31 mars 09

le trajet d'aujourd'hui : Medina Azahara, Almodovar del Rio, Carmona, Seville.


  • Levé à 08h30, 03°C dehors et 08°C dans la voiture. Grand soleil, pas un nuage, je rêve !!! Première chose que je fais, je téléphone à Saint Martial pour avoir le numéro de téléphone de mon assurance ; ouai c'est bon, mes parents sont blasés .... J'appelle dans la foulée l'assurance, l'employée me remballe et m'engueule presque parce que j'ai pas fait de constat amiable hier, c'est pas ma faute j'ai suivis les conseils des flics, c'est tout. Elle me dit que c'est toujours comme ça avec les espagnols, c'est toujours la merde, fallait insister pour faire un constat. Bref je raccroche je verrai à mon retour.
    L'ouverture de la Medina Azahara arrive, je m'avance donc à l'entrée et c'est gratuit pour les ressortissants de l'Union Européenne, c'est tout bon ça. Voici le palais d'Abd-al-Rahman III, calife omeyyade de Cordoue dans les années 900, il fit construire ce palais pour sa belle. L'ensemble fut détruit et pillé en 1013 par les Berbères qui mirent une pâtée aux omeyyades, ce qui provoqua la chute du califat de Cordoue. Aujourd'hui il ne reste que des ruines, mais elles permettent d'imaginer la splendeur de cet ensemble fastueux.

    Construit sur 3 niveaux, je commence la visite par le niveau supérieur où se trouvaient la résidence du calife, la maison des vizirs,

    les dépendances militaires. je me promène dans ces dernières mais il ne reste que les fondations au sol et quelques pans de murs qui indiquent la richesse d'antan.

    Voici un tableau de Dionisio Baixeres, représentant Abd-al-Rahman III et sa cour dans les salles de la Medina Azahara :

    Le niveau médian et certainement le plus beau des 3,

    outre les jardins c'est surtout le salon d'Abd-al-Rahman III qui est grandiose, bon ok il a été restauré mais j'imagine assez bien quelle splendeur cela devait être à l'époque, avec ces arcs en fer à cheval composés de claveaux de couleurs alternées (rouge et blanc) caractéristique de l'art omeyyade comme dans la Mosquée de Cordoue, les colonnes en marbre rose et gris et la déco murale en relief sculptée de motifs géométriques et végétals,

    je remarque aussi la base d'une colonne entourée de la calligraphie coufique,

    c'est exceptionnel !!! Ici la restauration est parfaite, du très grand art. Enfin au niveau inférieur ce trouve les fondations de la Mosquée mais il ne reste plus grand chose, comme le reste, les pierres ont servi de carrière au fil des siècles.

    Et dire qu'ici à Medina Azahara, le plus beau n'est pas visitable, c'est la maison royale, qu'est ce que ça doit être ...
    Il est 12h00 je décolle pour Séville sous ce splendide beau temps, après Almodovar del Rio et son château,

    je traverse une vaste pleine d'agrumes en pleines fleurs, je suis obligé de m'arrêter pour ramasser quelques oranges fraiches je ne peux résister !!! En espérant que ce ne soit pas les sœurs des oranges d'hier à Iznajar !!!

    Je traverse ensuite une petit village qui fera plaisir aux piliers de comptoir : Alcolea del Rio, traduction personnelle sommaire de le fleuve de l'alcool ...

    Il est 14h00 quand je m'arrête pour manger au pied d'un parc de panneaux solaires juste avant Carmona,

    il fait 14°C la température idéale pour faire péter le pantacourt. Carmona, j'avais décidé de m'y arrêter mais tant pis, moi et l'art baroque ça fait 2, et puis les nécropoles ... J'arrive à Séville sans trop de mal et à chaque feux rouge des africains d'origine vendent des babioles mais ils ne sont pas insistants ce qui est plutôt sympathique. 1er parking souterrain que je trouve je m'y engouffre car avec ma porte qui baille on ne sait jamais comment je risque de retrouver la voiture ce soir. En voilà un à côté de la gare Santa Justa, je ne sais pas trop à combien est le centre-ville, ça me fera marcher.
    Voilà un monument contemporain qui raisonne comme une injustice pour tous les français : le stade Ramon Sanchez Pizjuan et plus précisément le 8 juillet 1982 avec ce match légendaire "France-Allemagne" devant 70.000 spectateurs. L'agression sur Battiston, la volée de Marius Trésor, l'ivresse de joie de Giresse, les pénos manqués de Six et Bossis, autant d'images qui restent gravées dans chacune de nos petites têtes de footballeurs. Un immense mosaïque se trouve sur une des façades du stade représentant l'écusson du F.C.Séville et les fanions de prestigieux clubs européens et notamment celui du Stade de Reims !!!!!!! (seul club français représenté).

    Je ne pensais pas qu'il faille autant marcher pour rejoindre le centre, tiens c'est marrant les feux tricolores car il y a une sonnerie aux passages cloutés quand c'est vert pour les piétons, il 'y a même le décompte des secondes avant que ça repasse au rouge, c'est très bien pour les non-voyants. Au bout de la rue Mateos Gago j'entrevois la célèbre Giralda, enfin me voilà sur la place del triunfo, cette immense cathédrale dont je n'arrive pas à voir l'entrée, l'alcazar et ses murailles et cette fameuse Giralda aussi élancée que belle.

