manger sur un chemin privé et comme je n’ai plus beaucoup de pain de mie, je me fait une purée/jambon, bien sûr je rajoute trop d’eau et ma purée est plus liquide qu’autre chose …, je vois à quelques kilomètres le site de Geysir qui s’agite. Je continue ma route un peu plus loin pour arriver au site légendaire de Geysir, il a donnée son nom à tous les phénomènes similaires dans le monde. Mais quel est le principe de ce phénomène ? Ce n’est pas bien compliqué : les geysers résultent du réchauffement des eaux infiltrées dans le sous-sol par le magma qui remonte très près de la surface. Au contact de la roche en fusion, l’eau se transforme en vapeur et lorsque la pression devient trop forte, une colonne d’eau bouillonnante et de vapeur se forme et se propulse en un jaillissement extérieur, puis la faille se reremplit à nouveau pour un autre cycle. Donc le site de Geysir, là aussi pas mal de monde pour admirer le phénomène, mais c’est vrai qu c’est assez drôle de voir cette explosion d’eau toutes les 5 minutes. Je serai curieux de connaître la pression de l’eau au moment fatidique. En fait sur le site il y a 2 geysers, le 1er : le Grand Geysir éteint depuis le début du XXème siècle, bouché par les touristes qui y jetaient des cailloux au milieu… il montait jusqu’à 60m de hauteur.

    Et le 2ème : le Strokkur à quelques dizaines de mètres du Grand Geysir, qui lui est sacrément actif !!! Toutes les 6/7 minutes il explose, c’est un sacré travailleur !!! Lui il monte jusqu’à 30m au meilleur des cas.

    C’est fou le monde qu’il peut y avoir autour du Strokkur à attendre pour prendre la photo ou filmer la scène, on dirait des paparazzis, mais bon je fait pareil alors … Un italien à côté de moi s’excite à tout va et crie à sa mère : la bulla, la bulla !!! Quand la bulle du geyser se forme. Tiens ce jet là n’est pas monté bien haut, un français dit à sa femme : « il est pas monté beaucoup celui là » l’air désolé et je me retourne en lui répondant en rigolant : « et vous à son âge vous montiez beaucoup ? » il s’est mis à rire !!!! Je me promène ensuite un peu plus haut au niveau des bassins d’eau chaude de Blesi, Ils contiennent la même eau car ils communiquent par le sous-sol, mais alors que l'un est bleu opale, l'autre est beaucoup plus transparent. Cela est dû à la silice en suspension dans l'eau. Plus la température est élevée, plus la silice est soluble dans l'eau et moins l'eau présentera de silice en suspension. Une eau plus froide sera donc plus bleue car la silice en suspension donne une coloration bleue opale à l'eau. La différence de couleur entre les deux bassins de Blesi est donc due à une différence de température de leurs eaux.

    Ces 2 sites (Gullfoss et Geysir) sont vraiment des pompes à fric pour l’économie locale, c’est la 1ère fois que je vois autant de monde en 2 semaines que je suis ici. Devant le Strokkur tout le monde attend un très haut jet de ce dernier (car tous les jets ne sont pas de même hauteur, il peut se passer 1 heure avec des petits jets) mais il ne vient pas ce n’est que des jets à 10/15m de haut pas plus, les gens se détournent petit à petit du geyser et je sens le coup venir, ça fait bien 10 minutes qu’il n’a pas jaillit, je suis sûr, le prochain va être énorme. Effectivement il jaillit sur une hauteur impressionnante, tout le monde le loupe pour la photo et moi je suis en train de le filmer !!!!! Tout les gens sont dégoûtés et moi j’ai le phénomène dans toute sa beauté gravée sur la carte SD de l’appareil photo. Je m’amuse ensuite à prendre avec le mode rafale la formation du geyser pour voir la décomposition au ralenti de la bulle.

    Je commence à vraiment être embêté car je n’ai toujours pas de stylo pour écrire dans mon carnet de voyage, il faut absolument que j’en achète un aujourd’hui, je trouve un petit magasin à Flúðir, bon pas moyen de trouver un stylo dans la superette, je m’achète des galettes et en arrivant à la caisse je vois les affaires scolaires, c’est bon y’a des stylos, mais faut voir les couleurs : jaune fluo, gris argenté, rose clair, … et en couleurs normales ce ne sont que des marqueurs … comme je n’ai pas le choix je prends un stylo gris argenté, évidement y’a pas le prix. Je passe en caisse, et une bonne douloureuse pour un malheureux crayon : 500 isk !!!! (4€), et bien j’ai pas intérêt à le perdre celui là. C’est vraiment pas la classe ce stylo, j’y vois rien qu’en j’écris avec, heureusement que j’ai déjà fait les cartes postales. Toujours à Flúðir, je mets le plein d’essence avant d’attaquer le désert du volcan Hekla et la région du Landmannalaugar, j’en profite aussi pour laver le 4x4 (et mes pieds ) car il me fait honte couvert de poussière, j’y voyais peine à l’intérieur. 2 françaises veulent aussi laver leur Yaris mais ne savent pas comment s’y prendre et où payer, je leur montre et on parle de toute cette poussière qui entre dans les voitures, c’est dingue !!

    Je prends la route 32 et direction l’Hekla, on le voit de loin avec son sommet enneigé, après les vertes prairies de la région de Geysir me voilà dans un désert de sable noir, de scories et de bombes volcaniques, c’est un paysage splendide. Le volcan Hekla (1490m) à eu sa dernière éruption en mars 2000, autrefois la croyance locale voulait que ce soit l’entrée des enfers, c’est un des volcans les plus actifs d’Islande et a produit l'un des plus grands volumes de lave dans le monde au cours du dernier millénaire, soit environ 8 km³.

