26 septembre 09

le trajet d'aujourd'hui : Sciacca, Monte Kronio, Siculiana Marina, Realmonte, falaises de Scala dei Turchi, Capo Rossello.


  • Réveil à 08h30, avec un grand ciel bleu, si j'avais su j'aurai installé la tente hier soir. Me suis re-enrhumé cette nuit. À peine je me lève qu'un 4x4 arrive devant moi, je démarre la voiture et me gare sur le côté, il passe avec un grand sourire. Je déjeune sur un puits quand arrivent 4 ramasseurs de cagouilles à pied, apparemment la récolte est bonne ce matin !!! P'tit dèj froid c'est pas terrible mais j'ai pas le choix, alors … ça me coupe même l'appétit. En plus, ici en Sicile ils n'ont que des petites biscottes qui se pètent à la moindre pression !!! On connait tous la scène de « La cage aux folles » quand Michel Serrault veut tartiner ses biscottes et les casses au fur et à mesure !!! ben là c'est pareil, j'en pète la moitié … c'est la 1ère fois que je vois ça en Europe : pas de pain de mie.
    09H00 je mets les voiles pour Sciacca, un type me double au feu rouge pour s'arrêter à la station 50m plus loin … voilà je me gare facilement dans la partie haute de la ville mais sans trop savoir où je suis exactement car je n'ai pas de plan de la ville. Je descends jusqu'au quais, la vie portuaire est à l'état pur ici, pas de chichis : c'est du vrai, de l'authentique, ça sent la mer, le poisson, la sueur, ça s'engueule, ça vit !!!! Que du bonheur, ce sont des moments forts du voyage ça !!!!! ses bateaux de pêcheurs ancrés au quai paraissent se confondre avec les maisonnettes clairsemées sur le terrain en pente dans le fond. En plus super beau temps, je me promène jusqu'au bout de la jetée.

    Le centre-ville est truffé de marchands de céramiques, mais ils abusent un petit peu !! c'est hors de prix !! Le moindre bibelot est à 10€ … ils ont le sens du commerce, c'est sûr si ils trouvent des pigeons pour acheter à ce prix là, ils vont pas s'en priver.

    12H00, je verrai plus tard pour les souvenirs. Je remonte à la voiture sans me perdre (ce qui est un petit exploit en soi !!), je compte faire l'ascension du Monte Kronio (la grosse montagne derrière Sciacca), mais je m'aperçois qu'on peut y aller en voiture !!! Je ne connais pas la route, alors le plus simple est de prendre toutes les rues qui montent !! Je vais bien arriver en haut comme ça !!! Exact à 13h30 j'arrive au sommet du Monte Kronio, devant le monastère San Calogero (pas le chanteur, hein !!),

    Il n'y a absolument personne, je m'assoie su un banc en face de l'imposante basilique, un silence absolu, juste le vent dans les pins (même pas les cigales), comme c'est agréable, réparateur, on tellement loin du tumulte de la ville, loin de tout, on dirait que le temps c'est arrêté !!! Un repos « divin », je resterai bien ici tout l'après-midi. Après une pose spirituelle je prends la route d'Agrigente, le soleil est énorme, pour une fois je suis en présence de bien beaux paysages, la mer bleu azur est là pour me rappeler qu'elle s'appelle « Méditerranée ».

    Je tourne à droite vers un petit village « Siculiana Marina », en bordure de mer, faut en profiter de ce temps rêvé pour aller faire un petit plongeon dans l'eau. En arrivant à un rond-point je me bouffe le « stop », le panneau est planqué sous la végétation … merde !!! Les Carabinieris sont juste là à aligner une autre voiture au rond-point !!! Il me semble bien qu'ils n'ont pas vus mon infraction, je fais semblant de chercher ma route dans le rond-point et je file en douce, bon ça à l'air de s'être bien passé ... 15H00, absolument personne sur la plage de sable blond, j'enfile vite fait mon maillot de bain, j prends le sac, la serviette et c'est parti !!! L'eau est super bonne, je l'évalue bien à 25°C, de plus on a pied hyper loin !!!

