le trajet d'aujourd'hui : Galway, Clifden, Letterfrack, Rinvyle.


  • Enfin il n’y a plus de vent ni de pluie, même si le ciel est voilé de nuages, il fait bien bon. Alors aujourd’hui, nous allons entrer dans une région d’Irlande mondialement connue : le Connemara. Rendue très célèbre en France par de Gaulle (après sa démission de 1969, il se retire à Cashel pendant 2 semaines) et Sardou, ce pauvre Sardou. Même si la musique de sa chanson est pas trop mal (tout est une question de goût, en fait) les paroles sont truffées d’inexactitudes. Je commence à me demander si il s'est vraiment renseigné sur l'Irlande et son histoire avant d'écrire sa chanson (avec Pierre Delanoë), en effet : en Irlande il n'y à pas que le Connemara comme le penserait Mr Sardou, il n'y a pas de monstres dans les lacs d'Irlande "On y croit encore Aux monstres des lacs Qu'on voit nager Certains soirs d'été Et replonger Pour l'éternité." il confond avec le Loch Ness qui est en Ecosse, "Ils sont arrivés Dans le comté Du Connemara" le comté du Connemara n'existe pas le Connemara ce trouve dans le comté de Galway, "Y avait les Connor, Les O'Conolly, Les Flaherty Du Ring of Kerry" le Ring of Kerry c’est une route, pas une région d’Irlande, c’est le compté de Kerry qui est une région (on ne dit pas je vient de telle route, mais plutôt de telle région, enfin je pense …). «Des nuages noirs Qui viennent du nord », non les nuages viennent plutôt de l’ouest côté atlantique …, «On y vit encore Au temps des Gaëls Et de Cromwell », les habitants de la région ont quand même évolués depuis l’époque des gaëls, ils ont l’eau courante et l’électricité depuis quelques années je pense et puis je ne sais pas si Sardou sait qui c’est Oliver Cromwell mais heureusement que le temps de Cromwell est bien révolu depuis longtemps sinon il n’y aurait plus aucun irlandais sur l’île !!! (Cromwell : ami de la barbarie et de la boucherie, bonjour !!) Mr Sardou quand on veut écrire une chanson sur 1 pays ou une région on se renseigne avant sur Le pays ou la région ... c’est si triste de voir qu’en France énormément de gens ne connaissent de l’Irlande et du Connemara que la chanson de l’autre c… alors si en plus elle est bourrée de contrevérités. Bon voilà pour mon petit coup de gueule qui fait du bien. Sur ce, enfin on peut plier nos tentes au sec ça faisait bien longtemps, et en piste pour la route intérieure qui va vers Oughterard, on longe une bonne partie du lough Corrib et c’est à partir de cette ville que l’on s’enfonce dans la campagne du Connemara vers Clifden.

    On emprunte une multitude de petites routes à travers la contrée en serpentant entre des petits lacs, des collines, des tourbières, des bâtiments abandonnés, nous faisons de nombreux arrêts pour ce balader dans ce paysage merveilleux, Paskal tente même une escapade dans un cimetière abandonné et colonisé par de hautes fougères, ce tableau est génial on voit dépasser des fougères quelques croix celtiques par ci par là et Pask qui essaie de se frayer un passage !!

    Chris et moi sommes à la découverte de la flore si spécifique mais très fragile des tourbières : les fossés sont colonisés par un tapis de Droseras (plantes carnivores)

    il y en a partout, j’en n’ai jamais tant vu de ma vie !!!! Puis la sphaigne (une plante ressemblant à de la mousse) qui est à la base de la formation de la tourbière (la sphaigne, une fois morte se décompose très très lentement à cause du milieu humide, acide et anaérobie du sol qui ne favorise pas le développement des micro-organismes qui dégrade habituellement la matière organique, c’est un cercle vicieux car les sphaignes sont capable de stocker 90% de leur poids en eau ce qui favorise l’implantation de la tourbière, la tourbe étant de la sphaigne fossilisée de 1000 à 5000 ans d’ancienneté.

    Quel régal pour nous qui avons fait nos études dans l’aménagement paysager. On se trouve maintenant en face du massif montagneux des Twelve Bens (730m),

    on décide alors de prendre la petite route qui s’en va vers la côte sud à Ballyconneely et la baie de Mannin, où les plages de sable blanc et la couleur de l’eau font penser à un lagon du Pacifique (avec un peu d’imagination on y arrive !!).

