le trajet d'aujourd'hui : Killarney, Dingle, Tralee, Carrigafoyle.


  • Le ciel est assez couvert, mais pas menaçant, encore une fois le tee-shirt et le pantacourt sont de rigueur. Quelques ampoules à Chris commencent à cicatriser sous l’effet de la biafine et du mercurochrome, c’est bon signe. Aujourd’hui nous allons parcourir la péninsule de Dingle, mais avant toute chose c’est pliage de tente et petit dèj. On décolle il est 09h30, toujours aussi lève tôt, ça nous ressemble pas tout ça !! Au croisement de Farranfore on prend à gauche direction Dingle, la route est beaucoup plus à l’intérieur des terres par rapport à hier, donc les paysages sont plus montagneux, la route traverse de larges tourbières inexploitées, la campagne est encore plus sauvage qu’hier, on doit être les seuls en Irlande …

    voici le château de Minard en bord de mer, en fait c’est plus une tour défensive qu’un château mais il est magifiquement bien placé sur une petite butte, dévasté lui aussi par Cromwell et ses troupes au 15e s.

    Nous arrivons à Dingle vers 12h30, on se gare sur le parking du petit port, de là nous nous promenons sur la jetée en attendant le retour de quelques bateaux de pêche. « T’as pas faim Christophe ? » la question ne se pose même pas, on entre dans un petit resto spécialités fruits de mer et on se commande de bonnes assiettes. Alors ça, ça va bien !! C’est un peu bon !!! A la fin du repas la serveuse vient nous voir et me barragouine un truc incompréhensible !!! « Hein ? » je lui fait répéter, et toujours pareil … bon d’un air désespéré elle me dit très calmement : « c’est tout bon ? » ha oui !!! Ben oui fallait le dire, comme ça c’est plus simple !!! Christophe est désolé… on repart de Dingle pour rejoindre la pointe ouest de la péninsule,

    en passant on part visiter les Beehive Huts (huttes en forme de ruche en pierre sèche), ce sont des igloo en pierre sèche (1er s.), il en a 6 ou 7 ensemble, en fait on en trouve plus de 400 sur toute la péninsule.

    La pointe extrême ouest de la péninsule de Dingle est magnifique de couleurs, avec de petites criques de sable blanc et d’eau turquoise, seule la température n’est pas paradisiaque pour se baigner, mais c’est grandiose. Sans parler des paysages toujours aussi verdoyants qui tranchent avec la couleur de l’eau et la côte déchiquetée.

    On est devant l’oratoire de Gallarus (9e s.), isolé au milieu des champs, lui aussi construit en pierre sèche (le mortier n’existait pas à l’époque !!!) d’une harmonie parfaite les pierres s’agencent pour donner l’impression que ça était fait au cordeau, impressionnant de précision.

    On revient à Dingle et on passe le Connor pass (le col le plus haut d’Irlande, 457m), de là haut 2 superbes vues s’ouvrent sur la rade de Dingle d’un côté et sur la baie de Brandon de l’autre côté, on voit les 2 côtes de la péninsule,

    il est 17h00. Nous redescendons le col côté nord, jusqu’à arriver à Tralee. Et à partir d’ici impossible de trouver un camping qui accepte les tentes, c’est ahurissant !!!!! Nous allons de campings en campings tout le long de la côte (40km) et ils nous refoulent tous en prétextant qu’ils n’ont plus de place pour les tentes, c’est à peine croyable, c’est la 1ère fois que ça nous arrive, en fait autrefois tous ces campings acceptaient les tentes mais depuis quelques années et l’expansion des mobil-home, toutes leurs surfaces réservées aux tentes ont été remplacées par des mobil-home à demeure, comme ça des campings entiers se sont transformés en villes de mobil-home, c’est impressionnant à voir, des mobil-home à perte de vue !!!!! Et nous sans pouvoir planter notre malheureuse petite tente. Evidement la location à la nuit entre un emplacement de tente et un emplacement de mobil-home n’est pas la même, il y en a une qui rapporte bien plus que l’autre, je vous laisse deviner laquelle ? En attendant nous on est comme des c…, c’est pas grave on va se faire une nuit camping sauvage, vers Carrigafoyle sur l’estuaire du Shannon on demande à un paysan qui passait par là où est ce que l’on pourrait planter notre tente dans un champs car on n’a pas réussi à trouver de camping. Le type bien brave nous dit qu’ici ça ne va pas être possible mais en descendant la route on arrive à un château puis on traverse le pont et une fois sur l’île qui est dans l’estuaire on trouvera peut être un champs. Trop sympa merci encore, car il est pas loin de 21h00. Effectivement on passe le château puis le pont (très très étroit) pour arriver sur l’île, ici on va trouver notre bonheur, jour de chance de part et d’autre de la route on trouve pas mal de prés entourés de hautes haies, idéal pour se planquer par contre les champs sont fermés par des barrières. Sauf un, Christophe s’arrête au milieu du chemin, je descend j’entre dans ce pré, merveilleux !! Un grand pré pour nous tout seul avec vue imprenable sur le château de Carrigafoyle et sur le Shannon en bout de parcelle. Et derrière moi un type m’appelle !!!!! Je me retourne subitement : en face de moi une autre tente avec un couple en vélo !!!!! Je n’en reviens pas, je leur demande si c’est possible de s’installer à côté d’eux ? Oui pas de soucis, ce sont des italiens qui voyagent à vélo. Ca pour une surprise c’est une sacrée surprise !!! Je reviens voir Christophe, je lui explique le coup tout aussi surpris que moi. Hop on s’installe dans le pré, on gare la 206 contre la haie de façon à ne pas la voir quand on passe à la route, et on commence à tasser l’herbe pour planter la tente, et oui c’est un champs agricole donc l’herbe est assez haute. J’installe notre campement tandis que Chris prépare à manger dans les folles herbes, il perd bien sûr le briquet dans cette pampa !! Ce n’est pas grave.

    Bon il était moins une pour trouver un emplacement pour la nuit et fait improbable on tombe sur d’autres personnes au milieu d’une île dans l’estuaire du fleuve, c’est fou !!!! La nuit va se révéler assez chaotique pour moi, je fait un rêve/cauchemar et je suis à peu près sûr avec le clair de lune de voir passer quelqu’un devant la tente, je veux réveiller Christophe, mais impossible de bouger je suis comme paralysé, et je n’arrive pas non plus à émettre un son, avec un effort surhumain j’arrive à toucher Chris qui se réveille, et avec juste en me touchant je me débloque, ouf, quel stress, je n’en pouvais plus, j’étais tétanisé et le type que j’ai vu passé c’est sûrement le fruit de mon imagination me dit Chris, j’ai un doute mais bon j’ai rêvé.