    J'y reste jusqu'à 16h30, ça fait vraiment du bien, sans compter que j'ai pu aussi me laver aussi, il vaut mieux avoir un peu de sel sur la peau que de la sueur !!! Je m'en retourne tranquille et heureux !! Sauf que mes fameux Carabinieris sont toujours là au même endroit !!! Et bien sûr avec la chance que je me tiens, j'ai droit au : « garez vous au bord, s'il vous plaît ... » je leur refile ma carte d'identité et le permis de conduire, ils marquent mes références sur un bouquin en rigolant, pourtant moi je trouve pas ça très marrant, bref … y'en a un qui fait le tour de la Panda, en voyant mon maillot de bain et la serviette sécher sur la banquette arrière il me demande si j'étais à la pêche … quel idiot complet … « non, non, j'étais en train de peler de l'ail en maillot de bain sur la plage … crétin ... » bon je ne lui ai pas dit mais je l'ai pensé très fortement … Il me redonne mes papiers, je lui demande qu'est ce qu'il y a ? « c'est bon » maigre réponse de sa part. Je m'en vais, et voilà qu'ils me suivent !!! Maintenant j'en suis sûr ils m'attendaient pour me coller une prune à cause du rond-point de tout à l'heure !!!! Je roule tranquille (c'est à dire 50 km/h à peine) et toujours les flics derrière moi suivis de 5 ou 6 voitures !!! la route est en ligne continue, personne double (même si tout le monde en a envie) et voilà que les Carabinieris tournent à une station service et de suite après les 6 voitures me doublent sans visibilité sur la ligne continue !!!!!! Un comble !!!! Moi qui me fait aligner car j'ai bouffé un stop sans faire exprès et de voir que tous ces cons n'auront rien en doublant sur ligne continue … moi ça me déglingue … Je suis dégoutté, rien que de penser que je vais avoir une petite surprise dans ma boite aux lettre en rentrant en France …

    J'arrive à Realmonte, et ici il y a des falaises magnifiques à voir. La falaise de « Scala dei Turchi », mélange d'argile et de calcaire, la falaise d'un blanc pur se détache du paysage grâce à ces formes arrondies, on dirait « Antelope Canyon » en blanc !!! (la comparaison est un peu exagérée mais bon on en est pas loin), avant que la falaise ne commence le paysage ressemble étrangement aux ramblas du désert de Tabernas en Andalousie, c'est à s'y méprendre !!!

    Donc ces falaises ont une histoire : il paraît qu'elles auraient servi à l'époque aux sarrasins (arabes) pour grimper sur le sol sicilien, en effet ces falaises font comme des marches, d'où leur nom « l'échelle des turcs » (scala dei turchi). L'érosion ayant poli la marne (argile + calcaire), ça a donné ces formes douces.

    C'est fou, les italiens ont le chic pour dégrader leur patrimoine naturel (y'a pas qu'eux, je le conçois, c'est une maladie dans tout le bassin méditerranéen, les grecs sont pas mal non plus dans ce petit jeu), dans ces superbes falaises on y trouve de tout : cumulus, gazinières, canapés, … et juste à côté ces mêmes italiens sont en train de bronzer sur les falaises … pitoyable, je pense que quelques notions de bien public ne seraient pas superflu ici.
    Ils me font aussi pitié quand je les vois rouler les mécaniques entre eux alors qu'il n'y a pas une fille à l'horizon … quelle bande de gros nases, je serai curieux de connaître leurs critères humains de jugement : musculature, bronzage, le lagominage des cheveux, le blabla, … je confirme, des gros nases, ce qui est sûr c'est qu'ils n'ont pas grand chose dans le citron … nul n'est parfait dans ce bas monde !!! (moi le premier, je le reconnais).

    A côté des falaises, une plage de rêve est devant moi, les rochers affleurent l'eau et un jeu de lumières chaudes se met en place avec le soleil qui commence à tomber, féerique !!

    Sauf qu'une construction immobilière se trouve là juste à côté, sur la falaise ... comment ont il pû avoir le permis de construire ici ? La mafia locale serait dans le coup que ça ne m'ettonerai pas trop ...

    Trêve de plaisanterie, il est 18h00, je reprends ma route, Agrigente n'est vraiment plus très loin et je n'est pas tellement envie de dormir dans la voiture cette nuit, surtout avec le superbe temps qu'il fait. Je sors de Realmonte, et je prends la direction du phare de Capo Rossello, j'arrive dans un cul de sac juste au bord de la falaise. Face à la mer je plante ma tente à 1,50m du bord de la falaise, la plage en contre-bas, quel cadre rêvé !!!!!!!

    En bas c'est le repaire des amoureux, 3 couples viennent tour à tour se becotter sur la plage, moi ça ne me dérange absolument pas. Tout en contemplant le coucher de soleil je mange mon blé … froid. Sur la colline à droite les paysans font de l'écobuage, les pompiers sont là, pourvu que le vent ne tourne pas car j risquerai de faire griller les knackis !!!

    La nuit est tombée, j'écris ma journée sur mon carnet de voyage au bord de la plage, on est pas bien là ? 22°C, le phare tourne juste au dessus de ma tête, pour finir la soirée je me bouquine le Marianne de la semaine dernière avec un article croustillant sur les petites magouilles de Serge Dassault à la Mairie de Corbeil-Essonnes, très très intéressant !! Pas mal de vent ce soir, la mer me berce toujours, ça devient incessant. Je me réveille pas mal de fois cette nuit, le ciel s'est encombré de nuages. Il m'a semblé entendre quelques voitures venir faire ½ tour.