    Clifden, la gros village du Connemara, on dirait que tous les touristes se sont donné le mot pour se venir ici, faut dire que toutes les routes mènent à Clifden … En tout cas il est pas loin de 13h00 et le ventre commence à crier famine, et c’est dans un petit pub du village qu’on trouve refuge pour se rassasier, un bon irish breakfast, et oui Paskal n’était pas encore là quand nous avons testé le 1er à Fannoy, moi j’adore ça. Un couple de français se trouve aussi dans le pub, en sortant je leur dit bonjour et c’est à peine si ils me répondent, ça ne m’étonne pas que nous les français soyons si mal vus dans le monde avec des comportements comme ça. Pour digérer tout ça on va se promener sur la sky road qui démarre de Clifden jusqu’à Kingstown (pas la capitale de St Vincent et les Grenadines !!!) à 10km, les paysages sont superbes avec cette côte déchiquetée et la baie de Clifden qui s’étire de tout son long,

    malgré le temps couvert on prend vraiment du plaisir à contempler tout ça.

    Nous arrivons à Letterfrack, la porte d’entrée du parc national du Connemara, une fois s’être documenté à la maison du parc national, je propose à Paskal et Christophe de monter au Diamond Hill la montagne en face de nous, j’y étais monté en 1998 et j’avais trouvé la vue magnifique.

    C’est parti et je remarque que ici aussi il y a eu du changement depuis 10 ans, le parc a installé de très nombreux caillebotis en bois qui passent sur les tourbières, les prairies humides, c’est très pratique pour ne pas se mouiller les pieds et ne pas dégrader ces zones humides, car en 1998 il n’y avait pas tout ça et je me souviens de m’être trempé les pieds copieusement il y a 10 ans. Plus nous montons et plus le paysage côtier devient grandiose, le soleil arrive a faire quelques percés et les couleurs varient avec les nuages. Nous croisons un petit groupe d’Irlandaises d’une 60ène d’années et on commence à discuter car elles ont compris que nous étions français, une d’entre elles nous dit qu’elle est allée au Pays Basque, ça tombe bien on a un basque avec nous !! et où est elle allée au Pays Basque : à Biarritz !! Ce n’est pas au Pays Basque, Biarritz, c’est juste une enclave bourgeoise de la France !!! Elles nous demandent qu’est ce qu’on va visiter après : après l’ascension du Diamond Hill, demain on va se faire en principe celle de Croagh Patrick et après demain celle du Mount Errigal !!! Elles prennent peur, une d’elle me dit que nous avons la santé et je lui réponds oui car nous, nous sommes jeunes !! Elles éclatent de rire (je ne voulais absolument pas me moquer d’elles car elles sont plus âgées que nous) Christophe est offusqué de ma réponse. Nous arrivons au sommet du Diamond Hill après une petite heure de montée, la vue à 360° est grandiose, le découpage de la côte est très fin, on distingue les nombreuses exploitations de tourbe et le lough Kylemore avec son abbaye (toute petite vue d’en haut), le massif des Twelve Bens derrière nous et la presqu’île de Rinvyle. Une petite attaque de midges (mais moins agressifs que les vrais d’Ecosse) nous pousse à redescendre le Diamond Hill.

    une fois en bas nous visitons la maison du parc avec une très belle exposition sur la formation des tourbières, la flore et la faune de la région. Chris veut nous payer un coup à boire mais les prix affichés nous font fuir et c’est dans un pub à Letterfrack que nous nous replions pour une petite Guinness de fin de soirée, le pub est un brin nationaliste c’est évidant avec les posters des héros de l’indépendance. Le soir arrive et nous partons pour Rinvyle, petit village à proximité de la côte, le camping est très sommaire mais nous convient très bien : un terrain juste en bord de plage, un petit sanitaire et l’accueil perché en haut de la colline par rapport au terrain.

    Nous avons de la place, pas grand monde dans le camping, une fois les tentes montées, nous avons mis des cailloux pour tenir les toiles au sol car il y a un fort vent ce soir, on part faire notre popote dans le sanitaire (c’est interdit) et ce soir c’est 3 steak hachés chacun et purée de quoi bien tenir au bide. Chris et Paskal restent à la voiture tandis que moi je part à l’accueil pour aller me chercher des timbres pour les cartes postales, bien sûr avec la chance que j’ai c’est fermé, je reviendrai demain en quittant le camping.

    Le couché de soleil est irréel des couleurs chaude tirant du rose au jaune illumine l’horizon et le ciel du Connemara. C’est fabuleux, dommage que ça dure l’espace de quelques minutes le temps que le soleil tombe sous l’horizon,

    il est 10h00 je part au lit.