27 juin


le trajet d'aujourd'hui : Roissy, Keflavík, Grindavík, Hveragerði.


  • Il est 05h30, le portable sonne, j’ai vraiment bien dormi cette nuit. Je replie mon matelas, afin de manger un peu, je fini mon sandwich d’hier tout en m’avançant vers les comptoirs d’enregistrement des bagages. Le temps de passer je blague un petit moment avec 2 personnes qui se rendent elles aussi en Islande. Bon c’est à moi j’espère que mon sac va passer au niveau du poids car j’ai 2 kg de trop, ils ne vont quand même pas me faire vider le sac !!! Je le pose sur la bascule, effectivement il est en surpoids mais l’hôtesse ne bronche pas une seconde, ça passe !!! Ouf !!! Je me rends ensuite à la sécurité, bien sûr rien à déclarer. Nous sommes assez nombreux dans la salle d’attente pour l’embarquement, il est 07h00, nous avons 1 heure à poireauter ici avant de partir. Mais une question me taraude : la semaine dernière sur le net j’ai vu une info qui est passée inaperçue pour pas mal de monde, d’aujourd’hui jusqu’au 09 août les contrôleurs de l’aéroport de Keflavkík sont en grève, j’espère que ça n’aura aucune conséquence sur notre vol. Il est maintenant 08h00, on devrait déjà être dans l’avion en train de décoller et toujours aucune info sur ce qui ce passe, je me doutes bien que c’est à cause de cette grève, et puis sur les écrans le retard de notre avion est mentionné mais sans dire la raison. 2 couples d’Aix en Provence sont assis en face de moi, nous commençons a discuter et apparemment ils ne sont pas au courant de cette grève, l’un d’eux me demande si je suis de Paris ? Sa femme lui répond qu’avec un accent comme le mien il est bien peu probable que je vienne de la capitale … Nous blaguons un bon moment, eux se rendent direct au Landmannalaugar, le type a imprimé des pages d’un site internet que j’ai longuement lu (http://voyageenislande.free.fr/index.htm), ce site est génial, je le recommande fortement. Donc il se renseigne sur ses pages comment franchir les gués. Nous parlons aussi foot, notamment l’équipe de France qui est minable en ce moment à l’Euro et de l’OM. 09h30 est nous avons toujours pas embarqué, ça commence à devenir stressant mais on nous a enfin averti que c’est à cause de la fameuse grève à l’aéroport de Keflavkík. Quand même on nous appelle !!! Nous montons dans l’avion, un Boeing 757-300, génial encore une place côté hublot, l’avion est plein de français et très peu d’islandais, je soupçonne ces derniers d’être assez casaniers. Il est 10h00 quand nous décollons (2 heures de retard) c’est bien là le principal. Je règle ma montre par rapport au décalage horaire (2 heures de moins), le vol dure 3 heures et ½, le repas arrive c’est omelette/jambon et pommes frites, un truc comme ça j’en aurai mangé 20 !!! Nous survolons la Grande Bretagne, puis l’océan atlantique, toujours le même effet en avion : grand ciel bleu sur une mer de nuages.

    Et puis comme un mirage je crois apercevoir une terre dans les nuages, oui oui !!! C’est l’Islande !!! Un immense glacier devant mes yeux, c’est le glacier MýrdalsJökull, une montagne de glace, vu d’en haut c’est impressionnant. Tiens les îles Vestmann, et puis nous longeons la côte de la péninsule de Reykjanes tout en perdant de l’altitude, là c’est Grindavík et au fond ce sont les fumées du Blue Lagoon, et enfin l’aéroport de Keflavkík.

    Nous atterrissons il est 12h00 heure locale, me voilà sur le sol islandais, je suis entrain d’accomplir un vieux rêve !!!! Je vais fouler cette île perdue au milieu de l’océan. Voilà nous avons atterris, nous quittons l’avion pour aller à la salle des bagages, le mien arrive dans les derniers, c’est bien cool rien n’a l’air d’avoir bouger, la tente est toujours là, ainsi que l’autogonflant et mon bâton de marche. Je fais semblant de rien en passant devant la douane car j’ai 5kg de nourriture au fond du sac alors que le maximum autorisé est que 3,5 kg, et en plus il parait que c’est très strict comme réglementation, enfin bref moi je passe sans encombres. L’aéroport est tout petit, c’est l’aéroport de l’ancienne base de l’Otan, je vais direct au guichet de la Landsbanki retirer 15.000 couronnes islandaises (isk), je profite aussi de la chutte de l'Isk par rapport à l'€uro depuis quelques mois.