    1ère baise de la journée : la cathédrale et la Giralda sont fermés aujourd'hui pour travaux. Bon qu'est ce que je fais ? Puisque je suis à côté je vais aller visiter Real Alcazar, il fait 21°C température idéale pour ce genre de visite, il n'y a pas grand monde, tant mieux.

    Pour résumer l'Alcazar à été construit en 1364 par Pierre 1er sur les restes d'un palais almohade, il fit appel à des artisans de Grenade et de Tolède pour construire ce joyau architectural composé de multiples patios de style mudéjar.
    J'entre de plein pied par le patio de la Monteria et sa splendide façade mudéjar alliant la boiserie à la pierre et au stuc. je marche lentement dans le couloir/vestibule sans trop savoir ce que je vais découvrir mais déjà les arcades, faillances et décors divers me laisse ... de marbre !!!!

    Et je ressors dans le patio des Demoiselles (de las Doncellas) quel chef d'oeuvre !!!! Ce patio entouré d'arc polylobés est d'une beauté difficile à décrire, en fait faut le voir !!! Tout est harmonie dans ce patio, le canal au milieu qui divise la vue en 2, les alicatados colorés en sous bassement, ces arcs brisés polylobés et ces panneaux de stuc finement sculptés qui tapisssent les couloirs de ce patio en forme de cloitre, c'est une merveille. Que ce soit les encadrements de fenêtres et de portes, les portes en bois, les tranches des arcs, tout est richement décoré, peint avec ces frises géométriques d'entrelacs qui se répètent, quel boulot inimaginable ... c'est dantesque !!!!!

    Ce patio de las Doncellas est le best of the best je présume, ah non encore plus fort !!!! le salon des Ambassadeurs (de los Embajadores) encore plus démentiel !!!!! Avec sa coupole de cèdre, ce dôme est une perfection, même mes yeux n'arrivent pas à percevoir le relief de la surface de ce plafond couronné de dorures, pas croyable ... et que dire des murs si richement décorés avec les arcs en fer à cheval très fins, c'est comment dire ... bref.

    Encore, encore plus fort avec la salle du plafond de Philippe II qui possède aussi un plafond style mudéjar orné de splendides frises de stucs peints, j'y passerai ma semaine ici à contempler l'œuvre humaine !!!!

    Et de plus en plus improbable : le patio des Poupées (de las Munecas), tout petit mais tellement géant, et oui c'est comme un puits de lumière ici sur 2 étages tout de blanc vêtu, les alfiz qui encadrent les arcs sont tellement décorés que ça ressemble plus à de la dentelle qu'à autre chose, c'est un travail d'orfèvre de la pierre.

    Ah oui, j'allais oublier, et la chambre des Rois Maures, je ne sais plus où j'ai la tête et les yeux, ...

    J'ai comme l'impression que tout va me paraître bien fade après tout ça ... Notamment les salons de Charles Quint avec des tapisseries pourtant immenses mais qui m'impressionnent beaucoup moins et pourtant j'ai conscience que ce sont des salles d'exceptions !!!!

    Je vais voir les jardins de l'Alcazar, petit éden de fraicheur, non en fait grand eden car ils représentent les 4/5èmes de la surface totale de l'Alcazar, comme c'est bon de se promener à travers les agrumes, palmiers, conifères,

    après tout ça ma journée est plus que riche en émotions, entre ce matin à la Medina Azahara et maintenant, j'ai pris plein les yeux !!!! Bon il est temps de sortir car les officiels préviennent qu'il est l'heure de la fermeture. Bon je me tâte, qu'est ce que je fais maintenant ? je retourne à la voiture ou je continue à me balader ? De toute manière j'ai prévu de revenir ici tout demain, alors à quoi bon se presser.

    Le temps s'est rafraichit, je tente un dernier effort pour aller à la voiture, je suis crevé, je vais bien dormir ce soir. Oups petite pilule au moment de payer le parking, bon ben on a rien sans rien ... Je sors de Séville sans problèmes et sans bouchons, en 5min je suis en pleine campagne, Je me trouve un champs d'oliviers pour planter la tente. Mais comme tous les soirs il se met à tomber quelques gouttes, je m'interroge pour savoir si je la monte ou pas, il est 20h00 et je me galère pour trouver le bon endroit car le sol est très graveleux avec beaucoup de galets et de cailloux. Le coucher de soleil est d'enfer, ça promet une bien belle journée pour demain, ça me finit de me décider pour la tente, j'effectue un épierrage sommaire du terrain en enlevant les cailloux saillants qui pourraient percer le tapis de sol de la tente et l'autogonflant. En espérant qu'il n'y aura pas de tempête cette nuit car les sardines sont à peine enfoncées dans le sol avec ces cailloux. Il aura fallu que j'attende la 4ème journée du voyage pour pouvoir planter la tente, c'est pas trop tôt !! Allé vite à table car la nuit tombe très vite, il fait un bon 14°C et je me prépare une bonne rasade de blé.

    Bien joué, je me suis installé pile poil sous le couloir aérien des avions Madrid/Séville ... je vais être bercé au doux son des réacteurs. J'ai comme un présentiment qu'il va pleuvoir cette nuit, la lune est brumeuse, mauvais signe, de plus le ciel devient noir à l'horizon, on verra bien je suis rodé depuis le début du voyage, alors ... Au lit à 201h30, je feuillette le Marianne de cette semaine et un vieux Géo sur l'Andalousie, 22h15 je m'endors.