02 juillet


le trajet d'aujourd'hui : Djúpivogur, Berufjörður, Fáskrúðsfjörður, Reyðarfjörður, Egilsstaðir, lac Lagarfjót (Lögurinn), Seyðisfjörður.


  • Ce matin je me lève, enfin non je me réveille à 08h00 et il ne pleut plus depuis 02h00 cette nuit et le vent a cessé vers 04h00, mais le ciel est toujours aussi couvert, c’est fou ce temps j’ai l’impression que ça dure depuis une éternité. J’ai mal dormi cette nuit, à force de dormir les jambes pliées j’ai les genoux éclatés. Je sors dehors prendre un peu l’air, en surplombant Djúpivogur on se croirait en Alaska où au Groenland, (voir les photos d’hier, le 01 juillet) ce village de pêcheur est très caractéristique, très isolé sur la côte, les maisons sont assez écartées les unes des autres autour du petit port, avec leurs couleurs chatoyantes et leurs toitures basses, j’adore ça !!! Je me prépare un bon petit dèj bien chaud tout en regardant la carte routière pour aujourd’hui,

    petite vaisselle et il se remet à tomber quelques gouttes, je quitte les lieux et je n’oublie pas de faire l’essence. En passant devant la petite église de Djúpivogur je m’aperçois que sont revêtement extérieur est en tôle ondulée. Je m’enfonce dans le Berufjörður encerclé de montagnes enneigées, c’est un très beau fjord,

    évidement on ne peut pas comparer ces petits fjords aux immenses fjords norvégiens. Je maintiens toujours : la côte est de l’Islande ressemble beaucoup à la côte irlandaise, ensuite je longe Breiðddalsvík un fjord pas très long mais assez large, la route le coupe en 2 en passant au milieu sur une sorte de digue, la route est au raz de l’eau, avec les marrées elle doit passer dessus quelques fois je pense, d’ailleurs la route est très boueuse. A partir d’ici je décide de quitter la N1 pour continuer la petite roue côtière qui longe les fjords, à Stóðvarfjörður juste en bordure de fjord il y a une très jolie petite église

    et malgré la pluie les collègues cantonniers islandais passent le rotofil dans un talus, l’herbe doit être dès plus grasses à couper. Une fois à Fáskrúðsfjörður, une petite accalmie de 5min façon d’espérer que le temps s’améliore, mais non peine perdue ça remet ça. L’économie locale ne tourne qu’autour de la pêche, les fjords sont équipés de parcs d’élevages (de saumon je pense)

    et chaque village possède ses usines de transformation de poisson. Depuis quelques jours Paskal n’arrête pas de m’appeler mais je ne lui réponds pas car ça va lui coûter un max en communication et puis de toute manière j’ai décidé de couper les ponts avec la mère patrie pendant 3 semaines. Mince !!! Sur la route gravée un éboulement de cailloux sur 5km, je suis obligé de slalomer entre et toujours aussi sécurisé. J’entre dans Reyðarfjörður, ce fjord très vaste , c’est le plus beau jusqu’à maintenant à mon avis,

    malgré la pluie et les nuages bas j’ai remarqué que les versants des fjords exposés sud ont toujours plus de pluie et de nuages que ceux exposés au nord. Depuis que je suis parti de Djúpivogur j’ai rencontré que 4 voitures, c’est vraiment très peu. Me fiant au guide, Reyðarfjörður devrait être un village très typique mais je crois qu’ils se sont trompés de village car je me rends compte que ce n’est qu’un grand port de pêche et de marchandises, ou alors nous n’avons pas les mêmes critères de sélection. Encore une autre preuve que cette île vit en dehors du temps : juillet nous sommes en pleine floraison des tulipes !!! Je continue mon petit bonhomme de chemin vers la très très grosse ville de l’est de l’Islande : Egilsstaðir, j’emprunte la route 92, route de montagne qui parcourt une très large vallée glaciaire et petit à petit la végétation arborée apparaît mais pas le soleil … donc me voilà à Egilsstaðir et ses 2000 habitants, qu’elle mégalopole impressionnante !!!!! Ben quoi ? Nous sommes en Islande, faut pas l’oublier !!!!

