30 mars 09

le trajet d'aujourd'hui : Castro del Rio, Zuheros, Priego de Cordoba, Iznájar, Rute, Lucena, Aguilar de la Frontera, Cordoue, Medina Azahara.


  • une relative bonne nuit, il est 08h00 et il a plu toute la nuit et ... il pleut toujours, ce qui me fait rester un bon 1/4 d'heure à méditer sur mon sort dans mon duvet "qu'est ce que je fous ici ? je serai pas mieux au taf ?"

    Il est pas loin de 09h00, je quitte l'endroit où je suis garé, car j'ai comme l'impression que je gène, merde c'est vrai je suis garé sur le chemin d'accès aux berges de la rivière, 15 voitures sont déjà passé depuis l'aube dont 1 type qui m'a engueulé. Je m'avance sur un parking pour déjeuner et j'en profite pour remplir ma gourde d'eau car il s'arrête de pleuvoir, voilà que la Guardia Civil s'arrête à mes côtés, je suis déjà repéré : "vous avez dormi dans votre voiture cette nuit ?" "je suis français, oui oui, c'est interdit ?" "non, pas de problèmes" super sympas les flics mais je suis sûr que c'est l'autre con qui les a prévenus !! Après le ptit dèj avalé, traversée rapide de Baena et direction Zuheros, 05°C dans le brouillard, c'est ce que l'on appelle la face cachée de l'Andalousie ...

    donc Zuheros, le village perché est à la limite du brouillard, ça serait bien si il se levait. De suite j'adhère, ce pueblo blanco me laisse une impression terrible !!!

    Avec ce château au raz de la falaise, je grimpe dans ces ruelles blanches par un petit escalier à travers un jardin en terrasse, le village est silencieux, juste un chat par-ci par-là,

    je me tente une petite promenade au dessus du village façon de bien se tremper les tennis. La vue est magique sur ce dédale de toitures et les maisons chaulées, en contre-bas ces grandes oliveraies rectilignes, j'adore ça !! Le coton de brouillard à l'air de partir, c'est bon signe, un type en camionnette parcourt le village en faisant une annonce solennelle et la répète tout le temps, ça me fait bien marrer.

    12h00, je rejoins Cabra par une petite route campagnarde au milieu des oliviers, magnifique. M'arrête à Cabra pour manger au parc Alcantara que j'ai du mal à trouver, Cabra est le centre géographique de l'Andalousie. Direction Rute par une petite route très sympa au milieu des vallons d'oliveraies, ce village vite traversé la route est de nouveau très belle jusqu'à Iznájar,

    il est impossible de s'arrêter sur le bas côté de la route car ce sont pas des fossés, ce sont des ravins !!! Au miracle, je vais aller à Lourdes, j'ai droit à mes 1ers rayons de soleil depuis que je suis arrivé !!! Iznájar se trouve dans un cadre superbe au pied du lac entouré d'oliveraies, seul problème c'est qu'il faut monter sérieux jusqu'au château maure, et ça c'est pas de la tarte. Une fois garé au pied du village, je me lance dans l'ascension du château, je suis obligé de faire de petits pas pour ne pas trop me fatiguer, mais que c'est dur, surtout pour voir un panneau à l'entrée du château : "fermé pour réfection" je suis dégouté, j'ai juste gagné une bonne suée.

    C'est fou, ici les arbres d'alignements ce n'est pas des tilleuls ou des érables mais des orangers, ça sent super bon et ces oranges dans l'arbre comme c'est original, curieux de tout je m'empresse de prendre une orange, à peine je goûte un quartier d'orange que je recrache tout dans la foulée !!!!!! Quelle acidité !!! Je faillis m'étouffer, c'est une horreur, ça me brûle la bouche !!!! 1/3 de quartier me suffit à ma douleur !!!! Je jette le tout par terre, j'en ai les lèvres gercées, ça me les pique, c'est atroce !!! Ça doit être ça qu'on appelle les oranges amères ... c'est plutôt acide là. Je me barre de là l'orange m'a fait fuir, je continue sur la petite route qui mène à Carcabuey, village truffé de sens interdits, le maire c'est pas fait chié il a bétonné toutes les rues !! Un véritable labyrinthe, obligé de passer 4 fois dans la même rue, 2 femmes marchant au bord me voient, elles vont croire que je les drague !!!