    je devrais en avoir assez pour au moins la moitié du voyage. A Peine sorti de l’aéroport, un vent terrible souffle, il ne fait pas frais mais bon ça surprend quand même, et le téléphone sonne : c’est Paskal !!! Désolé mon brave Pask mais pendant 3 semaine je veux être coupé au maximum de la civilisation française, tu ne m’en voudras pas j’espère, par contre j’appelle quand même mes parents pour leur dire que je suis bien arrivé et que tout ce passe bien , c’est un minimum. Je vais chercher les clés de la voiture à l’agence Hertz de l’aéroport, j’arrive à me faire comprendre sans problèmes mon anglais ne doit pas être si mauvais que ça !!! Mais je m’aperçois vite qu’il va falloir que je fasse des efforts au niveau de mon accent … Je leur donne un voucher de location et c’est nickel la clé m’attendait, je pars alors vers le parking avec mon sac pour retrouver la voiture, c’est une Toyota Yaris flambante neuve, ça m’embête un peu car la moindre éraflure va se voir, j’ai intérêt à ne pas l’accrocher. Je monte à l’intérieur et au moment de partir je n’arrive pas à trouver la pédale d’embrayage, qu’est ce que c’est que ça !!! C’est une boite automatique !!!! Je ne sais absolument pas comment ça fonctionne … Je vais voir type à côté de moi pour qu’il m’explique comment ça marche, le temps qu’il m’indique la responsable du parc arrive à mon aide, très sympa elle monte pour me montrer et pendant 10min elle m’indique les principales choses à savoir, en fait c’est juste le coup de main (le coup de pied plutôt !!) a prendre, trop facile. En sortant de l’aéroport les panneaux indicateurs sont très bien expliqués, c’est parti pour 3 semaines de bonheur. Il tombe quelques gouttes et le ciel est très chargé en nuages mais le vent pousse tout ça, 1ère sensation le vent latéral me pousse aussi. je prends la route 43 qui traverse la péninsule, cette route droite est comme posée au milieu d’un grand champ de lave recouvert de mousses, c’est époustouflant je n’ai jamais vu ma de ma vie !!!

    et devant moi la fumée épaisse du Blue Lagoon, cette centrale géothermique de Svartsengi alimente en eau chaude toute la région, puisée à 2km sous terre où, chauffée par le magma en fusion elle atteint 240°C, elle arrive à la surface par des canalisations à 70°C, elle est ensuite refroidie à des températures acceptables pour donner de grandes piscines au bleu laiteux caractéristique,

    c’est bien trop touristique comme endroit et je ne m’y arrête pas. Je vais faire quelques courses au Netto de Grindavík, prendre du pain de mie, de la confiture, du beurre et ma 1ère boite de Skyr (fromage blanc au lait fermenté, c’est le dessert islandais par excellence !!), j’en prend une petite pour voir à quoi ça goût. Impossible de trouver le port de pêche de Grindavík, je continue donc ma route à travers les champs de lave,

    comme on peu s’en douter aucune végétation arborée ne pousse sur la lave, le vent n’arrangeant rien à la situation. La route goudronnée se termine rapidement pour se transformer en route gravée, je me tâte pour savoir si je dois m’y engager car les pistes ‘F’ ne sont interdites aux voitures de tourisme, mais non celle là n’est en fait pas une piste mais bien une route !!!

    Des les premiers mètres je comprend de suite le terme ‘tôle ondulée’ pour désigner ce type de route, des chaos dans tous les sens si je roule à vitesse réduite, il faut marcher à une allure d’au moins 60 km/h pour ne pas ressentir la surface de la route mais par contre la voiture fait une poussière d’enfer derrière. J’entre dans la réserve naturelle de Reykjanesfólkvangur (il va falloir s’y faire à ces noms imprononçables !!!).

    Me voilà au site de Krýsuvík, truffé de phénomènes géothermiques,

    c’est un site méconnu et pourtant très impressionnant, on se trouve au milieu de la zone de fissures de la dorsale médio atlantique qui traverse l’île du sud-ouest au nord-est. Il y a très peu de monde, 3 voitures et moi.Toute la colline est recouverte de solfatares, fumerolles, marmites de boue et dépôts sulfureux, je suis en extase devant ce décor inquiétant, je n’en reviens pas de voir ces trous béants où de la boue grisâtre bouillonne comme dans un chaudron de confiture !!!

