14 avril 09

le trajet d'aujourd'hui : Tabernas, La Calahorra, col de la Ragua, Guadix, Purullena, Marchal.


  • Pas trop mauvaise nuit, ça va. Un chien a parfois aboyé de temps en temps mais rien de bien méchant. Il fait un très gros 09°C et je me lève à 08h30, comme toujours grand soleil et pas un nuage. Dehors, c'est un concerto de chants d'oiseaux, j'ai du mal à croire que je suis en plein désert. Quelle haine !!! le double toit est aussi trempe dessus que dessous ... comme si j'avais balancé de l'eau dessus, je suis branque !!!! Vite vite, je l'enlève et je le mets à sécher sur un tamaris sauvage pendant que je déjeune.

    Thé caramel, ça changera du bon vieux café au lait de base. Bien sûr une voiture passe à tout allure sur la piste faisant une poussière d'enfer !!! le double toit à côté encore tout mouillé va être dans un de ces états ... après c'est un scooter et un vélo qui passent, bon ça va faire beaucoup moins de poussière ces engins. 09h30 je plie le tout après un petit rasage en bon et due forme. Je pars tranquille vers la région de Guadix par la voie rapide, c'est quand même pratique ces autovias en très bon état, la France devrait en prendre exemple. La plaine est parsemée d'éoliennes, il fait un super temps malgré les 13°C de feu, j'arrive à La Calahorra à 11h30 pour visiter le château mais comme d'hab il est ... fermé ... et comme d'hab une bonne côté à se farcir à pied pour y monter pour rien.

    La porte de la bâtisse est fermée, pourtant dans le guide et sur les infos inscrites à l'entrée il devrait être ouvert de 10h00 à 13h00. Des anglais arrivent pour me demander si le château est visitable, ben non il est fermé aujourd'hui chers amis. J'ai plus que le temps je vais monter au col de la Ragua (2000m), petite route en lacets mais sans protection sur le bord, faut faire hyper gaffe, une montée de 14km dans la forêt de pins sylvestre qui recouvre tout le versant nord de la Sierra Nevada. J'arrive en haut, tout est fermé, de gros blocs de neige l'ombre sont encore là, il a dû ouvrir y'a pas longtemps, il fait 12°C là haut et un peu nuageux. Je me prend de quoi manger et je monte sur une prairie pour m'installer.

    Les premières fleurs sortent comme les crocus blancs, le vent se fait de plus en plus sentir. En descendant je me retrouve nez à nez avec une groupe de petits chamoix !!!

    je décide de redescendre vite fait vers La Calahorra à 13h30.

    Peu de circulation jusqu'à Guadix, Guadix c'est en fait la rivière qui s'appelle comme ça, mais il n'y a plus d'eau qui coule même avec la fonte des neiges, ils ont crée un joli pont, de belles allées le long de la rivière mais il n'y a pas d'eau !! cette ville me paraissant assez grande je vais direct à la Mairie me récupérer un plan de la région et des infos, il y a bien le quartier troglodyte de Guadix mais je vais voir celui de Purullena, plus petit et plus facile pour se garer.

    Purullena est un petit village à côté de Guadix réputé pour sa céramique grenadine, "d'ailleurs toute une rue est bordée de marchands de céramique". Je me dis que ça vaudrait peut-être le coup d'acheter de la céramique ici plutôt que demain car je ne sais pas où je serai garé à Grenade et elle à l'air de bonne qualité et pas très chère, donc soit. je passe de magasins en magasins à comparer les prix, les articles, il y a de tout de toutes les couleurs et surtout la céramique grenadine avec ses couleurs bleu, vert et blanc. Des assiettes aux plats en passant par les appliques aux suspensions, aux vases et aux cruches, ... tous les magasins proposent la même chose mais j'ai comme l'impression que je vois toujours de nouveaux motifs, j'y resterai bien toute la journée, j'en suis fasciné. Après quelques emplettes, je pars visiter à pied le quartier troglodyte de Purullena, on voit parfois que la cheminée et l'antenne tv qui ressort de terre !!!

    puis un jeune (très sympa, il me fait penser direct à Paxkal, même tête, même gentillesse) me propose contre 1€ symbolique de me faire visiter sa maison typique, bon pourquoi pas. Je reste étonné par l'épaisseur des murs, il me montre une pièce qu'il viennent d'agrandir, elle n'est pas encore chaulée, puis une autre qu'ils sont en train de creuser. Pas besoin de permis de construire puisque tout se passe sous terre !!! Il m'explique le système de ces maisons, ce sont de belles pièces en surface et toutes en enfilade dans la montagne, il me renseigne sur les problèmes de portance des plafonds voutés, l'aération, pas de porte, l'utilité du chaulage, le système pour creuser, l'agencement des pièces, les qualités de cette argile molle appelée tuf ... vraiment passionnant, très très très intéressant.

