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le trajet d'aujourd'hui : Gerolimenas, Areopoli, Kalamata, Pyrgos, Olympie.


  • Nuit pas très confortable, avec tous ces cailloux sous le dos, même avec le matelas autogonflant. Je suis tout courbaturé ce matin, mais un grand soleil me réveille et je me lève vers 9h00.

    Hummm il fait frisquet ce matin, je sors le pull pour la 1ère fois du voyage, tout en sachant que je vais le sortir dans 1h00 !!! Petit dèj copieux, ma bouteille de gaz tient bien, je pense que j’aurai assez de gaz jusqu’à la fin du voyage. La tente est sèche, ce qui fait bien plaisir pour la rouler. Je décolle et je prend la petite route qui mène au dessus des falaises de la crique de Gerolimenas, en fait elle se termine en cul de sac et aboutit à une église de style orthodoxe et maïnote mélangés.

    Gerolimenas est juste un petit pâté de maison avec quelques bateaux de pêcheurs et un gros restaurant, rien de bien formidable …

    la montagne est de plus en plus aride et des villages abandonnés et en ruines s’égrainent sur les coteaux, l’exode rural est passé par là aussi, ça fait mal au cœur de voir ces villages qui étaient habités il y a encore 20/30 ans !!!

    Aujourd’hui ce sont des natures mortes qui gisent ici. Quelle impression étrange. Mais c’est le village abandonné de Vatheia qui va me marquer le plus,

    cette cité hérissée de tours silencieuses et de maisons vides. Je suis évidement tout seul ici, juste un chien qui m’aboie à l’entré du village et miracle j’aperçois une personne âgée qui me regarde derrière ses rideaux de fenêtre !!! Le seul habitant à l’année de Vatheia, si loin de tout je n’en reviens toujours pas. Je me promène entre les tours et les maisons effondrées en imaginant très bien qu’il y a 20 ans à peine ces ruelles étaient animées, la vie était ici c’est à peine croyable.

    De plus ce silence pesant renforce l’ambiance dans laquelle je suis. J’y resterai toute la journée ici, seul au monde.

    Je me décide enfin à continuer ma route vers la pointe de la péninsule (le cap le plus au sud de la Grèce) : le cap Matapan (ou Ténare).

    Je pars me promener vers une crique repérée depuis la route, un petit sentier à travers la garigue m’y conduit, la nature est ici à l’état pur et au détours d’un virage dans un petit puit un amas d’ordures et de détritus en tous genres vient casser mon rêve d’isolement !!! Mais que les gens peuvent être c… !!

    Bon s’est vrai, j’ai bien remarqué depuis le début du voyage que les grecs ne sont pas les champions du tri et de la gestion des déchets, le pays est jonché d’ordures ménagères. En fait ils trient leurs poubelles aussi bien qu’ils conduisent !! Je tâte un peu la température de l’eau mais elle est bien fraîche pour le coup et la houle est présente aujourd’hui. Je me rapproche du cap Matapan et les paysages sont grandioses avec le ce bleu de folie de la mer et les paysages arides des montagnes, c’est d’une beauté !! Je reprends la route qui longe cette fois si la côte est du Magne, avec des paysages qui me piquent les yeux !!

    Je retombe sur le village d’Areopoli et ici commence la route du golfe de Messénie jusqu’à Kalamata. Cette région beaucoup plus verdoyante que le Magne longe le massif du Taygète, le long de la route de nombreuses petites criques sont propices à la baignade et une multitude de cyprès pointent leurs cimes sur les contreforts de la montagne.