    Il fait 16°C, je contourne l’Hekla et j’entre dans la réserve naturelle de Fjallabak où se trouve le site célèbre du Landmannalaugar. Je me tâte pour savoir si ce soir je fais du camping sauvage ou je pousse jusqu’au camping du Laugar tout en sachant que je me trouve dans une réserve naturelle et qu’en principe je n’ai pas le droit de faire du sauvage. En plus je suis assez en avance sur mon parcours, je ferai la grosse rando demain. Les paysages reverdissent un peu dans la réserve, quel contraste saisissant avec le noir de la lave, c’est grandiose, je traverse un 1er petit gué, la température est tombée à 11°C, voilà un panneau du camping que je le lis rapidement et en prend la direction, un 2ème gros gué m’attend sur la rivière Helliskvísl, si ça c’est pas des paysages grandioses, ben je sais pas ce que c’est alors !!!

    Voilà j’arrive au camping, il n’y a vraiment pas grand monde (5 tentes) sur ce grand pré, c’est trop bon. Je me pointe à la réception et la dame très sympa me demande combien de nuits ici, je lui réponds 2 nuits et elle comprend 1 !!! Je vois que la nuit avec tente c’est 750isk, je lui donne alors 1500isk mais elle ne comprend pas. « Non !!! C’est pour 2 nuit ici », ha ok pour 2 nuits, bon pas de problèmes. Je me monte la tente près de la rivière Helliskvísl, en espérant qu’il n’y ait pas une grosse crue cette nuit !!! Le ciel c’est bien couvert. Il est 21h00, il faudrait que je pense à préparer le repas de ce soir et au menu : riz cantonnier on y est !!! Et oui du riz cantonnais/saucisses, avec du Skyr abricot/muesli en dessert et bon gros bouillon pour commencer. Mais un gros vent se lève donc je termine la cuisson et le repas sous la tente.

    Il n’est pas très tard ce soir, j’en profite pour me promener aux alentours du camping, les sanitaires, les douches payantes mais un truc me turlupine depuis que je suis arrivé ici : ça me semble bizarre, ça ne correspond pas trop à la description du camping du Laugar que j’en ai eu sur internet avant de partir et sur mon guide, c'est-à-dire je n’ai pas vu de gros gué juste 50m avant le camping, pas de sources d’eau chaude naturelles, pas non plus le fameux vieux fourgon qui sert d’épicerie, pas de départ de rando, … Bizarre, bizarre …Je pense que le camping où je suis est un 2ème camping que personne ne mentionne sur le net, j’aurais dû continuer à droite au panneau du camping de tout à l’heure et pas prendre à gauche comme indiqué. Mais alors le site proprement dit du Landmannalaugar est à combien d’ici ? 1km, 5km, 10km, 20km ? J’en sais rien. Il est 23h00 avec un très beau 8°C et il commence a tomber quelques gouttes, ça va laver le 4x4 qui est resté propre ½ heure aujourd’hui !!! Par contre ça craint du boudin si il pleut pour demain. Enfin bref, on verra bien. J’enfile comme tous les soirs mon collant en polyamide et mon tee-shirt en polyamide aussi, c’est ridicule comme tenue mais ça tient bien chaud, je me glisse dans le duvet qui va bien.

    Des italiens sont arrivés il y a 2 heures à 3 4x4 et se sont installés pas loin de moi, jusque là pas de soucis, mais on entend qu’eux, ils foutent un de ces bordels, comme si le désert islandais n’était pas assez grand … Et bien un 2ème troupeau d’italiens arrive et se met entre les premiers et moi !!! Quelle poisse je dois les attirer … je suis vraiment gâté ce soir. En plus ils galèrent terrible pour monter leur grosse tente igloo, ça doit être la 1ère fois qu’ils la montent. Ils décident maintenant de se faire un barbecue, comme si c’était le moment et le temps … ils veulent pas non plus que j’aille leur retourner les ventrêches ??? Qu’il fait froid ce soir pas plus de 7°C dans la tente, heureusement qu’il n’y a plus de vent.
    Merde, mais c’est pas des italiens les derniers arrivés, c’est pire c’est des russes !!! Je les avaient pas bien entendu parler, c’est vrai qu’avec leur bobine j’aurai dû y penser (bien joufflu, tête ronde et cheveux courts) des bonnes têtes de ruscoffs !!! Pour des italiens ils sont un peu trop gros, c’est vrai. Ils viennent chercher le froid, c’est vrai que chez eux c’est kif-kif avec le climat d’ici, ils ne sont pas dépaysés quand ils sortent de la voiture !!! Ils arrêtent de blaguer vers 01h00 du matin et toute la soirée c’est concours de pétomanes et de rots bien prononcés, je suis tombé sur des ours mal léchés de Sibérie ou de l’Oural … Pour écouter un peu autre chose, je fais chauffer le lecteur mp3 avec l’album de Renaud « Marchand de cailloux », un peu d’ambiance celtique ça fait pas de mal. Puis quand le sommeil me gagne je glisse dans mes oreilles les bouchons, il fait 06°C dans la tente cette nuit, donc il doit faire un tout petit 03°C ou 04°C dehors, il tombe quelques gouttes de pluie durant une partie de la nuit.