01 juillet


le trajet d'aujourd'hui : Parc National de Skaftafell, Jökulsárlón, Höfn, Djúpivogur.


  • Je me lčve ŕ 08h00, il fait 12°C et le vent souffle par rafales. Le ciel est nuageux, menaçant męme vers le sud, avant qu’il ne commence ŕ pleuvoir je plie vite la tente. Je vais aux tables des sanitaires pour me préparer le petit dčj ŕ l’abri du vent, un groupe de français est lŕ aussi. C’est une classe de collčge (3čme) de Versailles, et la question habituelle : ‘vous venez d’oů ? Avec votre accent, ça nous emmčne le soleil !!’ malheureusement si ça ne tenait qu’ŕ mon accent il ferait beau tous les jours !!! Une de leur prof avertis les élčves qu’il vaut mieux se laver la figure ici aux bacs ŕ vaisselle car au moins il y a de l’eau chaude car ŕ ce qu’il parait les douches seraient froides, je leur confirme tout ça les douches sont bien froides męme réglées ŕ fond, j’en ai fait l’expérience hier soir. Je trouve le grand bac oů on peut jeter les bouteilles en plastique et je me récupčre une bombonne de 5l vide, ça me fera une bonne réserve d’eau pour le voyage, je la remplis ainsi que mes bouteilles et direction l’est de l’Islande et la route des fjords. Je longe le Vatnajökull par la N1 et les langues glaciaires se succčdent, j’en suis blasé de voir ces immensités de glace, ça en devient presque banal alors que c’est un paysage exceptionnel.

    Le vent devient de plus en plus terrible par rafales, je m’arręte voir la petite église de tourbe d’Hof, elle date de 1884 et fait partie des 6 derničres églises de ce type sur l’île, elle sert encore pour les cérémonies religieuses et la toiture est recouverte de tourbe enherbée pour l’isolation, c’est typiquement scandinave.

    Avec ce temps aussi gris j’écoute la radio et c’est la 3čme fois que j’entends la chanson du représentant français de l’Eurovision 2008, c’est un véritable tube ici alors que chez nous il a pris une gamelle pas possible, j’en reviens pas. J’aperçois maintenant l’océan plutôt en colčre,

    je tourne ŕ gauche sur une petite piste gravée qui mčne au lac Fjallsárlón, je suis tout seul devant le grand front de glace de la langue glaciaire, c’est bien dommage il n’y a pas beaucoup d’icebergs dans le lac et je pousse un peu plus loin au lac Jökulsárlón alimenté lui aussi par le Vatnajökull et sa la langue glaciaire Breiđamerkurjökull, le Jökulsárlón fait 150m de profondeur mais il me semble bien que les digues qui entourent le lac côté sud sont artificielles, il y a vraiment beaucoup de monde (3/4 bus), c’est vrai que les icebergs sont bien plus gros ici par rapport au lac précédant. Le temps m’inquičte vraiment car les nuages sont de plus en plus bas et le vent de plus en plus fort, c’est un temps typiquement islandais en ce premier jour du mois de juillet, je suis emmitouflé de la tęte aux pieds avec les gants, le bonnet, la veste gore tex, pull, col roulé, fait pas loin de 0°C en température ressentie. Je me promčne tout seul sur la rive gauche du lac en regardant les formes étranges des icebergs,

    Il ne manque plus que le ricard, je fourni les glaçons !!!!! Il y en a de toutes les couleurs, des blancs, des gris, des noirs, des bleus clairs, des bleus, foncés, … certains sont découpés ŕ la serpe avec des arrętes biens nettes, d’autres sont tout en rondeur polis par l’eau. Avec ce ciel si bas on se croirait sur la banquise au Groenland, aprčs tout j’en suis qu’a 200km, il ne manque plus qu’un ours blanc sorte de derričre les fagots !!! Suivant ma position les męmes icebergs prennent une forme différente et leurs couleurs bleutées ressortent bien malgré l’absence de soleil et avec ce vent ils s’agglutinent tous sur la berge.

    Par moments je me fais attaquer par des sternes arctiques. Je vais faire un petit tour par le chenal du lac qui relie ce dernier ŕ l’océan, les icebergs viennent s’échouer sur la plage battus par les vagues.