    Ces bouches de fumerolles qui sifflent en envoyant de la fumée

    et les solfatares aux 1000 couleurs du rouge au jaune en passant par le blanc, l’ocre l’orange, …

    c’est géant et l’odeur !!! C’est le sulfure d’hydrogène (souffre) pour résumer ça sent l’œuf pourri dans toute la région !!! Je sens que ce voyage va me plaire. Un petit chemin emménagé sur des caillebotis passe sur les champs géothermiques car il est interdit d’y marcher dessus, le sol pouvant s’affaisser à tout moment et la terre est brûlante. C’est extra, pour une première entrée en matière en Islande, c’est un régal.

    A partir d’ici une petite rando de 3h00 commence (je conseille le petit guide de Christian Handl, édition Rother, les plus belles randos d’Islande) à travers la colline parcourant des champs de solfatares bien plus grands que ceux du site en bas, j’ai les chaussures boueuses.

    Le sol est stérilisé, pas un brin de vie ici et pourtant c’est la vie de la Terre que l’on voit, elle respire devant mes yeux.

    Des couleurs toujours aussi belles et j’arrive à un puit géothermique artisanal qui alimente la ferme en contre bas,

    je veux voir à quelle température est la canalisation et je me brûle la main !!! C’est chaud je confirme.

    Je longe la canalisation jusqu’à la route, je traverse un grand champ de cailloux et j’arrive à un 2ème champs géothermique que j’apercevais les fumées au loin tout à l’heure, c’est un grand lac qui bouillonne tout entier, pas possible !!! C’est fou ce pays !!!

    Je reviens au point de départ en coupant par des prairies humides. Bonne balade, je me suis régalé. Je reprends la Yaris et je continue vers le lac Kleifarvatn à proximité, Après un tremblement de terre important en l'an 2000, l'eau du lac commença à disparaître dans le sol. Sa superficie a diminuée depuis de 20% environ, ce lac posé dans un paysage lunaire est bordé de plages de sable volcanique noir, typiques d’Islande.

    On peut aussi observer les différentes strates de niveaux du lac.

    Il est 18h00 et je continue ma route à travers la réserve naturelle, unique route pour relier la route circulaire 1, sur la piste 2 cyclistes en bavent, non seulement ils prennent tous les chaos de la route mais en plus ils ont le vent plein fer contre eux, il ne manque plus que la pluie...

    Je retrouve la civilisation sur la route 1, et j’arrive à Hveragerði, petit village où la montagne fume tout autour,

    ils en ont profité pour développer la culture maraîchère sous serre, toute sortes fruits et légumes (tomates, bananes, poivrons, oranges, …), les serres étant chauffées par géothermie.

    Je vais de suite à une station essence me chercher une bouteille de gaz pour le réchaud et à côté je pars au Bonus (hard discount islandais, le fameux cochon rose)

    me prendre un autre pot de Skyr, une bonne femme me demande si il y a du ‘garlic’ (ail en anglais) dans une boite de fêta et je lui répond : ‘no, only grass of Provence’ !!! Ca c’est de la réponse. Je me réserve la visite du village demain, je me galère un petit peu pour trouver un terrain pour planter ma tente, je trouve un prairie humide vers 20h00 ça fera l’affaire mais il y a un vent terrible, je peine à la monter tout s’envole. Après avoir bien bataillé la tente est bien arrimée,

    il fait 14°C mais le vent fait baisser la température ressentie, il y a un grand soleil mais je suis placé à l’ombre de la montagne à côté, je m’installe et je fais le repas dans l’avancée de la tente, mon pare vent fait maison va très bien. Je me balade ensuite dans la prairie à proximité pour rejoindre une installation maison d’eau chaude qui alimente la ferme du coin, les canalisations sont rouillées et ça fuit de partout mais c’est pas grave l’eau chaude ici c’est inépuisable !!!

    Il est 23h30 est toujours grand soleil, nous sommes en pleine période du soleil de minuit, je ne vais pas voir un brin de nuit pendant 3 semaines. Le vent souffle toujours autant dans la tente je vois les arceaux se plier vers moi, la toile côté vent fait une grosse poche de prise au vent, la tente ne va pas résister toute la nuit comme ça, je sorts dehors il est 03h00 du matin pour refixer les sardines et je bouge la voiture au raz de la tente face au vent, effet immédiat ça coupe le vent. Il fait 06°C cette nuit (façon de dire) mon duvet est nickel, j’ai pas du tout froid, je l’ai payé cher mais je vois le résultat, pas question de refaire la même connerie qu’en Norvège.