    C’est une ville très récente (sortie de terre vers les années 1950) construite sur le modèle européen continental, avec les pôles économiques au bourg (centre commercial, stations service, police, hôpital, …) c’est aussi l’extrémité du lac Lagarfljót (aussi appelé lac Lögurinn), faisant 53 km² il est tout en longueur,

    mais il est difficile de voir le lac depuis la route car cette dernière passe par la plus grande forêt de l’île !!!!! L’ Hallormsstaðursskogar peuplée essentiellement de conifères venant d’Alaska et de Sibérie couvre environ 750km², je rêve quand j’entend cette surface étant la plus grande forêt du pays … Je prend un pont qui traverse le lac en son milieu pour aboutir à la cascade de Litlanesfoss, une éclaircie arrive en même temps, c’est de la veine !! Je monte alors à la chute d’eau qui se trouve au fond d’une sorte de faille dans la colline, c’est une cascade magnifique entourée de grandes colonnes basaltiques.

    En redescendant je croise un type habillé d’un jogging, d’une veste gore tex, d’une chemise de soirée et d’un nœud papillon, quelle dégaine, je me force comme je peux de ne pas éclater de rire devant lui !!!! Une fois revenu au parking il se remet à pleuvoir. Vers 18h30 une éclaircie durable s’installe sur la rive ouest du lac. Pas de bol il y a encore un chantier sur la voirie, je les attire les travaux,

    je prends la direction de Seyðisfjördur, profitant de cette relative accalmie météorologique pour prendre la 93, route qui monte au col de la station de ski d’Egilsstaðir, le brouillard ce fait de plus en plus épais et la route est glissante, il ne fait que 7°C, je ne vois quasiment plus rien en haut du col, je roule au pas c’est hyper dangereux.

    Après quelques kilomètres de descente, Seyðisfjördur se profile au fond de son fjord.

    Au premier abord je ne trouve pas ce village très stylé et puis en se baladant dans le village je découvre une petite bourgade pleine de charme avec ses multitudes de fines cascades qui dévalent la montagne.

    Je traverse un près au dessus du village et je me retrouve les chaussures et les chaussettes trempées, obligé de retourner à la voiture pour me changer. J’apprécie de plus en plus Seyðifjördur avec ses maisons colorées, son église bleue clair, son port de pêche à l’intérieur du village, mais comme tous les villages islandais, il n’y a pas beaucoup de vie pour animer le bourg, tout le monde doit rester cloîtrer chez soi.

    Tiens un bateau de pêche arrive de l’océan, une fois accosté j’attends le déchargement du poisson, sans succès, tout comme le marché du mercredi soir … qui ne viendra jamais.

    Je repars vers Egilsstaðir et je mets mes affaires trempes sous la chaufferie de la voiture avec le chauffage à fond.

    Le brouillard en au du col est cette fois parti et il fait 11°C,

    je me galère pour trouver un terrain pour planter la tente, n’importe quelle route ou chemin mènent à des habitations. Je trouve enfin un endroit tranquille, une ancienne carrière sur le bord du lac Lögurinn vers 23h00, et pour ne pas changer les habitudes de cette journée, il se remet à pleuvoir, je mange alors dans la voiture, ça va devenir une habitude, ce soir c’est purée et filet de hareng (seul poisson pas cher),

    si il ne pleut plus pour cette nuit je me décide à monter la tente à 23h30 au bord du petit ravin qui domine le lac.

    Le vent s’est levé à nouveau, ça va peut être chasser les nuages, à 01h00 du matin je vais au bord du lac me faire une petite lessive sous le soleil de minuit,

    c’est bien pratique cette luminosité continue. Je pars au lit à 01h30 il fait 12°C, la nuit est excellente.