    40% de la population de Purullena vit dans ces maisons, il me laisse ensuite visiter le musée traditionnel au 2ème étage (leur musée je pense) et un 2ème musée au 3ème étage qui raconte la vie d'antan en Andalousie dans la région de Guadix.

    Brrrrr je commence à avoir froid dedans, en plus le vent s'est levé sur la terrasse extérieure. 17h30 je ressors en ayant laissé un petit mot sur le livre d'or, mon jeune guide revient me voir et je le remercie grandement ce fut très instructif. Je me répette mais ils ont un savoir vivre qui pourrait en inspirer certains en France ... 18h00, y'a un de ces monde devant l'église !!! j'espère que c'est pas une procession, pourtant la semaine sainte c'était la semaine dernière non ?

    Bon 1ère galère de la journée : trouver un coin pour dormir, pas facile quand les près sont de l'autre côté de la rivière et qu'il n'y a pas de pont !!!! Il y a bien des forêts de peupliers accessibles mais je vais rien y voir au milieu d'ici 1/2 heure. Je monte vers Lugos mais la route est en corniche et les rares oliveraies viennent d'être labourées, je vois un panneau "aire de repos" c'est interdit de camper mais bon pour une nuit, en plus maintenant y'aura personne qui viendra pic-niquer ici à l'heure qu'il est. C'est au village de Marchal.

    J'arrive à l'aire de repos, endroit rêvé avec une vue sur la montagne de tuf, j'ai à disposition 10 tables, 5 barbecue, 4 points d'eau, poubelles pour moi tout seul !!! je n'en demandais pas tant !!!! Je reste là au risque que quelqu'un ou la guardia civil arrive. 19h00, 16°C, le vent toujours là et le ciel s'est chargé de gros nuages, m'étonnerai pas qu'on en prenne une bien belle sur le coin de la tente cette nuit !!! je monte la tente contre le parapet car si il y'a du vent je serai à l'abri. Le ciel continue à se charger de nuages noirs, je l'a sent bien pour ce soir. Bordel que le terrain est dur, les sardines se tordent de rire, moi qui croyais qu'en terrain argileux ça serait comme du beurre ...

    19h30 je m'attelle à l'apero en lisant Marianne, bon allé je m'en sers un 2ème pour la route, 2/3 gouttes tombent puis plus rien. Je commence le repas sur la table, la Junta qui passe, elle me dit rien pour le camping sauvage, alors passons ... nouilles, saucisses, saucisson, omelette, va falloir aussi finir les tranches de jambon car elles commençaient à piquer à midi, un paysan passe à présent mais pas de problème. Je fini de manger à 20h45, le ciel est totalement gris et mon record est encore amélioré, décidément plus rien ne m'arrête !!!!

    mmmm je crois qu'il va me falloir une autre bouteille de gaz, je verrai bien. 21h00 le ciel est tellement gris qu'à peine assis dans la voiture que ça commence à tomber en pluie fine, ça va donner toute la nuit je pense car les nuages ont l'air accroché aux montagnes. Il pleut par averses régulières, je reste dans la 206 pour étudier un peu Grenade, ça fait chier quand même : il fait beau pendant tout le voyage (je compte pas les 2 premiers jours) et le jour qui doit être la cerise sur le gâteau il va pleuvoir ... 22h00 une accalmie, y'a même des étoiles dans le ciel, 11°C je m'engouffre dans la tente au sec. Une meute de chiens aboie en contre bas de l'aire, alors c'est tous les soir maintenant ? j'entends le vent souffler dans les pins et la pluie redouble sur la toile de tente. Pour ne pas déprimer de ce fichu temps, je m'écoute un peu de musique dans le duvet.