    En repartant le voyant ‘manque de liquide de refroidissement’ s’allume, mince pour une voiture neuve ça la fout mal et puis oů est ce que je vais trouver du liquide de refroidissement ici, moi. Je continue ŕ rouler on verra bien, il est 13h00 quand je pars du Jökulsárlón, la N1 est assez droite avec ŕ gauche la montagne et des langues glaciaires et ŕ droite la mer, une grande réserve pour oiseaux.

    Je vais ŕ Hoffel pour voir une église typique qui reste introuvable et puis la piste qui mčne au Hoffeljökull est vite coupée par un gué, il ne m’a pas l’air trčs profond mais je fais demi tour.

    La campagne est trčs verdoyante sur cette côte, en arrivant ŕ Höfn (1500 hab.) la principale ville de la côte est c’est la pluie en continue qui m’accueille avec bien entendu le vent, c’est un trčs joli village de pęcheurs avec toutes ces maisons basses colorées,

    je vais au bonus du coin faire quelques courses et un petit tour au point I pour laisser passer l’averse mais rien ŕ faire c’est couvert de partout, c’est exécrable. En quittant le point I je glisse sur une marche en voulant me dépęcher pour rejoindre la voiture et c’est la gamelle assurée, je me relčve tant bien que mal et je me met au sec dans la Yaris, de toute maničre je n’ai pas le choix c’est sűr il ne s’arrętera pas de pleuvoir avant demain. Sur la route on ne voit męme plus les montagnes tellement les nuages sont bas, en prenant un tunnel, ŕ l’intérieur il est brut de roche pas un emménagement de sécurité, rien.

    Ce temps me fatigue les yeux et je m’endors au volant, faut résister, y’a pas moyen. Je m’arręte en bordure de route ŕ Lón pour dormir un peu, je n’en peux plus, la voiture est balancée par le vent c’est impressionnant, il fait 8°C. Aprčs un petit sommeil réparateur de 20min je croise sur la route un type en vélo avec ses bagages, le pauvre !! Des milliers de cygnes chanteurs se sont regroupés sur le rivage de la côte. Cette portion de route ressemble étrangement ŕ l’Irlande, une côte trčs déchiquetée avec des petites parcelles de prčs verdoyantes.

    La rando que je comptais faire ŕ Stafafell est tombée ŕ l’eau, c’est le cas de le dire. J’arrive ŕ des travaux sur la N1, ils goudronnent des parties gravées de la route, et bien la route n’est pas coupée, aucune sécurité !! Je m’engage sur le fond de forme en gros granit que les niveleuses et les chenillards étendent et je passe en slalomant entre les engins, c’est fou ce pays !!!! Je ne croise pas une voiture entre Lón et Djúpivogur, ce qui y’a de bien avec la pluie c’est qu’on repčre beaucoup plus facilement les nids de poule sur la route gravée. J’arrive enfin ŕ Djúpivogur, il est 19h30, trčs beau village de pęcheurs isolé sur la côte, le vent et la pluie augmente encore un peu plus la sensation de solitude des lieux. Il est impossible pour moi d’installer la tente avec ce temps, je me gare sur les hauteurs du village en surplombant le petit port.

    J’ai faim, je vais pas me laisser abattre, je sors le réchaud, la popotte, je range mes affaires de la place passager, ce soir ça va ętre cuisson dans la voiture, je sais que c’est dangereux mais tant pis ŕ la guerre comme ŕ la guerre. C’est festin de roi : nouilles asiatiques, saucisses, skyr ŕ la pęche et gâteaux.

    Pour passer une nuit plus calme que la nuit derničre je me prépare une infusion de camomille, c’est nickel le tout en écoutant Francis (Cabrel, vous aviez deviné j’espčre) sur le mp3. il est 21h30, c’est relativement tôt mais je suis crevé par ce temps, je m’installe le côté passager avec le duvet, il fait 16°C dans la voiture ce qui est largement suffisant.

    Dehors ça n’arręte pas des bourrasques de 100-120km/h je pense car je suis sorti vidanger la vessie et je ne tenais pas debout, je perdais l’équilibre. Comme dit le proverbe : qui pisse contre le vent, mouille ses chaussettes !!! Il fait 10°C cette nuit, j’ai trčs mal dormis en me réveillant une 10čne de fois.