    Retour à Cordoue avec le soleil, ça fait plaisir, mais petit à petit la pluie se fait plus présente, je monte vers la colline de Las Ermitas/Santa Maria de Trassierra pour me trouver un petit chemin sous les pins pour planter la tente, mais toutes les parcelles sont clôturées et vois les piaules, ça doit être la colline des rupins de Cordoue ici !!!!! Rien que les bagnoles, je prend peur, des propriétés immenses et clôturées. Maintenant, il pleut bien c'est gris de partout, 20h00 et 8°C. Bon je vais me trouver un petit coin où dormir dans la 206 près de Cordoue, 1er bled à gauche de la route je tourne à El Higueron, ça fait un peu banlieue dortoir mais bon je verrai bien. Il commence à faire noir, ça me dit pas grand chose de pieuter ici, le quartier est entièrement rectiligne avec des priorités à droite à tous les croisements de rues, je marque la première, je marque la deuxième et j'oublie la troisième, et là c'est le drame !!! Je vois un type qui arrive sur ma droite au dernier moment !!!!!! Percution !!!!!! Et merde !!!!!!! Je descend, j'ai la porte et l'aile enfoncées côté passager, lui n'a pas grand chose sur sa Seat Cordoba, juste de la peinture rouge sur le pare-choc. Bordel, ça fait chier ... En plus il parle pas un mot de français et d'anglais, ça va pas être une triste affaire cette histoire. Entre aujourd'hui et l'année dernière en Islande, j'ai pas de bol avec les accidents en vacances avec les espagnols. Très sympa le type, il ne s'enflamme pas du tout, je reconnais évidement que je suis fautif, en mélangeant espagnol, français, anglais et les gestes on arrive un peu à se comprendre, mais c'est dur !! Bien sûr je n'ai pas de constat amiable dans la 206 et lui n'en a qu'en espagnol, j'y comprend que dalle, je lui propose d'appeller la Guardia pour qu'ils nous aide à remplir le document, c'est la Nationale de Cordoue qui arrive 20 min après, ils sont pas pressés. En attendant c'est l'attroupement dans le quartier, quelle honte ... il se remet à pleuvoir, je suis désolé, j'essaie d'ouvrir ma porte passager mais rien à faire ça coince, je verrai ça plus tard. Le type me dit qu'il a un frère en France à Tonneins (Lot et Garonne), c'est à 50 bornes de chez moi. Enfin les flics arrivent, ils discutent avec le type, j'y comprend rien, faudrait pas qu'ils m'embrouillent, eux aussi ne parlent qu' espagnol. Ils me disent qu'il n'y a pas besoin de constat amiable et ils me tendent un bout de papier à remplir qui fera office de constat, j'arrive à comprendre qu'il faut marquer son nom, l'assurance, le numéro de carte d'identité, numéro d'assurance, heure, ...

    le type et moi remplissons notre papier et nous devons faire échange et le donner à notre assurance respective. Les flics repartent aussi sec, demmerdes toi avec ça !!!! Ils ont l'air de pas vouloir trop s'emmerder sous la pluie et nous laissent comme 2 ronds de frites ici. Je sais pas trop si c'est bien légal par rapport aux assurances et qu'elle est la valeur de ce bout de papier rempli à la vas-vite. Le type n'a pas l'air sceptique, tout le contraire de moi mais bon, faisons confiance aux flics, ce sont des hommes de loi après tout on verra bien. Bon on remplit tout ça chez le voisin car il pleut bien maintenant, on fait un croquis sommaire, on est ok. J'ai trop les boules, y'a un gros jour au niveau de la portière, avec ça on va me dépouiller la 206 en moins de 2 !! surtout demain je serai à Séville. Je sors d'El Higueron et je m'arrête sur un parking au bord de la A431, il fait nuit, il pleut tout pour plaire quoi !! Heureusement que j'ai un gros tourne-vis dans la boite à outils et j'essaie de redresser la portière et l'aile en faisant levier, de façon à au moins pouvoir l'ouvrir. J'arrive à détordre à la main un peu la portière, le jour se voit beaucoup moins, c'est déjà mieux, un filet d'air passe encore mais la pluie n'entre plus, on va tenter le coup comme ça. Pourvu que la Guardia ne passe pas, elle va croire que je suis en train de braquer une bagnole !!!!! Je me rend au parking de Médina Azahara pour passer la nuit, je me fais à manger des nouilles dans la voiture mais j'ai pas très faim avec cette mésaventure, bon faut bien manger mais c'est sans conviction, je ne vais pas déprimer, ce n'est que de la tolle froissée après tout. Journée de merde, seule bonne nouvelle : le ciel est en train de se dégager et j'ai droit à un ciel étoilé pour la 1ère fois. Le gardien du parking vient me voir pour savoir ce que je fais ici, "c'est pour passer la nuit dans la voiture", c'est ok pas de problèmes. 22h30 et 06°C, je me prépare une camomille pour avoir une sommeil un peu plus paisible.