le trajet d'aujourd'hui : Cashel, Killarney, Gap of Dunloe.


  • Ce matin le soleil règne en maître sur la contrée, il est 08h30 quand on se lève, voilà notre 1ère vraie journée en Irlande. La toile de tente est sèche mais toute l’herbe du camping est couverte de rosée, ça ne va pas être pratique pour la plier, le pliage sur les cailloux de l’allée va faire l’affaire. Petit dèj dans la salle commune et nous voilà partis à l’assaut du Rock of Cashel.

    Haut lieu historique du christianisme en Irlande, c’est sur cette butte que St Patrick en 450 montra un trèfle, c'est à ce moment-là que fut chassé tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais au christianisme. Bien plus tard, en 1647 Cromwell fit le siège de Cashel et les habitants se réfugièrent dans l’enceinte, ne pouvant être prise Cromwell empila des mottes de tourbe autour de la cathédrale et y mis le feu, brûlant vif les occupants, ce jour là 2000 habitants moururent ici. Voilà pour l’histoire rapide de Cashel. Aujourd’hui il reste sur la butte les ruines de la cathédrale (13e s.), la tour ronde en excellent état (28m, 12e s.), la chapelle de Cormac (12e s.), le château et le dortoir (du 15e s. les 2). Tout cet ensemble sur la butte est magnifique, en harmonie parfaite avec le paysage, on le voit de très loin. La cathédrale est le monument le plus important du site, malheureusement en ruine il reste encore pas mal d’éléments architecturaux.

    Le clocher rond, lui est en parfait état, haut de 28m.

    La chapelle de Cormac est en super état aussi avec ses 2 tours à l’entrée.

    Le cimetière qui entoure les ruines est truffé de croix celtiques, ce qui rend encore plus mystérieux l’endroit.

    D’ici on aperçoit l’abbaye d’Hore qui est en face du camping de ce matin.

    On quitte Cashel à 10h30 pour continuer notre route vers Killarney. En prenant les petites routes de campagne on passe devant le prieuré d’Athassel (15e s.),

    en ruine dans un champs. Ça s’avère compliqué d’aller aux ruines, on ne trouve pas le chemin d’accès, le champ est entièrement entouré de haies. Un peu plus loin une autre abbaye en ruine dans un près, mais un panneau nous indique que l’on ne peut pas y accéder car c’est une propriété privée. C’est sur cette petite route que l’on constate la tache qui nous attend à conduire sur les chemins irlandais et la conduite à l’irlandaise, c'est-à-dire des routes larges pour 1 voiture et la conduite sans visibilité, les roues de gauche sur le talus et les roues de droite sur la voierie, tous les nids de poule sont bons a prendre !!! Folklorique !!! Nous arrivons à Killarney, la grosse ville du Kerry, on compte y rester 2 nuits façon de rester dans la région pendant 3 jours. Tiens Christophe !! On pourrait faire comme ce jeune, installer la tente dans la bande enherbée qui longe le trottoir de la rue !!! Non quand même pas, on se trouve un petit camping à Aghadoe juste après de Killarney, en fait ce camping se compose de terrasses car il se trouve dans une pente, on s’installe sur la terrasse la plus haute. Juste en dessous de nous 4 gros campings-car français sont là, Christophe discute un peu avec eux. Une fois la tente montée, nous partons se balader dans le parc national du côté de l’abbaye de Muckross en longeant le lough Leane, nous sommes ici dans la dernière forêt originelle d’Irlande, et oui les anglais ont tout coupé dans le temps, mais les sujets que l’on trouve ici sont majestueux : aulnes, ifs, chênes, arbousiers et fushias immenses,

    le sous bois complètement couvert de mousses et de fougères me fait penser aux paysages du Seigneur des anneaux, surtout en voyant tous ces arbres au tronc tortueux,

    on arrive à Muckross friary très grande abbaye en ruine mais couverte d’échafaudages. On s’en revient à la voiture et nous allons voir la cascade de Torc non loin de là. Un monde fou sur le parking, on arrive à se trouver une place par miracle, Torc waterfall est une des cascades les plus hautes d’Irlande avec un très impressionnant … 18m !!!

    Même si elle n’est pas bien grande elle rend très bien dans un écrin de verdure magique, entourée de mousses fluo et de belles fougères à la frondaison pendante. Il est 16h00, nous avons grandement le temps d’aller marcher un peu au Gap of Dunloe, soit disant la plus belle vallée d’Irlande, nous allons vérifier tout ça. Le Gap of Dunloe est une vallée glacière encaissée entre 2 montagnes de 450m de haut. Une petite route serpente le fond de la vallée. Nous nous garons au petit resto bar où se trouvent plusieurs carrioles tirées par des chevaux, Christophe me demande combien de temps va durer la marche, ben je sais pas trop 1h peut être, bon Chris garde ses chaussures à fine semelle et moi mes tennis. Il n’y a pas grand monde sur le chemin, juste 2 ou 3 voitures de temps en temps, on passe à travers de larges prairies marécageuses où paissent quelques chevaux, le cadre est idyllique plusieurs petits lacs se succèdent c’est grandiose de beauté.

    Le temps est légèrement couvert mais ce n’est pas bien grave on les couleurs ressortent bien, une petite maison abandonnée sert à Christophe de vidange à vessie, mais c’est surtout l’énorme décharge qui se trouve derrière qui le marque. Quel régal ces paysages,

    mais la balade est bien plus longue que prévu, au lieu d’1h c’est 3h a/r et Christophe qui commence à avoir un mal aux pieds terrible !!! Evidement avec ses chaussures ce n’est pas ce qu’il y a de mieux.

    La dernière partie remonte en lacets jusqu’au sommet du col,

    quelle vue, pince moi Chris je rêve !!

    Le retour se révèle assez douloureux pour Chris, ça lui tarde de revenir à la tente pour voir les dégâts sous ses pieds.

    Il est 19h00 quand nous reprenons la 206 et direction le camping à 10km d’ici, entre temps un énorme orage s’abat sur nous, il va durer 5 min mais alors il faut voir les 5 min !! Un dé-lu-ge. Toutes les voitures se garent au bord de la route, nous avons plus aucune visibilité, l’eau ressurgit des bouches d’égout comme des geysers, c’est là que l’on remarque qu’il n’y a pas de fossés au contre bas des routes, toute l’eau court sur la voie, c’est un torrent qui dévale l’asphalte.

    Mince !!!! Mais dans quel état on va retrouver la tente, le spectre de du voyage en Ecosse est encore bien présent dans nos têtes !!! J’ai réimperméabilisé la toile de tente avant de partir, c’est maintenant le moment de vérité, savoir si j’ai fait du bon boulot ou pas. L’averse s’arrête aussi vite qu’elle est arrivée, nous repartons tranquillement au camping, l’heure de vérité est là, je redoute le pire j’ouvre la tente : pas une seule goutte d’eau à l’intérieur !!!! J’en reste pantois avec tout ce qu’il est tombé, j’ai les félicitations de Christophe pour la réimperméabilisation de la toile. Par contre c’est aussi le moment de vérité pour Christophe et ses pieds, verdict : 4 énormes ampoules sous les pieds, un truc pas possible il va éclairer la tente toute la nuit !!! Séance de biaphine, de mercurochrome toute la soirée, je souffre pour lui. Une bonne douche et on va se faire à manger dans la salle commune avec une bonne soupe et un plat copieux. Nous partons au lit assez tôt car Chris est crevé, enfin c’est surtout ses pieds qui sont crevés …