    Il est 15h00 et je n’ai toujours pas mangé, je m’arrête au fond d’une crique pour casser la croûte, mais une grosse faim me tape l’estomac, je décide alors de sortir le gaz et de me préparer un bon gros repas qui va me caller jusqu’à ce soir. Il y a quelques jours je m’étais acheté un sachet en surgelé de cordons bleus locaux, seulement le surgelé pendant 4 jours dans un coffre de voiture c’est pas l’idéal. Mais j’ai tellement faim qu’il va bien me falloir ça pour me caler !! Vu l’aspect des cordons à l’ouverture de la poche j’ai comme une intuition que je vais bien me marrer et que je ne vais pas manger encore !! Intuition vérifiée !! : Tous les cordons se sont collées dans une sorte de pâte pannée, donc la découpe de morceaux est assez folklorique, ensuite je les met à revenir dans le couvercle de la gamelle, comme je n’ai pas d’huile j’ai mis de la margarine pour frire ça remplacera. Et là c’est catastrophique ma pâte est cramée alors que c’est encore cru à l’intérieur !!! J’en mange 2 ou 3 et je me rend compte que ma poignée en plastique pour attraper le couvercle est en train de se fondre collée au couvercle !!! Mais quelle galère !!! Et j’ai toujours aussi faim. Vite je retire la poignée, je jette tout ce que je comptais faire cuire, je nettoie le tout et avec le couteau j’enlève le plastique sec sur la gamelle … Sur ce coup je veux bien reconnaître que je me suis bien percé … et la faim est encore là, je me rabats sur mes fameux sandwichs pain de mie, tranche de fromage et tranche de jambon !! Repas quotidien à la mi-journée !! Kalamata, une des capitales de l’olive en Grèce, je la traverse rapidement en longeant le port de marchandises et en faisant toujours aussi attention à ma conduite car les grecs sont branques au volant, je me demande même si il y a un code de la route ici !! Une limitation de vitesse ? Et bien il faut lui rajouter 40km/h ! Prioritaire ? Oui si tu es gonflé. Feux rouges ? Stop ? C’est juste pour la décoration en bord de route … les lignes continues ? Autorisation de doubler, bien sûr !! Les clignotants ? Trop cher pour prendre l’option sur la voiture !! Pas de visibilité ? Ceux qui arrivent en face sont assez prudents pour nous, ça va passer !! La police ? Elle doit être en RTT aujourd’hui. C’est dingue ce pays, pas étonnant que la Grèce soit le 1er pays en Europe pour la mortalité sur les routes. Je longe maintenant la côte ouest du Péloponnèse jusqu’à Pyrgos, on ne peut pas louper la direction Olympie, de grands panneaux directionnels indiquent la destination et bien moi je trouve le moyen de me perdre dans la campagne !! C’est tout moi ça. Bon j’arrive à reprendre la direction d’Olympie et j’entre dans ce village connu de la Terre entière.

    Je fais le tour du village qui est en fait tout petit (1500hab) 2 grosses rues parallèles, les ¾ des bâtiments sont des complexes hôteliers, et quelques boutiques de souvenirs, une gare, 2-3 campings. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus grand !! Donc je vais au camping Diana, il n’y a pas grand monde et il s’est mis à pleuvoir. Le proprio est très sympa malgré le prix assez cher je trouve. Je lui demande si je peux m’installer derrière les sanitaires, il n’y voit aucun inconvénient, j’ai la flemme de monter ma tente sous la pluie, je l’installe donc sur la terrasse en béton abritée par un avant toit. Je vais être comme un roi. Et une multitude de chats et chattons viennent me trouver. Ils s’amusent avec les cordes de la tente et il deviennent très vite pénibles, je les chasse comme je peux. J’ai eu le malheur de laisser le coffre de la Focus ouvert et bien un chat est entré dans la voiture, il ne voulait pas en sortir. Je me prépare à manger, comme à midi le repas gargantuesque est tombé à l’eau, ce soir ce sera omelette aux champignons et jambon. Au même moment maman téléphone, seulement je n’ai plus de batterie au portable, on va se parler 15s. Comme de bien entendu les chats sont au rendez-vous de MA gamelle !!

    J’en surprend un en train de monter sur la table, prêt à faire chavirer le réchaud, j’attrape le réchaud comme je peux (heureusement il était éteint, mais chaud) et ma main touche copieusement le dessous du brûleur !!! Je me brûle tout le pouce et l’index !!! Je relâche le réchaud aussi vite que je l’avait saisis !!!!! Vite la main sous l’eau et un bon pâté de pommade omeoplasmine contre les brûlures. Satanés chats, c’est à cause d’eux !! Mon omelette me remplit bien l’estomac, je vais pouvoir aller à la douche. 1ère douche depuis que j’ai quitté Athènes !!!! Je colle de partout ça va me faire le plus grand bien, pas de douche payante c’est déjà ça. Mais pas d’eau qui coule ? Comment ça je comprend pas. Les robinets non plus n’ont pas d’eau !! Je vais voir le patron pour qu’il me dise comment avoir de l’eau. Comble du comble !! Il y a une fuite d’eau dans le quartier et la canalisation est coupée jusqu’à demain soir …. Je suis maudit, pour une fois que je me paye le camping sur ce voyage, exprès pour me prendre une douche et bien ça va pas être possible … non mais je rêve. Pour me consoler je vais me promener au village à 200m du camping. Olympie est mort, ce village est vide, je regarde les souvenirs et ce que je pourrais bien ramener à St Martial. Je me prend quelques trucs ainsi que grand drap blanc écru, style toile de jutte décoré de belles frises grecques. La vendeuse est très sympa et on se met à blaguer pendant 1/2h, on parle des incendies qu’ils ont subits cet été, de la France, … Je m’épate moi-même en anglais. Je reviens au camping et toujours pas d’eau, je me fourre dans ma tente. Malheureusement le début de ma nuit va être perturbé par ces fameux félins !! Ils n’arrêtent pas de sauter sur ma tente, de miauler sans discontinuer !! Quelle nuit.